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CHAPITRE VI

La petite pièce blanche.

En reconnaissant dans sa visiicuse inaitendue Lucie Fouiner, ses premières amours. Octave se pi il à trembler.

Etait-ce une espérance? é(nit-ce un dernier malheur?

La jeune veuve, rouge de pudeur, crui deviner la cause de l'embarras d'Octave ; pour . entrer en matière, elle lui présenta la lettre pseudonyme du juif Maihias.

Octave la lut en frémissant, la signature lui était inconnue; mais il pénétra le dessein de Lucie, et fut sur le point de se trouver mal.

Lucie attribuait son émotion à l'excès du bonheur; elle ne soupçonnait rien de l'affreux combat qu'il soutenait avec luimême.

— Trop lard ! madame, trop tard ! murmura-t-il enfin avec effort.

Lucie pâlit à son tour.

— Trop lard! lorsque vous êtes malheu-

reux!... s'écria- t-elle; trop tard, lorsque j'accours pour vous délivrer !... mais, sur la foi de celte lettre, je croyais, moi...

— J'ignore qui vous a écrit.

-- Un de vos amis, sans doute.

— Je n*ai plus d*amis... murmura Octave.

— Vous m'oubliez, dit Lucie avec chaleur. Tout ce qui est à moi vous appariieni. Votre nom, le nom de votre père ont été flétris par une double faillite... mais je suis riche, et le nom que vous me donnerez. Octave, sera pur de toute souillure...

Le prisonnier garda le silence. Il se souvenait des derniers sacrifices de Rose,

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— Me fei'iez-vous un crime, mon ami, reprit la jeune veuve d'un ton plein de tendresse, d'avoir obéi aux volontés de ma mère? Elle était sans fortune, elle a voulu assurer mon avenir, mon avenir qui sera le vôtre, Octave, si vous y consentez. Voire père, dont la ruine a causé votre position actuelle, vous refusait son consentement. Ma mère m'eût également refusé le sien. Que vouliez-vous que fît une pauvre jeune fille ignorante? Octave, je reviens à vou?, avec toute ma pureté virginale, avec tout mon amour... Les obstacles sont tombés. Avezvous donc perdu mémoire de nos heureux jours.

— Lucie, je ne vous reproche rien depuis que j'ai fait la cruelle expérience d'une vie de

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douleurs ; Lucie, je vous crois ; je vous suis lecon naissant.

— Mais vous hésiiez !... vous me repoussez!

Octave baissa les yeux.

— Vous brisez ma seule espérance, conr linua la jeune veuve ; car je vous aime, Oclave, et je le dis loul baul, sans bonîe... Je vous aime plus que jamais. Moi aussi, mainlenanl, je connais la vie; j'ai pu comparer vos sentiments désintéressés à ceux de cette meule avide de prétendants qui m'obsèdent, et contre lesquels je viens implorer votre protection.

— Madame, je vous en conjure, laissezmoi à mes rcgrels, à mon désespoir.

— Octave, je ne vous comprends pas! La

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