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LES CHRÉTIENS

LES PRETEURS CHRETIENS

Condamné par l'Eglise, comme un attentat à la morale, interdit par le roi comme contraire à la loi religieuse et à l'intérêt des peuples, comment et par qui le prêt à intérêt a-t-il été pratiqué au Moyen Age ?

Si l'argent était rare, il se trouvait pourtant quelque part : les métaux précieux et le numéraire affluaient dans certaines mains : nous verrons comment les banquiers étrangers et les Juifs savaient draîner les capitaux. Mais des chrétiens étaient riches aussi : certaines corporations de marchands étaient opulentes, certains ordres religieux surtout possédaient de grands revenus.

Parmi ces derniers, les Templiers ont tenu une place à part : « précurseurs ou émules des sociétés italiennes, ils ont eu pendant longtemps entre leurs mains une grande partie des capitaux de l’Europe, et la confiance inspirée par leur prestige en a fait les banquiers ou les trésoriers de l'Eglise romaine, de beaucoup de particuliers, de princes et de rois (1) ». Les capitaux qui leur étaient confiés ne restaient pas inactifs, « ils s’en servaient pour faire des prêts et des

(1) Léopold Delisle. Mémoire sur les opéralions financières des Templiers, p. I. dans Mémoires de l'Académie des Inscriplions el Belles-Leltres, 1889,

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