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CHAPITRE IV

Le Médaillon.

Non, mesdemoiselles les pensionnaires des Colombelles n'avaient pas tort quand elles unissaient le nom d'Henriette Mathias à celui du jeune Gaston Bertaut, frère de Blanche. Et si nous voulions absolument justifier ces

intelligentes jeunes filles, nous serions entraîné à refaire le charmant chapitre des premières amours au point de vue des pensionnats. Nous dirions, par exemple, comment Gaston vil Henriette au parloir, un jour que Blanche présenta son amie intime à madame la comtesse d'Orbigny, sa protectrice, et nous ajouterions que la première impression fut aussi favorable d'une part que de l'autre.

Gaston était alors un simple rhétoricion, mais il venait d*ètre couronné pour un discours latin ou pour une version grecque, et ces succès l'enhardirent au point qu'il se permit d'embrasser, dans le parloir même, la chère compagne de sa sœur.

Pourquoi ne l'aurait-il pas embrassée ?

Ne permettait-on point à Adolphe Marcellot

senti«i:ntal. ,i5i

d*embrasser Blanche lorsqu'elle venait par hasard le voir lui-même au parloir du colle'ge Louis-le-Grand !

Petit amour deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie. Adolphe était le confident obligé de Gaston, comme Henriette la confidente nécessaire de Blanche.

Mais uoiie chapitre des premières amours se multiplierait par lui-même, et nous nous sommes juré de ne point nous répéter ici.

Adolphe Marcellot, après sa sortie du collège, fut un heureux de ce bas monde ; il avait deux familles où il était adoré, un ami qui Taimait fraternellemeni, un amour que ne contrariait aucun obstacle. — Blanche avait été son amie d'enfance chez le commandant Typhon ; il retrouvait Blanche chez la

comtesse d'Orbigny, qui recevait souvent monsieur et madame Marcellot, c'est-à-dire Octave et Lucie.

Gaston était beaucoup moins favorisé ; il n'avait ni fortune, ni avenir, ei, depuis qu'Henriette était sorlie du couvent, il ne la rencontrait nulle part. ^

On ne pouvait entrer en relations avec un homme tel eue Mathias; Blanche res:rellait bien tout bas son amie intime des Colombelles , mais elle ne pouvait que fort peu de chose. Une correspondance languissante existait bien entre les deux jeunes filles, mois rien ne remplaçait pour Gaston les délicieuses causeries du parloir des Golombelies.

Si Toinon la Bretonne ne s'en était mêlée, l'on ne saurait trop dire ce que fut devenu

pour Henriette le gracieux chapitre des premières amours.

Par bonheur, Gaston avait eu le don de plaire à Toinon la Bretonne qui encourageait sa jeune maîtresse dont elle était maintenant Tunique confidente.

Blâmera Toinon qui voudra, car le motif qui la dirigeait était excellente ; elle voulait arracher Henriette de l'horrible séjour où le son la condamnait à vivre; elle avait pris de minutieux renseignements sur Gaston Bertaut et s'était mis dans la tête qu'elle ferait le mariage des deux amoureux.

Or, dans l'esprit de l'estimable duègne le momeht était arrivé d'agir avec énergie :

— On sait ce qu'on sait!.., se disait-elle. Je parlerai à madame la comtesse, moi, à

mademoiselle Blanche, à M. Gaston, à son père, et je ferai tant que je délivrerai ma fille de tous les Mathias du monde. J'ai longtemps attendu mon pauvre frère; il ne revientpas !.. Tant pis! je me passerai de lui maintenant.

Il est temps de dire ici que Toinon la Bretonne était sœur d'un hardi matelot, le type du genre, intrépide aventurier qui répondait au nom euphonique d'Hilarion Cornillardet, Toinon, depuis plus do huit ans, n'avait plus entendu parler du vaillant marin ; elle désespérait de le revoir, et c'était à ses yeux une raison de plus pour donner un époux à Henriette.

Comment se liaient entrelles ces idées diverses? —Nous n'avons présentement d'au-

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tre dessein que de démontrer la pureté des intentions delà servante bretonne.

Henriette épouvantée se laissait baiser les mains avec bonheur :

— Gaston, mon ami, que faites-vous?

quelle imprudence! s*écriait-elle. Ohl fuyez... fuyez!... si mon frère vous apercevait, je serais perdue!...

— Henriette, disait Gaston, je voulais vous voir, vous parler ! Ne faut-il pas que je vous dise combien mon cœur est plein de votre image ! Ma sœur Blanche et mon ami Adolphe sont heureux! ils se voient tous les jours, ils se parlent sans obstacles, mais nous !...

— Doucement! doucement interrompit Toinon, je ne vous ai pas fait entrer pour vous laisser perdre votre temps en propos

d'amoureux!... Il faut, monsieur Gaston, revenir ici par la grande porte...

— Me déclarer à M. Mathias, j'y suis prêt, j'y suis décidé! s'écria Gaston.

— Mais M. votre père, dit Henriette, mais mon frère... oh! prenons garde!...

— Ecoutez-moi donc! interrompit Toi-»non avec autorité ; il faut vous présenter ici comme un emprunteur, apporter un gage, entamer une affaire et vous ménager un prétexte pour revenir souvent...

— Ah ! si j'avais sur moi un bijou à offrir.

Henriette tremblante détacha de son cou un médaillon et consulta Toinon du regard.

— Bien ! très bien ! dit la servante, faites

estimer ce bijou, causez un peu avec noire maître, cl finissez par refuser tout arrangement.

— Cesl le seul souvenir qiû me vienne de ma mère, reprii Henriette ; Toinon me Ta remis en secret ; et mon frère ne le connaît pas.

— Je suis positivement sûre qu'il no peut le connaître; ajouta Toinon.

— Mon Dieu ! murmura Henriette, n'estce point une profanation, n'est-ce pas un crime que de me séparer d'une relique si chère?...

— Quoi ! vous hésitez ! dit Gaston, je donnerais ma vie pour vous conserver ce précieux bijou que vous aller ravoir.

La voix do Mathias se fit entendre ; Hen-

riette défaillante abandonna le médaillon et se laissa tomber sur un banc de verdure ; Gaston prit la fuite.

— Qui donc était là? demanda sévèrement le maître de la maison,

— Monsieur, répondit Toinon la Bretonne, c'était un jeune homme qui frappait comme un sourd à la porte du jardin; je lui ai ouvert pour le renvoyer à l'autre porte...

Mathias ne fut pas dupe de cette réponse ; la pâleur extrême d'Henriette ne lui échappa point non plus, mais ses préoccupations personnelles Tempêchèrent d'abord d'attacher à ces remarques toute Tiinportance qu'elles méritaient.

Toinon cependant s'était empressée d'ouvrir à Gaston et s'approchant de Mathias :

— Monsieur, lui dil-elle à demi-voix, ce jeune homme est justement le fils de M. le lieutenant Berlaut qui est venu ce malin...

Gaston entra sur ces mots.

Mathias lui adressa quelques questions préalables ; il observait tour à tour la téméraire Toinon, Henriette dont le trouble ne cessait de s'accroître et Gaston lui-même qui, malgré sa hardiesse juvénile, ne laissait pas que d'otre passablement embarrassé de son rôle :

— Vous n'avez point d^avenir, monsieur^ me dites-vous, mais êtes- vous sans profession, sans carrière?..,

— J'occupais hier encore un emploi administratif que je viens de perdre.

— Ah! et après?

— Eh bien, monsieur Mathias, je suis ambitieux....

Une rougeur soudaine colora les joues d'Henriette.

— lisse connaissent!... ils s'aiment peutêtre, pensa Maihias qui examina Gaston avec un plus grand inlérêi. — A votre âge, de l'ambition !... re'pondit-il, je croirais plutôt a un autre mobile, jeune homme; mais vous m'apporiez un bijou, ce me semble ?

— L'on m'a affirme', monsieur, répontlîl Gaston, que fort de votre profonde connaissance du cœur humain, vous prêtiez quelquefois des sommes considérab les sur de faibles gages... lorque le déposant y altachaïc une grande valeur.

— Quelquefois, cela est vrai, monsieur;

toutefois je n'agis jamais à la légère. Je veux connaître, et Torigine du gage, et les motifs (le la personne qui le dépose; je veux des attestations, des renseignements, des preuves. Je serais tous les jours dupe d'adroits larrons, si je me laissais prendre aux romans qu'on me débile. Il en est, monsieur, de fort touchants qui ne m'atiendrissent guère, et votre ambition

— Mais mon ambition, c'est de l'amour !.. s'écria Gaston.

— Ah ! ah ! fil Mathins qui observait la conlenance d'Henriette, ceci est fort différent.

Là-dessus, il invita son jeune client à le

suivre dans le cabinet d'affaires où, quelques Il 11

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miniues auparavant, il compulsait encore le dossier du lieutenant Berta ut.

Sans contredit, Gaston n'eût pas été reçu, si Mathias n'avait eu l'esprit agité par les découvertes qu'il venait de faire; mais Toinon, d'un seul mot, avait surexcité au plus haut degré l'inlcrêt de l'usurier sentimental. Enfin, sur de légers indices, il soupçonnait déjà qu'Henriette elle-même devait être l'objet de Famour de Gaston.

Les deux affaiies se liaient donc entre elles et devenaient ainsi de plus en plus sérieuses.

Cependant Henriette, restée au jardin, demandait à Toinon quel était son but? Elle lui reprochait d'avoir étourdiment introduit

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Gaston, elle craignait ics résultais d'une enlievue si brusquement improvisée :

— Allons ! allons ! ne nous mon tons pas la tête, dit la Bretonne. îl ne peut rien arriver de plus heureux ! je vous en réponds.

— Pourquoi ?... comment ?.,. explique^ toi?

— Vous savez, mademoiselle Henriette, que je vous liens lieu de mère depuis votre première enfance!... J'ai mon idée, comme disait mon pauvre frère Hilarion, j*ai mon idée que vous connaîtrez bientôt. Vous ne douiez pas de mon attachement, n'esl-il pas vrai ?

— Non ! iYîon excellente Toinon, je n'en doute pas ; mais peut-être ton idée n'est-elle pas bonne ?

— N'ayez pas peur ! je ne commellrai pas de maladresses !... Si vous saviez tout ce que je sais, moi !...

— Que sais-tu donc, et que veux-tu dire?

— Je m'entends ! répondit Toinon avec mystère; dès aujourd'hui, car il en est temps, je vous apprendrai des secrets qui vous intéressent beaucoup...

— Tu m'intrigues avec tes grands airs de confidence... Mais, je n'ai pas même le sangfroid nécessaire pour l'entendre. La présence de Gaston me bouleverse.

— Eh bien ! allez prudemment voir ce qui se passe dans le bureau de monsieur, et si vous avez besoin de moi, revenez me chercher.

Pendant cette rapide conversation, Mathins

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avait inlerrogé Gaston sur sa famille ; il avait obtenu de son jeune visiteur plusieurs renseignements utiles. Gaston lui répéta que Blanche, élevée aux Colombelles, y était Tamie intime d'Henriette. — A ces mots, ne doutant plus de Tamour de Gaston pour sa sœur, Mathias s'expliqua d'autant mieux le vif intérêt qu'elle avait témoigné pour le vétéran en retraite.

— Ils s'aiment, c'est évident !... ils se seront vus au parloir ou ailleurs, et je parierais que Toinon favorise leur inclination mutuelle !...

Malgré ces réflexions, Mathias ne laissa percer aucun mécontentement.

— Revenons au fait, dit-il; vous êtes donc amoureux?

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— Oui, monsieur Maihias, mais je suis sans foriune, sans position, sans avenir, et je désespère du bonheur !...

— La personne que vous aimez est donc T'iebe ?

— Je l'ignore.

— Ab! vous l'ignorez !... c'est bizarre. Quoi ! Vous ne savez quel train mènent ses parents, quel état ils font dans le monde?

— Je ne sais rien de tout cela ! Mais, qu'elle soit ricbe ou pauvre, je l'aime !

— Et vous voudriez faire fortune rapidement pour vous présenter ensuite à sa famille avec quelques chances de succès?

— C'est bien cola, monsieur Maihias.

— Enfin, si je ne me trompe, vous venez m'offrir un bijou qui vous est cher, afin qu'en

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échange je vous avance los capitaux nécessaires pour tenter la fortune....

— Vous dites cela mieux que je ne l'eusse dit moi-mênrie, répondit Gaston dont le ihèrno devenait facile.

— Eh bien! montrez-moi le gage! répliqua Mathias.

Au moment où Gaston présentait en tremblant le médaillon d'Henriette, Henriette se glissait sans bruit dans le cabinet. Mathias n'eut garde de remarquer sa présence; à peine avait-il abaissé les yeux sur le médaillon qu'il tressaillit; il paraissait le reconnaître. Il l'ouvrit ; son émotion redoubla quand il aperçut le chiffre et les armoiries qui s'y trouvaient gravés.

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— Ciel ! il connaît ce bijou ! dit Gaston à Henriette.

— Toinon assure que c'est impossible, répondit la jeune fille; en tous cas, ne le cédez à aucun prix!...

— Il y a quinze ans et plus que je n'ai vu ce médaillon!.., se disait Mathias avec une émotion étrange qu'il ne parvenait point h maîtriser. Ces armoiries, ce ciûffre ne me laissent aucun doute!... Par quel miracle me Tapporte-t-on aujourd'hui, à moi, ici ?....

Des larmes roulaient dans ses yeux ; son sang bouillait dans ses veines.

— A tout prix, je veux, je dois pénétrer ce secret.

Henriette et Gaston, étaient fort inquiets tous deux.

' Maihias se retourna brusquement ; la joiinc fille eut peur d'être aperçue, réprinaandéc ei renvoyée avec rudesse ; il ne prit pas mêncio garde à elle :

— Monsieur Gaston Bertaui, s'écria-t-il, de qui vous vient ce bijou?

— D'une femme que je chéris, d'ime bienfaitrice que j'adore! répondit le jeune homme en jetant un regard brûlant à Henriette, fort mal cachée par la grande armoire.

— Son nom ? reprit Mathias.

— Je ne saurais le dire ; mais je tiens à ce précieux souvenir comme à la vie, et, si je venais à le perdre, il n'est point de sacrifices dont je. ne me sentisse capable pour le reconquérir.

Ceci était encore adressé à Henriette.

iV x'UiiJiimi;

Walhm<5, bien t*(>olI«n)eii t, ^i. ùlu laii cî^pabl

d'uiHi iJiuuAUi*^ iXîi'uuiie par (jueiiei>eiii du cuii<;^^vaLl4^circotiî3tatJces luin^daillQBse iro nvaH 4iuî^ tiiaiûfc; dç Uaytuu et iui était pré-

liuii luiie siiigulière eut lieu aloi's eDli*e le 'uriif^uf l'ésolii è ne rien emjjruui^i- ^i i'u*>unei déiej'iiiiué à prélej' lelle hotnwi^ (jue le elieut exig^raiL

(|£i$tc>u reluisait le tiecj'ei, réclamait le mé- 4^i^u ^ voulait se retirer ; Mathias ne reiîdiitpi^ lemédailioxi et insisiait sur tous les U)m pour sVtt faire conier Thistoire.

— ' Voire secrei mourrait dans mon cœur, 4iiiii«ilf j<a c>iii> uu tombeau; je vous accorderais de$ sommes considérables, je ferais

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Le secret que vous me demandez ne m'appartient pas !...

— Je suis discret comme un confesseur, reprit Tusurier, parlez sans crainle; vous êtes un homme d'honneur, vous êles le fils du brave lieutenant Bertaut, votre nom seul suffirait à m'inspirer une entière confiiince, lors même que votre loyauté ne serait point peinte, comme elle Test, sur votre physiono* mie franche et ouverte. Je vous offre vingt mille francs 'et mes conseils pour arrivera la fortune.

— Si vous me croyez homme d'honneur, répondit l'inflexible Gaston, ne me demandez pas de commettre une indiscrétion coupable!..,

— Eh bien ! je renonce à savoir et j'ac-

ceptc lo dépôt ! dit Mathias qui voulait au moins conserver le gage auquel devait êlre attaché le secret dont on le voit si désireux.

Gaston pris au piège, pâlit alors ; au risque de s'attirer la colèie do Tusurier :

— Pardonnez-moi, di(-il avec fermeto, pardonnez-moi, je vous en supplie, une démarc'nc fâcheuse et impoï'tune. J'ai commis la faute de vous déranger pour rien; car, réflexions faites, je renonce h tous mes projets... Veuillez donc, je vous en prie, me rendre le bijou.

Mathias recula en fermant la main. Mathias

fut sur le point de s'emporter comme Gaston

- le craignait, mais se maîtrisant par un ef-*

fort de volonté, il reprit, le sourire aux lèvres :

— Pas de coup de lêie, jeune homme!..... Doucement !... les affaires ne se font pas en Tair comme cela. Je m'intéresse à vous... je tiens à vous être utile !...

— Vous êtes mille fois trop bon ! murmura Gaston déconcerté.

Il ne désirait plus que reprendre le médaillon pour le restituer à Henriette, et maudissait tout bas sa fausse position. Quant à Maibias, il était déterminé à ne pas rendre le bijou, afin d'arriver tôt ou tard à connaître la vérité :

— Trente mille francs comptant ! s'ccrial-il, et au simple intérêt légal.

— Impossible, impossible, monsieur Ma-

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ihlas; je me repens de vous avoir offert celte relique sacrée.

— Elle ne risque rien chez moi ; tenez, je vous offre quarante mille francs. Guidé par moi, vous triplerez celle somme en moins de quatre ou cinq ans.

Malhias proposa jusqu'à cinquante mille francs; Gaston fut inflexible.

— Mais eiiOn, monsieur, pourquoi être venu me proposer ce médaillon et refuser mainienanl des offres magnifiques?

— Je vous Tai dit, j'ai eu tort. Je ne devais pas, je ne pouvais pas, en honneur et conscience, vous laisser un tel gage...

— Il est à vous, pourtant? dit Malhias d'un ton sévère.

— Sans doute ! murmura Gaston en rou-

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gissani; mais à mon tour je vous demanderai volontiers, monsieur Mathias, pourquoi me faites-vous des offres semblables sur le simple dépôt d'un bijou qui ne vaut pas un louis?

Maihias impatienté ne rendait pas le médaillon.

Gaston ne savait plus que devenir. Il se dit pressé ; Mathias fit la sourde oreille :

— Vous renoncez donc à tout espoir de

fortune, à voire amour, à votre bonheur?

reprit-il amèrement; vous renoncez à mes conseils, à ma bienveillance, à ma cordiale bonne volonté?...

— Non, monsieur Mathias, non ! Seulement je ne puis vous laisser ce médaillon ; je re-

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viendrai sous peu de jours vous offrir un autre gage...

— Oh ! oh ! fit Mathias, il n'y a entre nous d'affaires possibles que sur ce bijou, entendons-nous bien ! et je vous invite à ne point reparaître dans cette maison pour me parler d'autre chose!...

Henriette et Toinon étaient maintenant aux écoutes :

— Je ne sais, mademoiselle, ce que ce médaillon lui a fait, disait la Bretonne ; mais je jurerais mes grands dieux qu'il ne le connaît pas et ne peut le connaître.

— S'il m'avait vu le remettre à Gaston ?...

— Au fait! ceci pourrait bien être! Pour

lors, tant pis ! M. Gaston dirca qu'il vous aime Il U

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