‹ L'usurier Blaizot (volume 2)Chapitre 21 sur 32 · LES DEUX CABARETS D*AUTEUIL. SJS · texte numérisé non relu

LES DEUX CABARETS D*AUTEUIL. SJS

entendit un bruit particulier qui ressemblait à celui que fait un menuisier en trouant une planche. Les protecteurs des Noguet se tinrent sur leurs gardes et ne dirent plus un mot. . . Le bruit continuait ; bientôt on put distinguer la musique de la scie, puis le bris d'un carreau, puis l'ouverture de la fenêtre. Quatre hommes entrèrent par cette ouverture et se dirigèrent vers Pescalier. ils allaient pénétrer dans la chambre à coucher des cabaretiers, lorsque Céleste alluma brusquement une chandelle et sauta résolument sur le premier entrant. C'était Merlot; un second fut arrêté; les deux donneurs de renseignements, Diard et Faucheux, parvinrent à se sauver; mais ce ne fut pas pour longtemps. A peine en prison, Merlot, dans Tespérance d'avoir sa grâce, donna de tels renseignements sur les habitués de son cabaret, que tous furent arrêtés.

Ainsi finit l'existence du cabaret A mon Désir; les Noguet tiennent toujours A mon Plaisir. J'y ai bu un jour de grosse chaleur.

IISTÉBIËUB

J'ai un fauteuil qui ne vaut pas quatre sous; quand on s'assied dedans, il grince comme une poulie mal graissée. Les vers l'ont mangé jusqu'à la moelle des os ; cependant je ne le changerais pas contre un empire.

S'il est plein de poussière, il est aussi plein de souvenirs.

Je l'ai acheté, il y aura tantôt douze ans, à la vente de mademoiselle Bauvois, marchande de tabac.

Mademoiselle Bauvois était une vieille fille, jaune comme du tabac en carotte et plus ridée que les raisins d'hiver. Elle n'était jamais sortie de sa boutique, aussi jaune qu'elle, et la décoration consistait en petits dessins exécutés par les mouches.

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