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LES PRIVILÈGES D’USURE

Ce n'est cependant pas assez de tolérer : le roi accorde aux chrétiens des privilèges d'usure.

La plupart des auteurs écrivent que l'usure au Moyen Age était abandonnée à la race maudite des Juifs, ou à ces demi- Juifs, les Lombards : sans doute ce sont les Juifs et les Lombards qui faisaient surtout l'usure. 11 faut en chercher la raison dans le fait que le roi leur vendait plus cher le privilège et les préférait de ce chef à ses propres sujets.

Mais à prix d'argent ou par force, les chrétiens obtenaient aussi des privilèges d'usure.

En 1187, Philippe-Auguste promet aux habitants de Chateauneuf qu'il n'exigera d'eux aucune somme par la violence et qu'il ne les citera pour cause d'usure ou intérêt d'argent : « nec eos causaretur de usura nec turpi lucro neque de aliqua pecunie sue multiplicatione » (2).

En 1222, le même roi accorde aux habitants de Poitiers qu'on ne pourra les poursuivre, eux ni leurs héritiers, pour crime d'usure : « volumus eciam quod nullus eorum possit

(1) Ordonnance de Philippe de Valois sur la réforme des monnaies. Orléans, le 25 mars 1332. Ordonn., T. Il, p. 84 et T. XI, p. 16.

(2) Privilèges accordés par Philippe Auguste aux habitants de Châteauneuf. Ordonn., T. XI, p. 221.

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