‹ L'usurier sentimental (volume 3)Chapitre 15 sur 21 · II · texte numérisé non relu

II

— 0 mon Dieu !... s'écria Toinon charmée. Quelle découverte !... Ne pleurez pas, mademoiselle, ne pleurez pas !

— Une petite fille, nommée Julie, fut le fruit de leur union, poursuivit Henriette, à qui Gaston, pendant le déjeuner, avait appris tout ce qu'elle ignorait encore ; mais, à ce qu'il paraît, le Caraïbe fit naufrage ; le père, la mère, l'enfant, ont péri tous les trois!... on le suppose du moins car rien n'est plus vraisemblable! Seul, le lieutenant Bertaut n'a

pas perdu loule espérance.

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Toinon souriait :

— Il n'a pas si grand tort! pensait-elle, mais à présent laissons Henriette dans son erreur, puisque Hilarion me l'a ordonné.

— Quant à madame d'Orbigny, ajouta la jeune fille, elle n espère plus et depuis bien longtemps..,

— Madame d'Orbigny! répéta Toinon, quels intérêts a-l-elle donc dans celte histoire ?

— Ne sais-tu donc poirit qu'elle est Hélène de Norlof, la sœur de madame Dutertre?

— Oh !... que ne Tai-jc su plus tôt ! s'écria Toinon.

— Pourquoi ?

— Silence! dit la Bretojme avec trouble.

De l'autre côté du cabinet, tout près de la 1 orte qui cachait Serpenlard à tous les yeux, une conversation exactement semblable avait

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lieu entre Maihîas fils el le lieutenant Berlaut.

Les înte'i'êts d'argent ayant été réglés, toutes les pièces relatives au dépôt de 1 epée et de la croix d'honneur furent rendues à rofTicier, • sur sa demande.

— Voici donc une affaire terminée, dit-il en s'asseyant ; mais n'oubliez cependant pas la note l'clalive aux recherches. — Vous êtes un habile homme, monsieur Maihias; rappe- 'lez-vous donc que vous pourriez espérer des sommes immenses, si jamais vous retrouviez des traces certaines de l'existence d'Elisabeth de Norlof, de sa fille Julie ou même du capitaine Dutortre. On ne reculerait devant aucun sacrifice; exigcriez-vous trois cent,

quatre cent, cinq cent mille francs, vous les recevriez!...

— Monsieur dit Mathias, il y a déjà seize ans qu'on est sans nouvelles, et après les recherches que vous avez déjà faites...

— Monsieur!... en fait de naufrages, il ne faut jamais désespérer absolument, répondit Bertaut. Les révoltés du Bounty établis sur nie Pitcairn, ne sont-ils pas restés séparés du reste du monde pendant une trentaine d'années? N'est-ce pas plus de quarante ans après le naufrage de Lapérouse qu'on a su d'une manière certaine qu'il s'était perdu sur l'île Vanikoro ?... Moi-même, je n'ai eu connaissance du naufrage du Caraïbe que plus de cinq ans après avoir commencé à m'enquérir de son sort.

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