‹ L'Uréthrotomie ExterneChapitre 26 sur 39 · PQ LES · texte numérisé non relu

PQ LES

aucun accident, pas la moindre température élevée à signaler, la courbe, soigneusement tenue, n’a jamais dépassé 37°,3. La sonde à demeure n’a été laissée que pendant quatre jours, et le treizième après l’opération rien ne passe par la plaie ; le 15 février, c'est-à-dire le vingt-deuxième jour, ce malade sortait entièrement guéri, la plaie complètement cicatrisée. Aussi

ne puis-je faire de longues réflexions, les faits parlent mieux qu’elles.

OBSERVATION Vi (Personnelle. — Inédite).

Service de M. le professeur TÉDENAT, n0 10.

Rétrécissement blennorrhagique. — Uréthrotomie interne en 1887. — Récidive. Deuxième uréthrotomie en 1890, elle est insuffisante. — En présence des lésions révales on ne s'attarde pas dans d'autres moyens et on a recours à l’incision externe. — Guérison très rapide, amélioration considérable des lésions rénales.

Le 16 juin 1890, est entré le nommé Paul L..., typographe, domicilié à M...

C’est un homme âgé de 30 ans, d’assez bonne constitution apparente, qui entre à l'hôpital pour des accidents urinaires.

En mai 1878, le malade est atteint de blennorrhagie qui fut guérie rapidement, en un mois environ {santal et injections au tannin) ; de par ailleurs la santé est excellente. — En 1883, rétention à la suite d’une soirée de plaisirs (coït}, cet accident disparaît au bout de douze heures.

En 1886, en décembre, le malade est atteint de syphilis, chancre induré, ganglions, accidents généraux, roséole, plaques au fondement, chute presque complète des cheveux, amélioration rapide par le traitement mixte.

Le rétrécissement se constitue, mais il ne cause pas de gêne appréciable et le malade ne s’en inquiète guère.

Peu de temps après, accidents hystériques, étouffements, sensation de boule au larynx; le malade entre alors, en mars 1887, à l'hôpital d'Angers, dans le service médical de M. Farges, traité par bromure de potassium et hydrothérapie.

Pendant son séjour à l'hôpital (mai 1887), le malade s'aperçoit qu’il urine avec difficulté, et rapidement la miction est devenue impossible ;

rOURE

rétention d'urine. En juin, uréthrotomie interne, sonde à demeure enlevée au bout de quatre jours, le malade sort et n’entretient pas le calibre de son urèthre par le cathétérisme, malgré les recommandations qui lui furent faites.

En 1890, le rétrécissement était reformé, la miction excessivement pénible, il urine par regorgement ; de temps à autre de légers accidents urémiques, fièvres le soir, frissons peu violents ; en mars, il commence à souffrir du rein droit et a constaté que ses urines contiennent beaucoup de pus.

Au moment de son entrée à l'hôpital, le malade a une rétention presque complète. L’urine s'échappe continuellement, goutte à goutte, par le méat; les urines contiennent beaucoup de pus. On passe avec difficulté une bougie filiforme. Quelques heures après son introduction, le malade dut l'enlever pour laisser échapper les urines, la miction se fit assez bien ; me trouvant dans les salles à ce moment même, je pus réintroduire la bougie avec assez de facilité. À

Traitement : salol 1 gram.; quinine 08",50.

En présence des accidents rénaux, car le rein droit est légèrement augmenté de volume et cette région douloureuse, M. Tédenat décide de recourir à l’uréthrotomie interne.

24 juin. Le malade a été purgé la veille ; uréthrotomie interne avec l'instrument de Maisonneuve; l’urèthre incisé, il fut impossible de glisser sur le conducteur une sonde percée aux deux bouts; on laisse alors le malade sans sonde {Cette impossibilité était due à ce que la sonde était mal calibrée et de mauvaise qualité).

25. Hier soir, frisson violent. Temp. monte jusqu'à 41°, la miction se fait assez bien.

26. Plus de frissons, bon état. Temp. normale, mictions légèrement douloureuses mais se faisant bien.

29. On passe des bougies Béniqué n° 26 à 30, le canal n’admet pas de numéro plus élevé.

30. Béniqué 28 à 32. — On continuera tous les deux jours. Chaque séance détermine un très léger accès de fièvre.

6 juillet. Malgré le cathétérisme, le rétrécissement s’est reformé, Ja miction est redevenue difficile ; c’est en vain que ce matin M. Tédenat essaye de passer des bougies (la dernière séance remonte au 4 juillet). On put cependant passer une très fine sonde en gomme.

On analyse des urines : Q. 2350; D. 1017; R. acide; albumine 0s',10 à 06',15 par litre; sucre 0; urée 06,05 par litre.

Pour ne pas perdre de temps et ne pas laisser les lésions rénales s'aggraver, M. Tédenat ne tarde pas à recourir à l’uréthrotomie externe.

23. Uréthrotomie externe. — Section du rétrécissement en avant du bulbe, sonde en gomme à demeure. — Lavages de la vessie à répéter deux fois par jour avec de l’eau créolinée. Continuer : Salol et quinine, en redoublant les doses ; à chaque lavage de la plaie, insufflation d'iodoforme.

24. Temp. hier soir 38°,! ; ce matin 37°,1. Bon état général ; rien à signaler ; la sonde fonctionne bien. Aucune goutte d’urine n'est passée par la plaie.

25. Temp. hier soir 40°,1 ; ce matin 370,1. Le malade a eu hier soir un frisson léger, néanmoins la période de chaleur et sueur a été très marquée.

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