CHAPITRE XII
Le Commandant Typhon.
Depuis l'époque où nous avons entrevu le capitaine Typhon dans le coche de Pontoise, il avait assez arpenté le pays, tambour battant, pour avoir parfaitement oublié ses
deux compagnons de route, Oclave et Mathias.
Mais Malhias, par une grâce d'élat, avait nue mémoire infaillible, et quoique neuf ou dix ans se fussent écoulés, il le reconnut au premier coup d'oeil dans la personne d'un commandant en retraite fixé alors rue Saint- Louis, au Marais, non loin de la maison qu'habitait Rose Prinlemps.
Typhon avait fait la climpagne de Russie et avait même eu la douleur d'y perdre, — il le croyait du moins, — son plus intime ami le lieutenant Bertaut qui manqua le soir à l'appel après une journée d'escarmouciie.
En 1814, Typhon fut mis en demi-solde; pendant les Cent Jours, il rentra dans la garde et faillit etie tué à Waterloo. ïnimé-
diaicment après, il fit valoir ses droits à la retraite, et y fut admis.
Le jour même où il se trouvait le plus malheureux des hommes parce qu'il abandonnait le service , il fut tout à coup transporté au septième ciel. Il rencontra dans la galerie de Bois, au Palais-Royal, Berlaut, le lieutenant Bertaut, son vieux camarade, arrivant de Russie sain et sauf, bien portant et vert encore tout comme lui.
— Par quel miracle? s'écria Typhon après une accolade fraternelle.
— Laissé parmî^es morts, j'ai été fuit prisonnier de guerre ; la paix est conclue, et me voici !
— Je comprends; mais ees chiens de Russes, comment t'ont-ils traité?
A merveille ! répondit Bertaiif. Loin d'avoir à me plaindre, j'ai éié comblé de bienfaits par le prince de Norlof et sa famille. J'ai vécu entouré de soins et d'égards ; on n'ai rien négligé pour me faire oublier mon infortune. Si je n'avais laissé en France une femme et mon jeune Gaston, je serais, je crois, demeuré chez mes hôtes
— Ah ! murmura Typhon avec un peu d'humeur.
— Brave et loyal ami, je sais ce que tu as fait pour ma malheureuse famille!...
- — Ne parlons point oe cela, interrompit Typhon; n'en aurais-tu point fait autant à ma place ? Tu as donc déjà revu la femme et ton enfant?
— Ils sont à Paris avec moi, et ma pau*
vre femme ne cesse de me dire que, sans loi, elle serail morte de misère, mon généreux ami !
— Assez! assez! interrompit Typhon, parle-moi [du lot de ton prince Russe, Bernikof, Crousticof...
— Norlof, nmi Typhon ; mets ce nom dp.ns ta méiijoire, et respecte-le. Jamais on n'exerça plus noblement l'hospitalité envers un ennemi.
Burlaui était un homme aussi calme que Typhon était violent; les deux vieux officiers n'en avaient pas moins d'amitié l'un pour l'autre. Ils se voyaient souvent; cependant, pour diverses raisons, ils demeuraient aux deux extrémités de Paris.
Bertaut, pauvre et père de famille, avait
244 LUSUniER
dû prendre un emploi; Typhon, garçon et à son aise, jouissait de ses loisirs.
Malhias, ayant remarqué avec quelle attention le vieux commandant observait Rose Printemps, sa voisine, ouvrit pour plus amples renseignements une petite enquête sur le comipte du grognard. A tous risques, il lui décocha la trop sensible Alexandra, dont la visite impromptue faillit dégénérer en scène burlesque.
Typhon fut convenable et poli ; ce fut avec une patience digne des plus grands éloges qu'il écouta les louanges que Coqueluche voulut bien se donner à elle-même, et l'interminable récit qu'elle lui fît de sa propre histoire.
SENTBÎENTAL. 245
— Yous n'êtes pas mariée, bien! vous avez trenfe et quelques mille franes de plates, très bien ! vous appartenez à l'une des plus honorables familles de Ponloise, de mieux en mieux! mais enfin, mademoiselle, tout cela ne m'apprend pas dans quel but TOUS me faites l'honneur de venir me voir?
Coqueluche, déconcertée par celte question, s'aperçui, hélas! que ses œillades et ses soupirs n'avaient pas même été remarqués par le commandant Typhon.
-— Je ne sais, monsieur l'officier, dit-elle en balbutiant, comment me faire mieux comprendre...
• — Mais, mademoiselle, rien de plus facile ; dites-moi tout simplement ce que vous pouvez avoir à me dire.
24G L'USUIUER
Ici le soupir de Coqueluche fut si bruyant et SOI) œillade si terrible, que Typhon crut avoir affaire à une échappée de Gharenlon.
— Je suis bien mal informée peut-être, dit-elle enfin, mais l'on m'avait assuré que, las de la vie de jeune homme, vous pensiez... vous songiez...
— Hein? fit le commandant avec stupeur.
— Une femme agréable encore, sensible, dévouée, intelligente, active, vertueuse, reprit Coqueluche avec volubilité, pourrait assurer voire bonheur...
— Ah ! je commence à comprendre ; vous avez sans doute une nièce ou une sœur cadette à marier?
SENTlMIiiNTAL. 247
— Monsieiir le commandant! s'écria Coqueluche, rouge d'indignation.
Une quinte de toux ne lui permit pas d'à* chever.
Typhon se hâta de lui offrir un verre d'eau sucrée, et après qu'elle eût bu :
— Je ne doute pas du mérite de la personne que vous me présenteriez, mademoiselle, poursuivit-il, ojais j'ai d'autres projets et vous prie d'agréer tous mes remercîmenis.
Coqueluche, qui du premier coup d'œil avait trouvé Typhon très bel homme, poussa un dernier soupir, abaissa son voile et sortit.
ruî-T- A.U fait;! celle vieille sorcière qui venait, je crois bien, pour son propre compte, na
248 L'IiSUllIER
pas tout à fait tort, dit entre ses dents le commandant Typhon; une femme intelligente, active, dévouée, comme celle de Bertaut; lin intérieur, des enfants à aimer... voilà ce qu'il me faut, corbleu ! pour remplir ma vie!... Allons! plus d'hésitations, plus de sottises!... Cette demoiselle Alexandra Guindani, Guidant, Grince-dent... est bien venue chez moi toute seule, j'irai de même tout seul chez ma charmante peiiic voisine... Allons! un brin de toilette, et en avant, marche !...
Rose venait à peine de rentrer chez elle, il était déjà tard, lorsqu'on frappa discrètement à sa porte.
Elle ouvrit et vit entrer un homme d'un âge mûr, figure martiale, moustache grise.
SEINTI^ÎEINTAL. 249
redingote bleue miliiaii'énieni'tôutdnnee, col noii-, ruban de la Légion d'Honneur :
— Mademoiselle, dit-il, pardonnez-moi de me présenter si tard, mais vos habitudes ne m'ont pas permis de choisir une heure plus convenable.
— Monsieur, répondit Ilose en avançant un siège, vous êtes tout excusé, veuillez donc m'expliquer le but do votre visite.
— Je suis un ancien militaire, commandant d'infanterie en retraite, j'ai en outre quatre mille livres de rentes, et je viens vous offrir cetie petite fortune avec le nom de Typhon, qui en vaut bien un autre.
Après avoir dit ces mots, le vieil ofîicier s'assit.
— Mais, monsieur, répondit Rose singu-
lièrement étonnée, je n'ai pas l'honneur de vous connaître.
Le commandant sourit de l'air d'un homme prêta répondre : — Nous aurons le temps de faire connaissance.
— El si je ne me trompe, vous me connaissez à peine, ajoutait Rose.
v,^|T — Pardon, mademoiselle, pour ma part je vous connais à merveille. Voici deux ans que, tous les matins, à la même heure, je vous vois sortir régulièrement de chez vous; deux ans que vous passez sous ma fenêtre, et que je vous remarque avec un senliment d'intérêt qui n'a cessé de s'accroître. Toujours mise avec une décence et une simplicité de bon goût, toujours marchant sans détourner la tête, vous déconcertez par votre
SEmiMliNïAL. 25t
air modeste, tous les jeunes godelureaux, qui s'arrêtent frappés de votre gentillesse. Chaque soir, à la même heure, vous revenez avec un petit paquet d'ouvrage sous le bras; vous ne sortez plus ensuite; une lampe s'allume bientôt pour s'éteindre à onze heures au plus tard> Le dimanche, je vous vois aller à l'office, et vous retirer la plupart du temps dans votre solitude. Je sais que vous habitez la rue Saint-Louis depuis quatre ans, que vous payez tous vos fournisseurs avec une scrupuleuse exactitude; que votre éloge est dans toutes les bouches; enfin le propriétaire de votre maison est M. Barnabe, l'un de mes meilleurs amis. i
Rose avait rougi et baissé les yeux; p4^J^ elle les leva timidement sur le capitaine Ty-
252 ïf USURIER
phon, dont le nom ne lui était pas tout à fait inconnu. Elle se souvint même de l'avoir rencontré au bras de M. Barnabe, son propriétaire.
— Monsieur, iiiurmura-t-ellc enfin, voire démarche m'honore beaucoup, et cependant....
Ici Rose balbutia.
— El cependant il ir.e semble que vous n'êtes pas complètement renseigné... Je n'ai pas toujours habité le Marais. Peut-être ma conduite actuelle, mes dehors, mes habitudes Mon Dieu, je vous en prie, monsieur
Je suis pauvre, orpheline, malheureuse même.... Depuis que vous m'avez dit votre nom, je sais que toute autre jeune fille, à ma place, devrait êti'e fière d'avoir mérité votre
choix. Pourtant, je ne voudrais pas que ma répulation put tromper un galant homine.
— Doucement ! interrompit le commandant Typhon, je viens demander votie main et non pas votre confession générale.
Rose fit un mouvement de surprise qui n'échappa point au vieux soldat.
— Cela vous étonne! mademoiselle Marie, reprit-il en souriant (Rose, comme on le sait, n*était plus connue que sous le nom de Marie.) Cela vous étonne, mais soyons de bon compte. Ai-je le droit de demander à ma femme ce que je ne lui apporte pas moi-même? J'ai passé trente ans à rouler les garnisons et à battre les pavés de toutes les capitales de l'Europe. Si je vous disais
%A UUSURIER
que je n'ai point eu, par ci par là, quelques petites amourettes , vous ne me croiriez pas certainement. Et si par miracle, je disais vrai, il me semble, corbleu, que cela prouverait contre mon cœur!... Eh bien! nioi, de vingt ans plus âgé que vous, je m'aviserais d'être plus sévère à votre égard !
— Monsieur, vous êtes indulgent, dit Rose un peu moins intimidée, mais le monde n'a pas l'habitude d'exiger d'un militaire les vertus d'une jeune fille.
— Le monde a une fort mauvaise habitude; il a deux poids ei deux mesures ; il est injuste, voilà le fait.
— Sans doute, dit Rose avec embarras, mais encore...
SEINTIMENTAL. 255
Le souvenir de son fils Adolphe lui arracha un soupir.
Le commandant Typhon ne devina que la moitié de sa pensée :
— Résumons-nous, s'il vous plait, mademoiselle. Vous êtes orpheline, m'avez-vous dit; ainsi^ aucune raison de famille ne peut être un obstacle. Depuis quatre ans vous habitez chez mon ami Barnabe. Malgré votre pauvreté, votre fraîcheur, votre grâce, malgré tous les dangers, toutes les séductions qui naissent sous vos pas , vous êtes sage, rangée, honnête fille. Je me trouve suffisamment renseigné sur votre compte. Si ma moustache grise ne vous fait point peur, renseignez-vous sur le mien, et, à dimancLe la réponse !
Le commandant se leva, salua profondément et sortit ; il s'arrêta au premier élager, chez son ami Barnabe.
Après s'être retiré du service, Typhon avait vécu pendant quelque temps avec une sœur qu'il eut le malheur de perdre; la solitude lui pesait, il était venu se fixer dans le voisinage d'un vieux camarade dont la loyauté égalait la sienne: ceci avait eu lieu six mois environ avant la rencontre inespérée de Bertaut.
Mais de même que Bertaut était retenu à l'autre extrémitédc Paris, et par son emploi, et par ses devoirs de père de famille, de même Barnabe, père de famille aussi, notable de l'arrondissement, toujours occupé d'œuvres de bienfaisance, d'arrangements de procès,
(le secours, de péiilions, de procurations, était accablé de ces affaires sans nombre qui incombent à l'homme de bien connu pour tel. — Typhon restait seul les trois quarts du temps; l'isolement le rendait morose.
Barnabe fut le premier à lui conseiller de prendre femme. Le commandant y songeait. Il avait déjà remarqué Rose; il l'observa. Les renseignements favorables qu'il recueillit le décidèrent.
La visite de Coqueluche, toute insignifiante qu'elle puisse paraître, fut cause qu'il agit immédiatement et avec une rondeur fort rare en pareil cas.
Barnabe loua son choix :
— Y/A jeune ouvrière, lui dit-il, paraissait réunir toutes les qualités nécessaires
258 JfXii^i;iUii:K
pour le rendre heureux. Au dire de tous les locataires de la maison, elle avait un excellent cnractère, une humeur égale et un esprit agi éahle. Elle était distinguée, elle s'exprimait bien, elle ne manquait pas de l'éducation qu'il faut à une femme.
En cfifet, Rose devait à Octave des manières, des idées et des connaissances bien supérieures à celles do la plupart des jeunes ouvrières de Paris. — Elle avait fait état de bourgeoise. — Sous ce rapport, elle était parfaitement au niveau de Typhon officier de foi tune ei fils de gros fermiers de la Brie.
— Une brave fiile, qui a jeté son feu, qui ne sera pas disposée à faire des sottises comme ces petites innocentes qui vous prennent à l'aveuglette et vous font voir ensuite
irenie-six chandelles en plein midi; une brave fille ({ui sait où elle va, ce qu'elle faif, à quoi elle s'engage, — merci, ami Barnabe, voilà bien ce (jui me convenait. Elle a dit, sans trop ni trop peu, ce qu'elle devait dire; je suis enchanté d'elle et de moi, jusqu'à présent.
Ce fut à peu près en ces termes que le vieil officier rendit compte delà visite de présentation à son ami Bertaut et à son camarade Barnabe, qui se trouvaient précisément léunis.
— Mon petit avoir sera la fortune pour elle; j'assure son avenir; je suis bon diable au fond quoiqu'un peu vif. Tenez, je parierais, moi, qu'elle finira par m'aimer mal-
Î260 L'USUIUEB
gi'é ma moustache grise et mes quarantesept ans !
Rose en avait vingt-sept, alors.
L'Ecole Polytechnique qui a des formules algébriques pour toutes les grandes et petites actions de la vie, nous apprend quelle doit être, au jour du mariage, la proportion de Tâge du mari avec celui de la femme, par réquation ci-dessous :
Eu d'autres termes: doublez l'aççe de la mariép, retranchez-en dix ans, vous devrez trouver l'âge du mari. — A ce compte-là, le commandant Typhon n'avait que trois ans de trop, et dans trois ans la proportion serait parfaite.
Quoi qu'en dise Arisiote, — je crois que les jeunes femmes de vingl-sepl à trente ans, doivent, en général, trouver fort impertinente l'algèbre de la Polytechnique.
— La question, maintenant, est de savoir si elle acceptera, continuait Typhon. Et vous me croirez, mes vieux amis: ce malin j'aurais très galamment pris mon parti d'un obstacle, ce soir je serais désolé d'un refus.
— Elle acceptei'a, je t'en réponds ! tranquillise-toi! dit le propriétaire.
Le lieutenant Beriaut fut du même avis.
Rose finit en effet par accepter; — mais ce ne fut pas sans résistance.
Rose n'osait avouer l'existence d'Adolphe; elle ne voulait pas non plus repousser absolument l'avantageuse pioposilion du coni-
mandant, dont la franchise et la rondeur lui plaisaient déjà.
Son fils n'était plus à elle en quelque sorte.
Elle ne l'avait point revu depuis le jour fatal de la séparation. — Elle avait renoncé à Octave, elle lui avait laissé son enfant, elle avait voulu faire le sacrifice tic la vie. — Et en réalité, Rose, Rose Printemps n'existait plus.
Heureuse d'apprendre \) r Maihias qu'A- •dolplie était bien portant, bien soigné, bien aimé, elle s'était peu à peu habituée à son infortune; elle priait pour lui tous les jours, parfois elle pleurait; mais elle n'avait jamais songé à porter la m.oindre atteinte au bonheur d'Octave et de Lucie.
— Rose Printemps est morte et morte à jamais i oiir eux!... Pour eux, oui, mais pour
SENinii-NTAL. 263
Adolphe!... ô mou Dieu, ne le reverrai-jo jamais?... ne poiirrai-je donc plus l'embrasser ?...
Pauvre mère ! Quand elle s'abandonnait à à ces pensées, elle seniaii couler ses larmes.
La demande en mariage du brave commandant Typhon vint faire diversion à ses douleurs.
Dix fois avant d'accorder son consentement, elle essaya de parler d'Adolphe; toujours le commandant lui coupa la parole au moment même où faisant effort, elle allait rompre le silence.
— N'en ai-je donc pas assez dit? se demanda la jeune fille lorsqr.'eîle se fut familiarisde avec le projet d'épouser le vieux militaire.
264 L'USLKILIV
Rose avait fini par apprécier à leur valeur la rude franchise, la noblesse de seniimenis, la cordiale bonhomie el la générosilé du commandanl Typhon. Elle en arrivait à désirer un mariage qui assurerait son avenir el devait en outre la soustraire à Tinlolérablc rapacité du juif Mathias :
— N'était-ce point à M. Typhon de deviner, d'interroger ou au moins d'écouter avec patience ?... Il serait toujours temps do s'expliquer après le mariage !...
Et Marie Beaulieu, que nous continuerons d'appeler Rose, cessa de résister à son secret désir, elle ne se fit plus violence, ne tenta plus de parler d'Adolphe et se laissa courtiser par l'ancien militaire.
La bénédiction nuptiale suivit de près.
SF-NTIMKISTAL. 2a5
Nous passons les détails de la cérémonie et du repas de noces.
Il suffira de dire que l'ami Barnabe, le lieutenant Berlaut et une cohorle respectable de grognards de la garde impériale, moustaches noires, rousses, grises ou blanches, furent les témoins et les invités de rigueur.
Après quoi, le nouveau ménage se relira paisiblement dans son intérieur , deux fois réglé par les habitudes du mari et par l'esprit d'ordre de la femme. Tout allait le mieux du monde. Rose attendait le moment favorable pour sa grande confidence; mais un cruel hasard fit qu'à peu de jours de là les journaux insérèrent u'ie histoire qui présentait une certaine analogie avec la sienne.