SANTE
digestive. Et le problème est particulièrement difficile chez fes hypothrepsiques et les débiles où on se trouve dans le cercle vicieux suivant : augmenter la ration calorique mais créer une intolérance et des troubles digestifs.
Régimes Hypercaloriques.
Tout l’art est de découvrir le régime hypercalorique qui soit bien supporté. Les études de Ridadeau-Dumas et de Fouet ont mis en évidence les caractères biologiques de l'hypothrepsie et les ont opposé à ceux de l’athrepsie. Outre les considérations cliniques sur l’épaisseur du pannicule adipeux et du pli cutané, ils ont insisté sur le métabolisme basal de l’hypotrophique.
Ce métabolisme est augmenté : déperdition de chaleur plus grande, assimilation moins économique des aliments; ce métabolisme s'accroît au fur et à mesure que le poids baisse, mais le point critique de perte de poids de 38 % étant atteint le métabolisme basal va brusquement fléchir. Cette chute traduit vraisemblablement une déficience fonctionnelle des viscères, elle est sans doute liée à une véritable dégradation anatomique : c’est le point d’irréversibilité, l'enfant tombe dans l’athrepsie, le pronostic est fatal. A partir de ce moment-là, la question des régimes hypercaloriques ne se pose plus : les excreta l’emportent sur les ingesta, plus on suralimente plus la courbe de poids s’effondre, c’est la réaction « paradoxe » de Finkelstein.
La première étape, l’hypothrepsie, au contraire est particulièrement intéressante et c’est à son propos que les différentes recettes de régimes hypercaloriques se disputent les résultats favorables. :
Des trois constituants alimentaires, les lipides ont été jusqu’à ce jour peu étudiés : aliments surtout énergétiques, ils interviennent peu dans la croissance.
Nobecourt s’est attaché aux hydrates de carbone, on con-
Tire
nait les résultats qu’il a obtenu avec les régimes hypersucrés, le lait concentré hypersucré et les farineux introduits précocement dans l'alimentation. Ces hydrates de carbone sont donnés sous forme de farines de céréales ou sous forme de farines maltées, produit de l’hydrolyse, de l’amidon par les extraits de malt. Mais on a reproché à ces régimes de favoriser les rétentions hydriques : les hydrates de carbone sont, en effet, des aliments surtout énergétiques, s’ils sont donnés en trop grande quantité, sans compter les désordres digestifs qu’ils peuvent engender, ils sont stockés mais ne participent pas à l'édification cellulaire; ils ont l'inconvénient de favoriser l’état dysosmotique, l’hydrolabilité tissulaire et l’instabilité pondérale.
Importance des protéines.
D’autres auteurs ont cherché à faire des régimes hypercaloriques en enrichissant le lait en protéines : le lait albumineux ou le lait au caséinate de calcium (ou larosan) en sont les exemples les plus connus.
Voici les raisons sur lesquelles s’appuient les protagonistes de ces régimes protéiques : ils estiment que les aliments protidiques sont essentiellement plastiques, ils pourvoient à l'édification cellulaire, c’est donc eux qui intluent directement sur la croissance de l'enfant. Ce n’est que secondairement et s’ils sont en excès qu’ils ont un rôle énergétique. Voilà un point bien différent des autres aliments. La science de la nutrition n’est plus maintenant une science basée sur l’équilibre énergétique des aliments. On ne peut admettre l’isodynamie des éléments composants la ration alimentaire. Les calories fournies par les protides ne sont pas d’une même valeur nutritive que les calories des hydrates de carbone ou des graisses. Si les besoins énergétiques servent à fixer la ration de base, il faut aussi se préoccuper de la composition des aliments.
On doit tenir compte des besoins plastiques de l’organisme (Levesque).
Chez l'enfant en effet on considère que les protides ne sont utilisées que dans la proportion de 4 % comme aliment énergétique. Le reste est pour la fonction plastique. Cette fonction protectrice plastique a deux buts :
1° L’entretien et la réparation des tissus usés. 2° La croissance.
« Il n’y a pas de question plus importante en nutrition que celle du besoin d’azote du nourrisson », d’après Levesque. Dans ces conditions, il est logique que l’on s’attache particulièrement à l’étude de la ration protidique, lors de l'établissement d’un régime pour hypothrepsique.
Or, cette question de la ration protidique est encore double : il y a un besoin quantitatif mais également un besoin qualitatif de protides.
Besoin quantitatif .
L’enfant ne peut croître que si le résidu azoté de l’autolyse tissulaire est contre-balancé par l’apport alimentaire. Il y a donc un équilibre azoté nécessaire à obtenir si on veut avoir un accroissement pondéral.
Le besoin quantitatif minimum a été établi expérimentalement par Michel chez l'enfant au sein. Il estime, en etfet, que dans ce cas tout l’azote alimentaire est fixé par les tissus. De la ration en lait maternel, il en déduit le besoin en azote; il a fixé ce besoin à 2 grammes par kilogramme de poids.
On a également fixé la part qui revient à la croissance et celle qui revient à l’entretien :
Plus l'enfant est petit, plus la part utilisée pour la crois-
tar
sance est grande. D’après Barker, sur les 2 grammes au début de la vie, 1 gr. 60 sert à la croissance et 0 gr. 40 à l’entretien.
Mais les chiffres donnés par d’autres auteurs divergent, surtout quand il s’agit du besoin quantitatif des protides chez l'enfant nourri artificiellement. En effet, les protéines des autres aliments n’ont pas la même valeur qualitative que celle du lait de femme. Il y a donc un
Besoin qualitatif
Depuis longtemps on a remarqué que les protéines ont une action très différente dans la fixation de l’azote sur l’organisme. Les protéines ont des valeurs différentes les unes des autres.
Fischer a montré que les constituants essentiels des protéines sont : les Amino-Acides, molécules plus simples qui serviront à la reconstruction des albumines de l’organisme, après un long métabolisme.
On compte 21 Amino-Acides différents, et l’on conçoit tout de suite combien la contexture des protides peut être multiple, en regard des hydrates de carbone par exemple, où l’élément de base est unique : le Glucose.
Depuis longtemps on avait remarqué l’impossibilité de remplacer une protéine indifféremment par une autre. Dès 1802, on savait que la gélatine était impropre à l’alimentation.
Parmi les Amino-Acides, certains, en effet, sont absolument indispensables et la carence de l’un d’entre eux com- promet gravement la nutrition.
Certains sont nécessaires à la vie, le Tryptophane (Wilcock et Hopkins), et peut être la Valine (Rose).
D’autres, sans être indispensables à la vie, le sont à la croissance : lysine, histidine, arginine, proline. Récemment, aux U.S.A. on a découvert, dans la caséine, un princije nouveau : la Strepogénine.