ÉTENDUE DE LA RÉSECTION
Lorsque les enveloppes de la verge ont été sectionnées sur la ligne médiane et que le corps spongieux a été incisé, il faut savoir sur quelle étendue du calibre de l’uréthre rétréci portera la résection.
La résection de l'urèthre pénien peut être complète, circu-
mit laire, c’est-à-dire intéressant toute l'épaisseur du calibre du canal: elle peut être incomplète, partielle, cunéiforme, 'c'est-àdire ne comprendre qu'une partie de la circonférence de l’uré- (are
Sur les huit observations d’uréthrectomie pénienne que nous possédons, trois fois la résection a été incomplète et cinq fois elle a été complète.
. Voillemier (Obs. 11) dans la crainte d’intéresser les corps caverneux compris dans la cicatrice se borna à l’ablation de la paroi intérieure de l'uréthre. Pour la même raison M. le docteur Pousson (Obs. IV) n’excisa chez son malade que Ia partie centrale du nodule cicatriciel. M. le professeur Guyon (Obs. VIT se basant sur deux raisons, l’une anatomo-pathologique, l’autre physiologique qui lui ont fait préconiser l’excision partielle à l’'excision conférencielle a aussi recours à la résection de la paroi inférieure du canal.
Si dans la majorité des cas la résection partielle de l’uréthre périnéal présente des avantages incontestables mis en relief par M. le professeur Guyon dans son mémoire lu -en 1892 au VIe Congrès français de chirurgie, à savoir grande facilité d'exécution, limitation de l'écart des deux bouts du canal, attaque directe du tissu pathologique, c’est-à-dire des gros nodules cicatriciels des traumatismes, des déformations insterstitielles et périphériques nées de l’inflammation, siégeant de préférence sur la paroi inférieure et enfin conservation au niveau de la paroi uréthrale supérieure d’une languette de la muqueuse susceptible de devenir un centre d'irradiation précieux pour Puréthrogénie, ces avantages sont de moindre importance en ce qui concerne la région pénienne et il y à tout intérêt à retrancher de part en part le canal dans le point où il à été altéré.
Si on à pris soin de placer un lien hémostatique à la racine de la verge, il sera facile de se rendre compte non seulement
Ro par le toucher, mais encore par là vue de l’extension des lésions par rapport à la circonférence du canal et de proportionner l'étendue de lPexcision aux besoins du cas donné. L’observation VIII montre que l’adhérence du nodule sténosique au tissu des corps caverneux n'est pas un obstacle à l’excision totale. Pour prévenir toute hémorrhagie survenant à la suite de l’ouverture des aréoles, il suffira de fermer ces aréoles en suturant au catgut par dessus elles l'enveloppe albuginée. Dans les cinq observations d’uréthrectomie totale, on ne releve aucun accident imputable à la blessure des corps caverneux.
L’étendue en longueur de la portion retranchée de luréthre n'importe pas moins que son étendue en épaisseur. Toute uréthrectomie diminue en effet la longueur de l’uréthre et quelques chirurgiens ont émis la crainte de voir cette opération apporter à l'érection une gène capable de s'opposer aux rapports sexuels. Mais comme nous le verrons plus tard à propos des résultats éloignés de l’uréthrectomie, cette crainte est inutile.
Pour séparer le noyau cicatriciel des parties saines le chirurgien incisera au bistouri suivant le raphé tous les tissus jusqu’au nodule cicatriciel qu'il disséquera sur les parties latérales avec le même instrument. Cela fait, l'opération est terminée avec des ciseaux courbes de moyen volume de la manière suivante : un coup transversal ayant tranché de part en part le canal à l’union de la partie saine avec la portion malade. Cette dernière est saisie et soulevée avec des pinces à griffes et les ciseaux la séparent à petits coups de la cloison des corps caverneux. Quand cette dissection est accomplie, un dernier coup de ciseau en travers détache le segment pathologique.