FORMES
Dans tout le cours de notre description nous avons insisté sur ce fait que l’on rencontrait généralement des plaques saillantes ou papulo tuberculeuses mêlées cà des plaques aplaties ou maculeuses. A mesure que la maladie tend à entrer en régression, ces dernières deviennent plus nombreuses, mais il est des cas où dès le début elles existent seules, de même qu’on trouve d’autres faits dans lesquels les plaques étaient pour la plupart saillantes.
Nous partageons donc complètement l’opinion de Duhring, de Cavafy (communication écrite) qui admettent :
1° Une forme nodulaire (type xantbelasmoidea de Tilbury Fox);
2° Une forme maculeuse (type Cavafy).
Nous y ajoutons une troisième forme, la forme mixte qui a servi de type à notre descrintion.
Nous ne pouvons malheureusement pas insister sur ces différentes formes : on comprend combien il est difficile d’y ranger telle ou telle observation lorsqu’on n’a pas eu soi-même le malade sous les yeux. Néanmoins, nous ne saurions trop appeler l’attention sur ce point et en montrer l’importance. C’est d’après nous, dans l’étude de ces formes, que l’on trouvera l’explication de ces divergences d’opinion, plus apparentes que réelles, qui ont été signalées cà propos de certains examens microscopiques. Nous verrons plus loin que les résultats fournis par l’histologie ne sont pas tout à fait les mêmes, suivant que l’on examine une plaque sail-
lante ou une plaque aplatie en voie de résolution. C’est ainsi par exemple que M. Quinquaud et le professeur Pick, qui ont examiné des plaques aplaties, ont trouvé les mêmes altérations, qui diffèrent de celles signalées par M. Unna. Ce dernier paraît avoir examiné des tubercules en pleine activité, et il a constaté dans les cellules de l’épiderme des altérations pigmentaires que d’autres observateurs n’ont pas rencontrées et que, pour notre part, nous n’avons pas trouvées dans nos préparations personnelles.
Or, nous devons à l’obligeance de M. Cavafy la communication d’un détail qui semblerait donner la raison de ce fait. Dans la forme tuberculeuse ou nodulaire, nous dit-il, les tubercules sont le plus souvent le siège d’une pigmentation prononcée, mais quelquefois ils sont pâles tandis que la peau du voisinage est ellemême pigmentée. On conçoit donc que les résultats puissent différer suivant que l’on examinera au microscope tel ou tel de ces cas.
Telles sont les trois seules formes qu’il nous paraisse logique d’admettre. Nous ne croyons pas en effet, que l’on soit en droit de considérer comme des formes spéciales ces faits dans lesquels l’éruption était discrète, respectait la face ou les extrémités, non plus d’ailleurs que ceux dans lesquels on ne trouve signalées ni les poussées congestives ni l’apparition de bulles sur les plaques ortiées. Ce sont là, si l’on veut, des formes frustes de la maladie; mais il ne nous semble pas qu’on doive les décrire à part.
Si l’on se demande maintenant, pourquoi chez un sujet l’affection évolue à l’état de macules, tandis que chez un autre elle se traduit par des tubercules, on ne trouve guère de réponse satisfaisante. Le microscope, en permettant de constater la disposition des cellules, donne bien la raison de ces différences macroscopiques mais il ne peut nous renseigner sur les phénomènes intimes qui ont présidé à l’agencement de ces cellules et l’on est forcé d’attribuer à des conditions encore inconnues de la vitalité des tissus les divers états que nous venons de signaler. Disons en terminant que d’après une communication très intéressante que M. le
Dr. A. Sangster a bien voulu nous faire, il semble que le type papulo-tuberculeux de l’éruption soit en général plus discret que le type maculeux.