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CHAPITRE IV

Lucie veuve Guidant.

La visiteuse d'Octave était en deuil et doublement en deuil, — en deuil de son vieux mari , Tonele Guidant , — en deuil de sa mère, mndame Fournel, forte tête, dont

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l'ambiiiou fut déçue au dernier moment , puisqu'elle ne put jamais disposer en aucune façon des trente mille livres de rentes tant convoitées.

Il y a comme cela une infinité de punilions providentielles que le vulgaire ne soupçonne même point.

Le mariage de Lucie avait d'abord fait justice de la rapacité d'un trio de collatéraux hargneux. Par leur manque d'égards envers leur vieil oncle, par leurs méchants propos, p:u* leur conduite envieuse, Annibal, Coqueluche et Anonyme, méritaient bien d'être désbérités.

— Aurai-je donc travaillé comme un nègre pendant cinquante ans et plus, dit un beau jour l'oncle Guidant, pour trois créatu-

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res qui ne cessent d'empoisonner mon existence'i? Non, veriubleu! et je me marierai ! et ils verront!...

Lucie méritait moins d'être sacrifiée. Ses grâces enfantines, ses complaisances filiales pour le vieillard, ses sentiments honnêtes, son charmant caractère, qui lui avaient valu d'être celle qu'il choisit entre toutes les veuves, jeunes ou vieilles filles de Pontoise, son naturel généreux et ses bonnes qualités, devaient-elles donc la conduire jusqu'à la nécessité d'accepter la main d'un septuagénaire?... Mais elle était soumise; son impérieuse mère ordonnait.

En fille bien élevée, Lucie obéit, non sans pleurer amèrement Octave et ses premières amours. . ,

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Tenons compte cependant des cii'constances ailënuanles en faveur de madame Fournet qui, dénuée de loule fortune, n'eul peutêtre pas trop grand lort, en résumé, de vouloir assurer J'avenir de sa fille.

Si Lucie avait épousé Octave, que. lui serait-il arrive? — A bi n peu de clioses près ce qui arrivait à l'infortunée Rose Printemps : la misère noire, la faim, le désespoir; puisque l'on sait déjà que M. Marcellot père mourut insolvable.

Madame Fournet laissa pleurer Lucie et l'unit à un vieillard cacochyme ; elle la mettait à l'abri de la détresse à venir.

Le mariage eut donc lieu, comme nous l'avons raconté, au premier chapitre de cette histoire.

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Lucie fut moins malheureuse qu'elle ne s'y était attendue. — Elle regrettait bien Octave, mais Octave élail pai'ti, et de longtemps elle ne reçut de lui aucune nouvelle; — elle ignorait d'ailleurs une foule de mystères que le mariage ne lui révéla point.

Son ignorance, en dépit des aigres propos de la savante Coqueluche, démontre au moins l'innocence de ses amours de jeune nile.

Par hon cœni', plus que par devoir, elle entouia de soins allenlifs son vieux mari, qui se montrait reconnaissant et la traitait comme le père le plus tendi*e.

Tout cela était fort bien ; mais madame Fournet, qui, tout en travaillant dans l'intérêt de sa fdle ne s'était pas oubliée

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non plus, fui singulièrement désappoin* tée.

Le bonhomme Guidant, tint les cordons de sa bourse serrés si fort, que l'habile bellemère n'en tira pas une obole.

Le vieux droguiste poussait l'esprît d'ordre jusqu'à lui faire réclamer !e loyer de l'appartemcnl qu'elle occupait encore dans sa maison de Ponloise.

Il av.ài é[)Ousé la fille, disait-il, mais non la mère. S'il s'était débarrassé de ses neveux et nièco, ce n'était pas pour se donner un tyran d'un autre genre.

Ici commencèrent les ennuis de madame Fou r net ; elle dut prendre patience; mai.«, par la [)ern)ission du ciel, la chère dame

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mourut justemeni huit jours avant le mari cassé qu'elle avait imposé à sa fille.

A l'âge de vingt-cinq ou vingt-six ans, Lucie se trouvait donc veuve et maîtresse absolue d'une quarantaine de mille livres de rentes, attendu que les économies réalisées depuis son mariage avaient encore augmenté les biens de l'époux défunt.

Les six premiers mois de deuil expiraient, quand elle reçut une lettre anonyme, ou pour mieux dire preudonym'^, qui prouve, mieux que le tiroir des valeurs imaginaires, la profonde habileté du juif Mathias en matières amoureuses et commerciales.

Mettre l'amant sous les verroux, en prêtant à gros intérêts sur son premier gage d'amour, bagatelles que cela ! — D'ailleurs,

on ne se donne pas gratis la salisfaclion d'incai'ccior son débilcin', sans quoi, par le temps de fraternité qui courl, la Fi-ance entière ne serait qu'une vaste prison pour dettes.

Si le juif Matliias avait cru Octave insolvable, reût-il mis à Suinie-Pélagie? Non, certes ; mais avant que le jeune oilèvre y (lU enfermé, sa biogiapliie compièle était en possession de son créancier principal. Elle se résumait en quelques lignes consignées au registre des senlimenls e:i partie double :

i^' Lucie Fournci, dame Guidanl, desiinée à vingt-cinq ou iienle miile francs de revenu — (mari soixanie-onze ans et njauvaise santé) — premières amours du client — a été sensible. — I/tiiver à Ponloise, ieté à Mon*

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repos, jolie maison de campagne (commune de Saini-Jean-sur-Vionne).

2» Alexnjidi-a Guidant, dite Coqueluche — vieille et hargneuse Hlle — s'avisait aussi d'être amoureuse du pî-isonniei-. — Fortune, deux mille deux cents francs sur hypothèques, espérances inconnues. — Pontoise, Grand'Rue, n" 56.

5° Pour mémoire. - Rose Priniemps, modiste. Paris, rue Dauphiue, n" 11. (Voir registre des Reliques.

Il avait un style louchant, ce bon Muthias.

En lisant sa lettre pseudonyme, où non sejlcme:U Uo.se clait passée sous silence, mais où Ociave était en oulie dépeint comme

un rare modèle de constance, Lucie se pi'it à pleurer.

— Pauvre Ociave!... lui si bon, si noble, si fidèle ! Malheureux, ruiné, désespéré, en prison, quand moi j'ai quarante mille livres de renie ! Son dernier regard, son dernier baiser qu'il m'envoya sur la route, le jour de mon mariage, sont encore là présents à mon cœur !

AnonyniC Serpentard et Annibal Guidant, cousins et rivaux, faisaient alors leur cour à la jeune veuve. — lis n'étaient pas les seuls. Pénélope n'eut jimais autant de|)rétendants que Lucie. — Coqueluche secondait Nibal avec un zèle intéressé. Mais la letlie du juif Maihias était un clief-d'œuvi'e.

Lucie foiça la serrure d'un petit coffret

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dont elle avaii jeté la clc par la fenêtre peu de lemps pi es son mariage. — Elle relut tous les vers d'Octave et trois ou quatre billets de prose brûlante.

Le résultat de tant de lectures fut qu'elle partit de j^ontoise pour Paris, sans même prendre congé de ses neveux et nièce par alliance.

Le juif Mathias, qui s'éiaii bien gardé d'écrire à Coqueluche, mais qui avait à Ponioise un correspondant auilré, fui instruit, courrier par courrier, du départ de la jeune veuve Guidant.

— Ça va bien!... ça va bien'... L'affaire Marcellot redevient excellente^ comme je m'y attendais ! se dit le vieux ci'éancier en se frottant les mains.

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Il avait rachelé à vil prix la plupart des billets d'Octave ; il se procura les derniers presque pour rien. — Par ses soins, Rose reçut dans la matinée une conimande d'ouvrage au ral)ais très piesfcée, avec la promesse d'une seconde commandCj^La pauvre lille, trop heureuse, se mit au travail à côté du beiceau d'Adolphe. De huit jours, elle ne devait pas avoir le temps de descendre d;ins la rue.

CAAPITRE V

Mathias et sa Profession.

Il esl temps clejusiifîei* ici le clioix du tiire de cet ouvrage par une rapide analyse de l'histoire inlimeel commeirialo, des opinions philosoplii(juc8 ei des passions dominantes du

juif ou prétendu juif Malhi;is, VUsiirier Sentimental.

Commençons par déclarer que si, par hasard, le sang d'Abraham et de Jacob coulail dans ses veines, c'était absolument à son insu. Avait-il toujours porté le nom de Mathias ? On l'ignorait dans son quartier; tous les clients de la maison Mathias et compagnie ne le connaissaient et ne l'avaient jamais connu que juif de profession, prêieur sur gages, usurier, spéculateur, habile homme, vampire, rapace, avare à faire fréniir.

La tradition Mathias et compagnie se perdait dans la nuit des âges. Derrière la rue Meslay, dans un carrefour peu fréquenté du quartier S inl-Martin, il existait de temps

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immcmorial uno petite maison de sombre apparence, adossée à un étroit jardinet et occupée par le juif Mathias. — Les vieillards les plus vieux tenaient de leurs grand-pères, quelemême commerce s'était toujours exercé dans cette même maison.

Mailîias ne mourait pas, ou du moins on pouvait dire de lui comme du roi de France : — « Mathias est mort, vive Mathias. «

Mathias, premier du nom, fut-il contemporain de Chaj lemagne ou de Hugues-Capel, de Saint-Louis ou seulementde Louis XY?... Quoi qu'il en soit Mathias I«' fut certainemen t uq habile fondateur; notre Mathias actuel — • digne successeur du grand homme, avait perfectionné Touvragc de ses prédécesseurs ; il ne spéculait plus seulement sur la valeur

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malérielle , il spéculait sur la valeur morale (le toutes choses. — Et depuis qu'il avait vieilli dans les tripotages d'argent voici qu'elle était sa profession de foi :

— L'intérêt, l'intérêt, c'est le levier du monde. Ici-bas rien ne se fait que par ou pour un intérêt quelconque... ïnlérêt d'argent, c'est le premier, le plus solide, le seul positivement à mon goût... Intérêt de réputation ou de publicité... j'estime encore assez celui-là dans certaines professions... Iniérèt d'ambition... intérêt de gloire ou d'honneur.

Mathias hochait la tête.

— Intérêt d'amour, de sentiment... intérêt de cœur, autre folie!... Intérêt de haine, de jalousie, de vengeance... faiblesses humaines, grosses sottises!... Mais enfin, concUiaii-il,

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prônons les hommes et les éciis comme ils sonl faits, chacun d'eux a sa valeur...

Celait (le là et de quelcjucs expériences heureuses tentées d'abord sur une prudente échelle qu'il était parti pour fonder le plus étrange et le plus lei-rible genre de spéculation que l'on puisse imaginer.

Pendant la révolution, quand se produisirent des systèmes philosophiques et niol'aux pour créer des sociétés nouvelles ; quand se pi'oduisireni ou plutôt quand se reproduisirent des utopies vieilles comme le monde et que n'ont pu recrépir nos tristes novateurs de 1848, plagiaires de tous les novateurs passés, — Mathias, haussant les épaules, disait entre son coffre-tort, ses casiers et ses a rmoircs remplies de gages de toute espèce :

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— Nous vivons dans un temps bien bizarre, il y a des rêveurs qui prétendent supprimer l'intérêt... Mais ôtezriniérêt,le monde s'arrête, l'humanité s'endorl, et le capital meurt... Il est vrai que d'autres farceurs prétendent supprimer le capital... ô l'admirable facétie!... Vertu bleu! mais n'aurais-je à moi que celte vieille houppelande, je pourrais la vendre, la louer, la débiter en pièces et morceaux, la troquer, la changer; ce serait mon capiiul, n'est-ce pas ? et si je m'y prenais adroitement j'en tirerais un intérêt!...

Maihias était un cruel logicien et ne posait que des règles sans exception :

— Tout est capital , reprenait-il avec une sorte d'emportement tant il était convaincu ; tout, l'objet matériel, le corps, ràme,jns-

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qu'aux goûts, jusqu*auxsentimenls, jusqu'aux passions, et je le prouve en tirant de tout cela de beaux et bons intérêts comptants. — Vices ou vertus , espérances ou désespoirs , bonheurs ou malheurs, hasards même, tout a une valeur commerciale, tout peut s'escompter, se payer, se mettre en gage ou être matière à spéculation, tout peut rapporter intéiêt, tout est capital; oui, tout, tout , absoliunenl tout! L'honneur d'un soldat, capital! l'amour d'une mère, capital! la jalousie d'un mari, capital ! la vertu d'une fiancée, capital ! le goût des fleurs, des médailles, des parchemins ou des bouchons, capital ! l'amourpropre d'auteur , le talent d'artiste, les caprices d'une coquette, les rancunes d'une vieille fille, capital! capital! capital! Cette ar-

moire d'un côté, ce coffre-fori de rautie contiennent des preuves visibles et palpables de ce que j'avance !...

Un jour qu'il se livrait à ce grand monologue, dont il avait l'ait la base de sa conduite et de ses opérations principales , il entendit la voix argentine d'uiie jeune fdle qui passait insoucieuse en chantant :

Si le roi m'avait duiiiié

Paris sa grnud'vliie.

Et qu'il me Tallûl quitter

L'amour de ma mie, Je dirais au roi Henri :

Reprenez votre Paris,

J'aime oueux ma mie, Ogayl

J'aime mieux ma mie !...

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— Eh bien ! poursuivit Maihias sans en^ déoioidre , ce couplet prouve encore ce que je dis. Paris est une belle propriété, n'est-ce pas ? eh bi-n, pour l'amoureux de la chanson, l'amour de ma mie est un capital plus gros que Paris, préférable à Paris, il l'aime mieux que Paris!... Et ce que dit la chanson est inconiesiable. Molière a bien raison : < La passion parle là toute pure. » On pourrait spéculer sans ciainies sur un amour comme celui -là ! c'est évident ! Eh I mon Dieu ! combien n'ai-je point vu de gens manquer leur fortune ou la dissiper pour l'amour d'une femme, pour mille fois moins que de l'amour, pour un caprice, pour un goût, pour unefantaisie ; pour une idée creuse!... Il y a tel moment où une idée creuse vaut un million!... Sans

contredit, sans contredit!... si l'ide'e creuse est celle d'un monomane millionnaire!...

N*ai-je point là sous enveloppe et scellé de trois cachets, le mémoire d'un inventeur qui prétend avoir trouvé le secret de fabriquer des poutres, des mâts, des charpentes avec de la sciure de bois? J'entends d'ici mes vulgaires confrères se mettre à rire aux éclats : « — Et vous lui auriez prêté quelque chose?» — Oui, mes bons messieurs, oui, je lui ai prêté ceni écus!... cent écus sur le dépôt de son mémoire et un traité me constituant la propriété de la moitié de l'invention ; et je soutiens qu'il me rachètera chèrement le mémoire comme le traité, parce que sa prétendue invention est son idée fixe, sa marotte, sa passion à lui!... — Mais, me direz-

Vous, il peut moui'ir, il peut devenir tout h fait fou, il peut se guérir de sa folie !... — Eh bien! en ces cas-là j je perds cent écus. N'est pas marchand qui toujours gagne. Oh! je ne ferais pas les frais d'une expérience d'inventeur, je prêle à l'inventeur, pour qu'il ne meure pas de faim!.. Je n'aurais pas équipé les vaisseaux de Christophe Colomb , je lui îiurais prêté à la petite semaine, avec hypothèques sur ses futures découvertes... El j'y aurais gagné plus que le roi d'Espagne.

Mathias avait agrandi la sphère du prêt sur gages; Mathias était un usurier philosophe et peut-êire cette épithète serait-elle plus exacte que celle de sentimenlal, qui donne

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lieu à un horrible quiproquo , si ce n'esl point une conlre-vérilé.

Nul, dans le sens ordinaire du mot, n'ctaît moins sentimental que Mathias; il ne s'attendrissait pas, il calculait. Les contes les plus touchants ne ramollissaient pas une fibre de son coriace individu. Sa défiance était excessive , il ne livrait lien au hasard ; mais une fois certain de la réalité d'une passion quelconque, de sa puissance et de sa ténacité, qu'il calculait avec un soin minutieux, eh bien, celte passion devenait lin capital à exploiter.

Il se connaissait admirablement en sentiments généreux, il se connaissait admirablement en vices cl «n turpitudes, et comme

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nous l'apprend son monologue fondamenlal, il lirait parti de tout.

Heraclite pleurait, Démocriie riaii des matières sur lesquelles Maihias spéculait constamment.

Enfin, si nous nous en rapportons à la définition du mol sentùnental, telle que la donne le dictionnaire; si cet adjectif signifie : — « qui a le sentiment pour principe ou pour objet » — l'épiihèleqne nous donnons à notre usurier devient exacte. 11 faisait de l'usure qui avait le sentiment pour principe^ il était usurier sentimental.

D'abord, il ne se risqua que timidement dans sa voie nouvelle ; il doutait de sa découverte; il alla fort doucement; mais des bagatelles lui ayant fait gagner des sommes

folles, il en vint jusqu'à risquer des sommes véiitablcs sur des bagatelle?, comme on aura lieu de le voir par la suite de son histoire.

Nous avons dit plus haut un mol du mariage de Maihias ; il épousa une jeune femme qui lui apporta une fortune suffisante pour vivre dans l'aisance. Il la contraignit à devenir complice de ses cruelles spéculations; Anastasie, indignée, vécut en martyre ; un fds, né de cette union, déserta de bonne heure la maison paternelle, et cela, à l'instigation de la pauvre femme, qui mourut peu

d'années après, c'est à dire vers l'époque à

laquelle nous sommes arrivés.

Mathias fds couraiî le monde. Tenait-il de

son père, avare et rapace , ses instincts jusli-

SENTnii:iNTAL. 1U3

fîani Tadago : Tel père, tel fils? Avait-il les goûts opposes, de manière à justifier le proverbe contradictoire : Père avare, fds prodigue ? Enfin, devait-il à sa mère un cœur compatissant et généreux? - C'est encore là un des points obscurs que nous nous réservons d'éclaircir.

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