‹ L'Utérus Bicorne UnicervicalChapitre 13 sur 24 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

de nouveau à faire le diagnostic de grossesse ectopique; pour éviter cette erreur, il suffirait de redresser l’utérus, mais on hésite craignant la grossesse ectopique. Dans un cas de latéroflexion d’un utérus simple rapporté par Douay et Rochat, l'intervention ayant été décidée, la position de la malade en Trendelenburg avait suffi à opérer le redressement de l’utérus.

Lors de la délivrance, la forme des membranes () peut indiquer nettement la bifidité (Pinard), surtout si la grossesse a intéressé les deux cornes, avec insertion du placenta au niveau de la cloison. L’expulsion d’une caduque doit, elle aussi, entraîner la reconnaissance de la malformation.

L'intervention prématurée de la grossesse par la mort du fœtus, l'avortement (2), l’accouchement avant terme, avec expulsion de la caduque n’est pas rare ; aussi, chez les femmes ayant un passé obstétrical, ces accidents de la grossesse, de même que les présentations vicieuses, sont autant d'indices utiles (obs. XIT). Enfin la rupture, prescrivant l’intervention immédiate, permettra de découvrir la malformation après laparotomie (obs. VIT).

(1) Elle a permis à Czeisz et Faure de faire le diagnostic de la malformation. Analyse in Presse Médicale, novembre 1926.

(>) Dusreuiz-CHamBarpez rapporte 476 grossesses d’utérus doubles avec 102 avortements et 78 accouchements avant terme.— De la duplicité du canal génital de la femme. (Tours 1906. Imprimerie Tourangelle.)

Je A4 ES

GTA PTEEETN VII

Traitement de l’utérus bicorne unicervical.

Historique.

Avant l’ère pastorienne, le traitement des malformations utérines était pour ainsi dire inexistant; l’abstention pure et simple était la règle. Nous relevons dans le traité sur les maladies chirurgicales de Boyer (1846), à propos d’un utérus double gravide, qu’un chirurgien « ayant constaté en introduisant son doigt dans l’orifice inférieur de la matrice la présence d’une membrane obturant le col utérin, porta un diagnostic fatal, saigna par trois fois sa malade sans résultat, et la malade mourut sans être accouchée ».

La première ponction utérine fut faite tout à fait par hasard; voulant sonder une malade qui faisait de la rétention d'urine, causée par le développement d’une hématométrie, Benevoli, au lieu de pénétrer dans la vessie, perfora la cavité utérine, donnant issue au contenu hématique. A cette époque, les utérus doubles étaient seulement découverts à lautopsie; nous avons vu que la pathogénie de la malformation était également inconnue, et la ponction de l'utérus hématométrique devait rester le seul traitement de la période préantiseptique avec l’incision vaginale ; toutes deux donnaient des résultats déplorables; par leur répéüition elles entraînaient l'infection et une suppuration secondaire; de plus, elles ne mettaient aucunement à l’abri des dangers d’un hématosalpinx toujours possible.

Actuellement, l’incision et la ponction ne sont même plus à envisager. Le traitement des utérus doubles a suivi l’évo-

Page 1