CHAPITRE XUL
Adolphe.
Blonde ei cbarmanle lèle,inlelligence p:ccoce, cœur expansif et soumis sans effort, Adolphe méritait par son heureux nalurel l'affection maiernelle de I.ucie.
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Il avait les yeux bleus et le sourire mutin de celle qu'on avait autrefois appelée Rose Prifltemps; il avait les cheveux noirs et le froilT large d'Octave, mais il tenait de sa mère adopiive sa diction pure, le doux accent de sa voix et ces grâces particulières que développe l'imitation d'un modèle gracieux.
Cent fois on avait complimenté Lucie de la ressemblance de son enfant avec elle. On retrouvait en lui ses poses, ses attitudes, sa démarche ,sa désinvolture; s'il parlait on croyait l'entendre elle même; s'il témoignait quelque sensation un peu vive d'étonnement ou de joie, d'attendrissement ou de bouderie passagère, on reconnaissait l'expression de sa physionomie.
Et rien n'était plus vrai; car les traits
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seuls ne font pas la ressemblance. C'est d'ailleurs un pliënomène vulgaire que ce reflet produit par la fréquentation habituelle.
Le caractère disiinctif des membres d'une méiiie nation, des individus d'une même caste, d'un même métier ; la similitude indéfinissable qu'on aperçoit en eux malgré leurs diiîérences physiques, ne peuvent guère s'expliquer autre n en t. 11 arrive très souvent qu'on s'étonne d'avoir trouvé au premier coup d'œil qu'un ami ressemble à son ami, un mari à sa femme. La fugitive perception de cette ressemblance ne résiste guère à un examen aitenlit ; l'esprit d'analyse établit forcément des distinctions tranchées; aussitôt le vague rapport s'efface, — il n'en existe pas moins
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Adolphe, élevé par Lucie, lui avait cmpi'unié ce qu'on appelle l'air de famille.
Lorsque renaissent les fleurs avec les beaux jours du printemps et que le jardin des Tuileries s'anime de délicieux essaims de petits garçons et de petites filles, — spectacle coquet et ravissant entre tous les jolis spectacles du monde, — Octave et Lucie n'étaient point repartis encore pour Monrepos , parmi tous ses gentils camarades de sept à huit ans, vous eussiez distingué Adolphe, vous eussiez arrêté sur lui vos regards avec un sentiment de plaisir.
Quelle ne devait donc pas être l'impression d'une jeune dame voilée qui se glissait parfois au plus épais de la foule, s'asseyait sous les maronniers, ou se tenait à l'écart sur la terrasse, — écoutant, regardani, dévo-
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l'ant (les yeux ses gosies, ses mouvemenls, les expressions mobiles de ses iraiis? — Elle n'osait que bien rarement s'appiocber; mais encore, lor.sque par hasard il venait avec sa bonne au lieu d'être conduit par T.ucie, — eh bien, elle se risquait en tremblant.
Son cœur battait bien fort, son cœur battait coînme si elle eut commis une aciion coupable.
Elle embrassait Adolphe avec une effusion indicible, et l'enfant, avec un doux reproche, levait sur elle ses grands yeux bleus :
— Ma bonne amicMarie, nisail-il,|K)«ir([U()i ne viens- lu jamais à la maison?... Tu demeures donc bien loin?...
— 0;;i, bien loin, bien loin, mon pet Adolphe, lépondail Ilose, qui le quesiion-
LISIKIER
liait ensuite et obtenait toujours vingt réparties (l'une naïveté, d'une tendresse eharmantes.
Ah! [)Ourquoi le commandant Typhon, si bon, si généreux malgré sa rudesse, avait-il, par une imprudente boutade, empêché Rose de lui révéler franchement tout le n;ystère ?.....
Le vieil officier était, du reste, enchanté de son sort. Sauf <}uelques moments de mélancolie chez sa jeune femme, il n'avait rien à lui reprocher. Elle le comblait d'aileations méritées, il est vrai, par une confiance sans bornes.
Dès le malin alerte, aciive, vigilante, elle aviîit mis dans la maison cet ordre parfait qui faisait partie essentielle du bonheur de
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son mari. Ménagère parisienne ne tira jamais meillear parti d'un revenu assez modeste, comme l'on sait. L'aisance et presque le luxe avaient succédé, grâce à Rose, à la propreté un peu Spartiate de l'ancien soldat. Elle lui faisait une vie toute pleine de petites surprises renaissantes eftaque jour. ïl aimait les fleurs; avant son mariage il n'était point parvenu à en avoir de si belles. Ses repas, toujours servis à l'heure, éiaient variés selon ses. goûts; son viu était meilleur, son appartement plus frais en été, plus chaud en hivei-, son linge plus blanc, sa vaisselle mieux soignée, sa cuisine plus propre.
On donnait à dîner à quelques anciens camarades, tels que le pacifique Barnabe ou le lieuienanf^Bertaui; on se réunissait le soir
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à quelques honnêles familles du quariier, ou offiait le thé assez souvent, on représentai!. — Et encore, dès la première année, malgré tant de dépenses, l'esprit d'ordre de Rose avait réalisé une économie notable sur le revenu. — Elle put acheter du linge et renouveler une paitie 4u mobilier.
— C'est une petite fée que mafetnme, disait le commandant en serrant la main de son ami Barnabe; elle me rajeunit, parole d'honneur! Tout ce qu'elle louche s'embellit. Je ne iroiive plus une occasion de mo fâcher, et j'y gagne, corbleu !.. ..
Bien entendu, l'excellent propi'iéiaire qui avait contribué au mariage était très souvent en tiers dans cet intérieur, où régnait une paix profonde.
SIJMIMKMAL. 277
Un jour pourtaul la paix risqua d'êlre troublée parce que l'intime Barnabe ne put venir après le déjeûnei', selon son habitude, faire la partie de dominos du commandant. Le temps était superbe. Rose s'apprêtait à sortir; au bas de l'escalier elle trouva son mari qui lui offrit le bras, en lui disant :
— Où vas-tu ?...
— Alix Tuileries, répondit-elle étourdimeni.
— Aux Tuileries, soit! fit le vieil officier, je me sens en humeiu' de promenade.
A peine élaieni-ils dans le jardin qu'un petit garçon, parfaitement mis, les aperçut, se mit à courir et se jeta au cou de la jeune fcinme en criant :
— Ma bonne amie Marie!
Rose pàlil et faillit se trouver mal ; Typhon avait pris l'enfant dans ses bras.
— Le joli petit bonhomme, dit-il, comment s'appelle -t-il?
Rose ne pnt répondre; heureusement l'enfant ne fut pas intimidé.
— Je m'appelle Adolphe Marcelîot, dit-il, voici ma maman !...
Il montrait Lucie que Rose n'avait pu voir sans éprouver un surcroît d'émotions :
— Mais qu'as-tu donc? demanda tout à coup le vieil officier en remarquant enfin le trouble de sa femme.
— Le grand air... le soleil!. ..balbuliaRoso. Ah ! je me sens perdre cormaissance...
Lucie emmena le petit Adolphe.
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Le commaiulant TypViou fui obliL^é de poiler sa femuic jusqu'à une voilure de place, et, fbi't inquiet de son indisposition subite ne songea guèi'e à lui deniander comment elle connaissait, ni qui était l'enfant qu'il venait d'embrasser.
En rentrant chez elle, Rose était t:i souffrante encore qu'elle dut se mettre au lit.
Presqu'au même instant, la portière du commandant Typhon lui reaiii une lettre timbrée de Pontoise.
— Pontoise ! mais je ne connais pei'somic à Poiitoiso. — C'est bien mon nom et mon adresse pourtant!... Où diable sont mes lunettes?... Et Marie, ma pauvre Maj'ie malade!... Ah! elle s'asso'.ipit... Silence, ne la réveillons pas !...
'2Si) L'lSUUIi:iV
— Le comntandanî trouva ses lunciles à leur place et ouvrit la lelire.
L'} leiti'e était signée Alexaiidra Guidant, ce (|ue nos leeicurs trathiii'oul par le nom euphoiiiipie de (iOqueluchn, el eonlresignéc Anonyme Serpenlard.
(]omme Calypso qui ne pouvait se eonsoler du départ d'Ulysse, Alexàndra Guidant n'avait jamais pu prendre son parti du mariage et du bonheur d'Octave, (tétait en vain qu'elle avait fait vingt tenlalives njatrimoniales en vain, qu'elle s'était risquée ehez le brutal commandant Typhon.
En désespoir de cause, et d'après les conseils de iMathias, elle essayait maintenant de décider Ano!ivine à lui donner le joli nom
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de Serpenlard. Hélas ! le cousin ne synipnlhisail avec elle que par une rancune invétérée contre les Marcellol. Mais, sur ce terrain, on s'enlon lait si cordialoaionl que la vieille (ille s'y cramponna de toutes ses l'orcos.
Ninyme était beau de désintéressement; il ne regrettait que le résultat de la tentative faite pour désunir Ocîave et Lucie, puisque la présence d'A lolplie semblait avoir ressei'ré le nœud de leur affection conjugale; il ne repi-ocha;t jamais à Coqueluche les sommes versées au juif Maibias. Entin il avait dit : <> Petit poisson deviendra grand. » Il ne désespérait do rien, et ses espérances éiaient le thèiue d'une série de projets en général fort peu dignes d'éloges.
ProvisoiieuiCîiLon se méiiaL-cail des intcl-
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îigences dans la place ennemie; ne fallail-il pas se tenir au couranl?
On n'apprit presque rien par les gens du logis; Serpenlard découvrit pourtant qu'une jeune dame quWdolphe appelait sa bonne amie Marie venait souvent l'embrasser aux Tuileries aux beures où il allait jouer.
Ce fut un jalon.
; '.ti
Le juif Malbias ne tarda point à gagner
une somme fort ronde en fournissant à
Coqueluche et à Ninyme Serpentard les
premiers renseignements dont ils avaient
besoin.
Matbias n'espérait rien tirer de Rose Printemps ; elle était mariée, elle ne travaillait
StNTIMKMAL. *i83
plus pour lui, elle voyait Adolphe tous les jours.
— Il est temps, pcusa-t-il, d'exploiter les chei'S eoUatéraux !...
Il y mil son adresse habituelle, en se faisant arracher la vérité pièce à pièce. — Ce fut par lui qu'Alexandra Co |ueluche apprit le mariage de la véritable mère d'Adolphe, — autre coquine qui avait honteusement, vendu son propre fils. On l'enveloppait sans rémission dans la haine vouée aux héritiers actuels de l'oncle Guidant.
— Grande nouvelle ! dit Serpentard. Il faudrait savoir, au juste, qui elle a épousé. Peut-être, en éveillant la jalousie du mari, parviendrons-nous à attirer une mauvaise affaire à ce fat d'Oclave.
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— Eh quoi! mais donc?... objecta Nibal, le nouveau mari s'en pieiidi-a tout bonnement à sa femme; vous aurez iioublé son ménage. — Le beau [daisir!
— Tu n'y entends rien ! Tais-toi ! leprit Coqueluche; Ninyme a raison. Cette petite drôlesse aura dissimulé la vérité pour tromper un honnête homme... Elle mérite d'être démasquée.
~ Quel mal vous a-t-elle fait, celle-là? demanda Nibal revenu comme on voit aux principes d'ordre et d'économie domestiques.
Il avait toujours sur le cœur l'argent donné, en pure perte, au juif Mathias.
— Quel mal?... Tu le demandes! D'abord elle a corrompu et ruiné Octave Man^eilol au
liftu (lo so faire t'pouser; ensuilo elle est la mère de rcufanl qu'elle a cédé à Lucie, comme elle lui avait déjà cédé son mari.
— Cédé! cédé!... objecta le rebelle Annibal,il me semble à moi que co n'est point cela du tout!...
— Tu n'y entends rien, monsieur mon frère, dit aigrement Coquelucbo; sans celte Rose Piiniemps, tu serais peut-être à la tête de vingt mille francs de rentes...
— Eh quoi!... mais donc?... C'est égal! Sornettes ! Nous avons assez perdu d'ar£>ent et gagné de cbarivaris.
— Cousin Nibal, dit giavemenl Ninyme Serpentard, lu oublies que le contrat et le testament de noti-e oncle Guidant sont essentiellement aiiaquables. Il ne veut pas que sa
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fortune aille aux Fournel; il n'aimait pas plus la mèi'O Fournet (pie nous!,.. Il permet bien à Lucie de se remarier, mais le mari de Lucie n'est qu'usufriiititir au cas où elle n'aurait pas d'enfants...
— Octave hériterait donc! repartit Nibal; et d'ailleurs Lucie est plus jeune que nous !...
— Et nos enfants! dit Serpentard.
— Oui, nos enfants ! répéta Coqueluche en voix de fausset.
— Eh quoi! mais donc?... vous n'êtes seulement pas mariés.
— Cela pourrait venir, dit Serpentard, surtout avec des espérances
— Cela viendra, cousin, ajouta Coquelu-
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chc tn menant ses yeux éraillés en coulisses.
— Adolphe héritera !... Octave héritera !... Le diable hériterait avant nous !...
— Nous ferons un procès à tous les diables
— Si le petit Adolphe n'existait plus ! dit Coqueluche; si on trouvait le moyen de le fiiire enlever à Lucie par la véritable mère!
— J'y suis, saprebleu ! j'y suis ! s'écria Ninyme Serpentard. Nous brouillons le nouveau ménage de cette Rose Printemps ! Il y aura scandale, séparation de corps et de biens et enfin le mari sera forcé, par les tribunaux de faire une pension alimentaire à sa femme. Alors, inévitablement, elle songera à ravoir
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f^on fils, elle le reprendra sansqu'aucuno puissance au monde puisse l'en empêclicr!
— Oh! oh!...fii Nibal!
— Nous serons là, corbleu! pour aidée celle pauvre mère!
— Certainement, nous serons là ! dit Coqueluche.
— Du reste, continua Serpenlard, Mni'ccllol qui adore son ciifanl pourrait bien aussi se brouiller avec sa femme; nous auiions fait deux coups d'une pierie.
Nibal haussa les épaules^
— Eh quoi! mais donc?... Vous ne savez seulement pas le nom du mari de la grisetie!
— El Malhias ! s'écria Coqueluche.
— Parloiis-en (le ce vieux voleur! fît Nibal en soupirant. Je n'en suis plus, moi d'abord !...
— On se passera de loi, gros égoïste !..... Malhias continua de tirer profit de la
queue de sa bienheureuse affaire Marcellot, en fournissant enfin les derniers documents nécessaires. Le nom, l'adresse, l'âge, la forlune et le caractère du commandant Typhon, l'ien ne manquait.
Au nom de Typhon, iVlexandra Guidant, diie Coqueluche devint pourpre de déitit, et eul une horrible quinlc do loux, après laquelle fut rédigée en collaboration avec Si3rpentard la lellrc que reçut le comman lant Typhon à son l'Clour des Tuileries.
Le brave officier n'en termina point la îecl 10
200 L'IJSLiRlRIl
iLire sans avoii' lai;bé cent jurons tonnidablés :
— Un enfant!... un enfant !... nuirmuraitil avec rolèrerniais... c'est toute autre chose que des amoureties sans conséquence... M'avoircaclië cela!... avoir abandonné son fils!... Il y aura uiie explication teri'il>ie... quand... quand elle ne sera plus malade.
Malgré sa promenade aux Tuileries, malgré l'indisposition de sa femme, le commandant ressoriit. 11 dîna dehors contrairement à toutes ses habitudes.
Rose s'était levée; elle l'attendait en proie à une inquiétude mortelle. La conduiie ex- Iraordinaiie de son mari lui faisait craindre qu'il n'eût tout deviné.
— Je me serai trahie par quelque mol im- jj
SRNTIMRNTAL. '21M
l)i'iulcni! pensait-elle. Mon Dieu, ayez piiié (le moi ! Que \a-t-il se passer?...
La pauvre femme avait prié pour raffermir son courage; mais son trouble, sa douleur étaient frappants, ses yeux étaient remplis de larmes, lorsque le capitaine rentra. Sa pâleur, son effroi contrastaient avec sa sérénité ordinaire.
— Rose, je sais tout! dit le vieux soldat, toujours prompt à aller < roit au fait.
— Pardon ! s'écria la jeune femme, vous ne m'avif^z jamais laissé vous dire... Pitié! permettez au moins...
— Non ! interrompit brusquement le vieil officier en l'obligeant à s'asseoir. C'est très mal! — Comment, tu avais un enfant, et lu me le cachais!... Tu étais rnalheureuse, tan-
2!)2 L'USIJUIKK
(lis que tu remplissais ma vie de honheur. — Non! corbleu !... Je ne souffrirai pas cela davantage !... Cet enfant sera le mien, mille tonnerres ! Je l'adopterai, — je le reconnaîtrai, — je lui donnerai mon non!, — je l'aimerai
Rose, muette de surprise, ne savait plus si elle était bien éveillée, ou si le commandant Typhon parlait sérieusement; n^ais son mari lui prit la main, et la serrant avec bonté :
— Oui, c'est très mal, le dis-je, de m'a- Yoir si longtemps fait un mystère de ce que tu souffrais!... Pouvais-iu donc douter d'un homme tel que moi?... Ne devinais-tu pas que je serais trop heureux de trouver l'occasion de te rendre heureuse à ton tour!
El j'en serai doiiblement heureux moimême. . Un lils!... charmant!... Je l'aimerai, le dis-je; je l'aime déj;"'!...
Rose fondiien larmes; elle embrassait son vieux mari avec des Iransporls de joie.
Puis, vinrent les explicalions; elle raconla ses hésilalions et les causes de son silence, elle parla surlout du fatal arlicle de journal :
— Mais le cas élaii toul difïerenl, saperloiie! s'écria le commandani. L'ami Barnabe me l'a supérieurement fait comprendre. — D'ailleurs, écoule! Voici comment je sais toul!
Le vieil officier donna lecture de la letli'C de Co;{ut"!'i('îic.
'm L'usui\ir:i\
Ce n'était pas, comme on pourrait le supposer, un facium acrimonieux ou violent. — Le caractère de Typhon étant donné. Coqueluche et Serpentard reconnurent d'une commune voix que deux alternatives se présentaient : — Ou la colère l'emporterait : — en ce cas, la rupture, la séparation de corps, l'hypothèse première de Ninymo et ses conséquences s'ensuivraient nécessairement; — ou la générosité d'un vieux soldat au dessus des préjugés amènerait un résultat bien auirement désirable. En d'autres termes, Coqueluche et Serpentard avaient osé pressentir et, qui plus est, conseiller ce qui se passait réelleuient. — Ils firent donc assez belle la part de Rose, ils l'excusèrent au point que Tvphon s'imagina au premier moment,
SKNTl.MCMAL.
f|UO sa femme s'ouleiidail avec lescorrcs|»on- (lanls (îc Poiiloise.
Le brave ollicii'r l'aiiproclia l'an'ivée delà lellre de la rencontre aux Tuileries, s'égara dans ses conclusions, et fui indigné. Mais l'ami Barnabe n'eiil aucune [)eine à dissiper son ei'i'eur, — il releva nièiiie dans la lettre certaines expressions que des amis véritables n'auraient point hasardées; il prouva que Rose s'élail immolée à son enfant — et l'émotion du capitaine changeant soudain de nature, il accourut. — On sait le reste.
— Anonyme Serpentard ! Alexandra Guidant! qu'est-ce que ces gens-la? demanda enfin à sa femme le commandant Typhon, qui n'avait garde de se souvenir (ies vérita-