III
bigny s'arrêta devant la petite maison de l'usurier sentimental.
— Monsieur! me voici!... mais!.*, on sonne!... dit la servante entrouvrant la porte.
— Je voudrais n'y être pour personne; allez voir pourtant qui nous arrive, répondit Malhias ; et avant tout , prévenez mademoiselle Henriette que je l'attends!...
— Bon! encore une scène! pensa la fidèle Bretonne. Par bonheur, je suis là, moi; j'écouterai, J3 saurai... De toute manière, il faut en finir aujourd'hui.
Henriette, abattue, languissante, les yeux encore baignés de larmes, et se demandant avec douleur si Gaston pouvait l'aimer après les cruelles suppositions de son père, Henriette se rendit au salon.
— Me croirait-il complice de je ne sais quelle odieuse spéculation, pensait-elle; partagerait-il les soupçons de M, le lieutenant Bertaut?... A cette seule pensée, mon sang bout dans mes veines; si Gaston avait douté de moi, ne fut-ce qu'un instant, non! je ne l'aimerais plus!... je le haïrais!.., et pourtant, ô mon Dieu ! je voudrais me justifier au grand joui*, moi! je voudrais lui dire la vérité, toute la vérité!... Mais ne la sait-il pas? que lui dirais-je qu'il n'ait entendu de ma bouche aujourd'hui même?
ÎMaihias admirait en silence la triste jeune fille qui s'avançait :
— Qu'elle est belle! quel noble cœur!... Oh! je l'aime, je l'aime, et si elle ne me dé-
daigne pas, je serai le plus heureux des hommes!...
Toinon revint en disant :
— C'est madame la comtesse d'Orbigny avec mademoiselle Blanche Bertaut.
— La comtesse d'Orbigny? faites entrer!
dit Malhias.
— Blanche!... ô ciel! s'écria Henriette. — Eh bien ! tant mieux!... poursuivit-elle avec une pénible fermeté.
Puis, une exclamation d'étonnement s'échappa en même temps de ses lèvres et de celles de Toinon.
Un changement complet s'était opéré dans la personne de Mathias.
I! était rajeuni de quinze ans; — des cheveux noirs et lustrés couronnaient son front
d'où avaient disparu toutes les traces d'une vieillesse prématurée; une harmonie inconnue régnait sur ses traits sévères et d'une distinction remarquable. Il se tenait droit sans raideur; il semblait fort et même assez jeune, un costume d'une élégance convenable faisant valoir les avantages de sa taille.
— Il les attendait! dit encore Henriette.
— Diable! diable! murmura Toinon en se cachant dans l'embrasure de la fenêtre; que signifie ceci?... c'est curieux! Serpentard aurait-il eu déjà le temps de faire des siennes? En tous cas, je me tiens prêle à jeter dehors le coin du rideau.
La comtesse d'Orbigny et Blanche entraient dans le salon de l'usurier sentimental.
Matbias s'inclina profondément avec une grâce parfaite.
Blanche, presqu'aussitôt, courut à son amie; mais Henriette, loin de lui ouvrir les bras, reculait avec une dignité farouche» Blanche déconcertée, s'arrêta :
— * Eh quoi!... dit-elle, avec quelle froideur?...
— Pardon, mademoiselle!... pardon, murmura Henriette d'un ion glacial.
— Mademoiselle]... répéia Blanche attristée, que t'ai-je donc fait pour que tu ne m'aimes plus?...
— Vous, rien!... dit Henriette en retenant ses larmes; mais eux!... Vous n'avez donc vu, depuis ce matin, ni monsieur votre père, ni monsieur votre frère Gaston ?...
SENTIMENTAL. Bfl
— Non!... et ton langage est une énigme. Tu es injuste envers moi; tu m'accueilles avec une froideur qui m'afflige ; mais tu as un gros chagrin, lu as pleuré?.,.
— D'indignation et de colère! dit Henriette avec énergie.
— Tu as pleuré, mon amie, répéla Blanche en lui prenant la main; quelle que soit la cause de tes larmes, la douleur me désole... Parle! mon frère est bon, il t'aime!... Mon père est trop méticuleux et trop fier par fois9 mais c'est l'âme la plus loyale qui soit au monde!... Moi, enfin, moi, Blanche, ta compagne, ta sœur; moi, qui entrais ici toute joyeuse... en quoi ai-je mérité de perdre ta précieuse amitié?...
Henriette, touchée de ces paroles, resta
40 L'USUUIER
pensive un instant, mais bientôt retirant la main, elle répondit avec dignité, sinon sans efforts :
— La fille et la sœur de misérables prêteurs sur gages, de vils usuriers — tels sont les termes dont monsieur votre père s'est servi — Henriette Mathias ne saurait être votre amie!... Oh! j'ai cruellement appris depuis quelques heures, qu'il ne suffît pas d'avoir le cœur bien placé!... Je ne sais ce que Gaston pense de moi!... peut-être me croit-il usurière, moi aussi!... mais M. Bertaut, pour prix d'une tentative au moins digne d'éloges, ne nous a laissé que des insultes outrageantes.
— Ciel!... murmura Blanche effrayée, Gaston et mon père se sont rencontrés ici
aujoud'hui même? ô Henriette, de grâce, explique-toi sans colère, raconte-moi tout ce qui s'est passé...
Tandis que cette petite scène avait lieu entre les deux jeunes filles, Mathias qui les observait à la dérobée avait avancé un siège. La comtesse fît d'abord quelques difficultés.
— Vous connaissez déjà, dit-elle, les motifs de notre visite.
— Oui, madame; ma bonne Toinon m'a transmis votre message. Une quête, un placement de billets de loierie, et enfin, des gages que vous viendriez réclamer; tout cela exige un certain temps; prenez donc, de grâce, la peine de vous asseoir... Enfin, madame, outre les divers motifs qui vous amènent, il en es*
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d'autres qui m'obligeront à vous demander quelques instants d'audience...
— A moi?...
— Oui, madame la comtesse, car vous n'avez encore pu recevoir la lettre que je viens d'avoir l'honneur de vous écrire...
— A moi, monsieur?... à moi?..,
— Mais, remettons, l'affaire dont vous entretenait cette lettre. Je dois d'abord vous
écouter, madame, et m'eslimer heureux, si en quelque manière, je me montre digne de recevoir votre visite.
La comtesse s'assit enfin, la conversation des deux jeunes fdles fut interrompue. Elles durent prendre place, l'une à droite
de su protectrice, l'autre à gauche de Mathias qui reprit à haute voix :
— Nous commencerons, si vous le permettez, madame la comtesse, par votre troisième œuvre de charité. Vous voudriez dégager quelques objets de prix déposés ici du temps de mon père par plusieurs pauvres femmes que vous protégez....
Henriette tremblait convulsivement, elle n'osait lever les veux sur Blanche troublée et fort mal à son aise, car elle n'avait jamais su que vaguement quel commerce faisaient les parents de sa jeune amie.
— Oui, monsieur Mathias, répondait la comtesse en présentant une note assez détaillée des divers gages, et si vous vouliez examiner cette liste...
Malhias prit la liste, dut se rendre dans son cabinet et y compulser divers registres ; mais, grâce à l'exactitude de la note, il rassembla fort vite les objets réclamés.
Cependant la comtesse disait à Blanche:
— Je n'espérais pas rencontrer un homme d'un ton si distingué. Cet usurier, jusqu'ici, a d'excellentes manières...
Quoique ces derniers mots eussent été prononcés fort bas, Henriette les entendit; elle en fut blessée au vif et se leva pour aller pleurer dans un coin reculé du salon :
— Usurier encore ! usurier toujours ! répétait amèrement la noble jeune fille.
— 0 mon Dieu! dit Blanche avec émotion ; elle vous a entendue, elle pleure!
Le premier mouvement de madame d'Orbigny fut d'aller apaiser Henriette ; mais que lui dire ? que rétracter ? de quoi demander pardon ? Il est des excuses maladroites qui renouvellent l'offense, elle se rassit et retint Blanche auprès d'elle.
Toinon, cachée par le rideau de la fenêtre, n'avait pas perdu ces mots :
— Bon! bon!... madame Hélène!... tapez sur l'usurier tant qu'il vous plaira !... Faites pleurer notre chère enfant !... Profitez de votre reste !... Allez donc, allez !... La brave fille du capitaine Dutertre ne tardera pas à être consolée, Dieu merci!... Et vous, madame
sa tante, vous ne serez pas à plaindre, alors L.
Toinon était en outre enchantée d'un retard qui donnait tout le temps à son frère Hilarion de revenir avec les cinq cent mille francs nécessaires.
Mathias, continuant à jouer le rôle de frère aîné, appela bientôt Henriette, qui essuya ses yeux et le rejoignit dans le cabinet :
— Ma sœur, lui dit-il, arrangez ces bijoux dans la cassette que voici; ensuite, rejoignezmoi au salon.
Henriette en exécutant cet ordre se disait avec désespoir :
— 0 mon Dieu ! Il ne manquait à ma honte que le hideux spectacle de son trafic, donné à la protectrice de Gaston et à mon amie
Blanche, sa sœur!... Oh! je voudrais mourir à Tinslant même !
Mathias avait apporté plusieurs volumineux registres qu'il étala sur le piano ; il collationnait leur contenu et celui de plusieurs dossiers avec la note de la comtesse. Au moment où Henriette rentra portant la cassette, il se retourna vers la comtesse d'Orbigny.
— Cette cassette, dit-il, contient tous les gages que vous venez racheter, mais vous me permettrez de vous dire , madame , que votre liste est singulièrement inexacte....
— Monsieur Mathias, cette liste résulte de pièces qui m'ont été confiées et dont j'ai fait le relevé moi-même.
— Passons aux détails, madame la comtesse.
Henriette, cramponnée à un dossier de fauteuil, était à chaque instant sur le point de s'évanouir.
Toinon, sûre d'un remède prochain et radical, se bornait à observer toutes choses ; — Blanche s'apercevait aussi de l'état d'Henriette, mais n'osait plus lui parler; — Mathias enfin s'en apercevait, mais, avec une lenteur étudiée, il ouvrit le coffret, en lira un collier de perles et dit :
— Article premier de la note, n° 2105, voici! Ce collier fui déposé dana notre maison par une jeune dame dont le mari appartenait à une grande famille ruinée par la révolution. C'était le don d'une reine, une
précieuse relique de famille, la récompense de glorieux services rendus à la France et au Roi! Ce collier servit à faire soigner, pendant une horrible maladie, le pauvre gentilhomme qui se mourait.
Henriette et Blanche, intéressées par ce récit, levèrent en même temps des regards étonnés sur Malhias qui, montrant le collier, s'exprimait avec un enthousiasme sympathique et non comme un usurier âpre au gain.
— Grâce au millier de francs que feu M. votre père avança, poursuivit la comtesse, le mari se rétablit ; il a pu reprendre ses travaux, il élève honorablement ses enfants... mais le prix du dépôt augmente sans m 4
cesse ; c'est déjà cinq mille francs que ce collier vaut entre vos mains.
— Erreur, madame la comtesse, première erreur provenant d'une transposition de chiffres; la somme avancée ne fut que 500 francs, et le prix de remboursement est 10Û0> pas davantage.
— Monsieur, l'erreur est sur votre registre sans doute; la personne intéressée ellemême m'a dit, à moi, qu'elle reçut 1000 fr. de M. votre père.
— Et moi, madame la comtesse, moi je vous dis qu'on a mis 5000 pour 500 dans la colonne de droite, au lieu d'y mettre 1000, et 1000 au lieu de 500 dans la colonne de gauche... Mais passons, de grâce, passons !
Sortant un dé d'argent du coffret, | Mathias ajouta d'une voix douce :
— Voici un dé d'argent, dernier et unique souven ir d'une fille chérie perdue à la fleur de l'âge: il fut déposé ici par une pauvre mère pour racheter son fils de la conscription.
— C'est bien cela, dit alors la comtesse. M. Mathias votre père, convaincu que la mère ni le fils ne consentiraient jamais à perdre un objet si précieux, leur avança la somme nécessaire : — neuf cents francs ?
— Oui, madame, neuf cents francs ! mais je découvre encore une erreur sur votre liste, madame la comtesse; la somme fut prêtée à un intérêt assez fort, l'intérêt a été régulière-
ment acquitté ; le dé vaut donc 900 francs, ni moins, ni plus....
— J'ai sur ma note 2000 ! s'écria la comtesse avecslupéfaction.
Henriette et Blanche étaient aussi de plus en plus surprises.
— Deux mille! deux mille! madame la comtesse ! répliquait Malhias d'un ton brusque. Ne m'accusez pas de désordre, je vous en conjure! Les livres de cette maison ont toujours été tenus avec une conscience scrupuleuse, et, je ne comprends pas... Mais résumons-nous : 1000 fr. pour le collier, 900 francs pour le dé d'argent, ci : — 1900 francs, madame la comtesse, et je continue! Voici une bague et une médaille de mariage enga-
gces par une veuve généreuse pour acquitter une dette d'honneur de son mari !
— Celte dette sacrée, dit la comtesse, s'élevait a....
Mathias, qui avait sous les yeux la liste annotée, ne laissa pas prononcer le chiffre :
— Votre relevé, madame la comtesse, s'écriait-il, n'est qu'un tissu d'erreurs insupportables!... >r
— Je voudrais, monsieur Mathias, pouvoir vous répéter, sans blesser votre susceptibilité de comptable, que vous vous trompez sans cesse à voire détriment....
— Eh bien ! tant mieux ptfur les pauvres ! interrompit le juif avec une rudesse presque brutale.
Blanche, Henriette et la comtesse levèrent à la fois sur lui des regards étonnés.
— Eh! madame! qui ne se fâcherait à ma place? continuait-il. Cette note grossie outre mesure me ferait passer pour un usurier infâme!».. Mes spéculations, si souvent chanceuses , n'ont rien que d'avouable pourtant Je veux surtout préserver les familles dans la détresse de se séparer de reliques saintes, de pieux souvenirs, de gages sacrés en quelque sorte, sans espoir de les reconquérir un jour. Ceci est plus avantageux pour l'emprunteur qu'une vente à réméré, car je prête souvent beaucoup plus que ne vaut l'objet.... aussi les prêteurs vulgaires, avides coquins que je méprise, me traitent-ils de fou!... Les notables de Goa n'étaient point fous, eux,
quand ils avançaient à Jean de Castro la somme énorme dont il avait besoin pour rebâtir une forteresse, et cela sur un gage fort étrange, mesdames, sur ses moustaches qu'il rasa faute (le n'avoir rien de mieux à leur offrir!...
Tout le monde connaît le trait que Mathias vient de citer; mais dans ce livre où il est si souvent question de saçes d'une valeur toute morale, le texte môme de la lettre de Jean de Castro trouve sa place comme un grand exemple. Elle est conçue en ces termes.
« J'ai fait déterrer dom Fernando, mon » (ils, que les Maures ont tué dans celte » forteresse, alors qu'il combattait pour le t> service de Dieu et du roi notre maître.
i> Je voulais vous envoyer ses ossements d comme gage; mais ils se sont trouvés t> dans un tel état, qu'on ne pouvait encoie » les tirer de la terre. Il ne me restait donc 3> autre chose que mes propres moustaj> ches, je vous les envoie par Diogo Rodri- » guez de Azevedo. Vous devez déjà le sa- v j> voir, je ne possède ni or, ni argent, ni d meubles; je ne possède aucuns biens fonds » sur lesquels je puisse assurer mon cm- » prunt : je n'ai qu'une sincérité sèche et » biève, et Dieu me l'a donnée. »
Les moustaches de Jean de Castro, précieuse relique historique, furent longtemps gardées dans sa famille. Son petit -fils l'archevêque, les conservait dans une urne de cristal, posée sur un socle d'argent ; à l'en-
tour, étaient burinés des vers en l'honneur du héros. (J)
— Les anciens Egyptiens empruntaient parfois, sur les corps embaumés de leurs parents, ajoutait Matthias avec chaleur. Eh bien! moi, j'ai cru, comme mon père, qu'on pouvait compter avec confiance sur des sentiments nobles et tendres, généreux ou dévoués. Mais d'un côté Ton nous trouve fous et ridicules, de l'autre rapaces et méprisables.
Henriette s'était calmée par degrés, elle écoulait Mathias avec un mélange d'étonnement et de joie.
— Mes risques, madame la comtesse,
(1) Ferdinand Denis, — Portugal.
sont très grands, vous le voyez vous-même, poursuivait Mathias ; les intérêts des sommes avancées ont dû leur être proportionnés par conséquent. Mais tripler, décupler, centupler en quelques années la somme avancée, non ! non, jamais I... Je vais avoir l'honneur, madame la comtesse, de vous présenter une note plus juste et plus exacie que la vôtre.
La comtesse et les deux jeunes filles restèrent interdites. Mathias en arrangeant le contenu du coffret ajoutait alors :
— Quanta ces objets, madame, remplissez dès aujourd'hui, s'il se peut, votre charitable mission. Ah ! vous êtes bienheureuse de pouvoir faire le bien sans intérêt!
Puis il se mit à récrire la noie apportée
par la comtesse d'Orbigny dont la surprise se traduisit par ces mots :
— Quel homme bizarre! et combien Ton m'avait trompée!
— Mon cœur bat moins fort, disait Henriette, je respire!... mon frère a fait au moins preuve d'une probité rigoureuse.
Blanche s'avançait alors :
— J'ai vu, j'ai entendu ! ma chère Henriette, et je défendrai ton frère contre Gaston, contre mon père s'il le faut. Suis-je encore ton amie?...
Henriette n'eût plus la force de résister à tant de douceur; elle embrassa tendrement sa jeune compagne.
La comtesse s'approchait à son tour, et trouvant l'instant favorable :
— Mademoiselle Henriette, me pardonnerez-vous un jugement téméraire et une expression injuste que je désavoue.
— Madame, répondit Henriette avec grâce et finesse, je n'ai rien entendu de semblable; mais je vous vénère pour tous les bienfaits que vous semez sur voire route.
Tl y avait bien sept ou huit ans que la comtesse d'Orbigny avait vu pour la première fois au pensionnat des Colombelles, Henriette Mathias, enfant, et déjà l'amie de sa jeune protégée; mais près de deux ans s'étaient écoulés sans qu'elle l'eût revue.
L'expression de fierté bienveillante, de tendresse et d'esprit répandue en ce moment sur les traits de la jeune fille, frappa
soudain la comtesse. Henriette à présent avait exactement l'âge de sa mère, Elisabeth de Norlof, à l'époque où la malheureuse héritière s'était enfuie du château paternel.
— 0 mon Dieu.... quelle illusion i... murmura la comtesse éblouie, je trouve qu'elle ressemble trait pour trait à ma pauvre sœur Elisabeth. Ah! comme je voudrais la serrer dans mes bras!...
Elle prenait déjà la main de la jeune fille ; elle l'attirait à elle par un mouvement à la fois timide et passionné, quand Malhias inintervint.
Sa présence refroidit la comtesse. — Elle se contint; la nature de ses émotions changea subitement.