‹ L'utilisation des Acides aminés comme complément de l'Alimentation des NourrissonsChapitre 15 sur 40 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La digestion des protides dans le tube digestif aboutit à la formation de produits de désintégration, albumoses, peptones, enfin amino-acides, lesquels passant dans la circulation porte arrivent au foie où ils sont recombinés en de nouvelles albumines. Il était tentant de remplacer dans l'alimentation les protides par leurs constituants, ceci pour deux raisons : l'administration par voie orale des acides aminés indispensables ou de polypeptides à chaîne courte n’exige aucun travail digestif et elle est possible dans des conditions où l’intolérance aux aliments usuels est pratiquement absolue; enfin, l’injection des mêmes corps réalise un apport direct aux cellules de protides utilisables, et cela sans protéolyse préalable.

Dès 1889, Neumeister avait essayé d’injecter par la voie intraveineuse, à des animaux, de la caséine et d’autres albumines préalablement soumises à une hydrolyse alcaline. Il s’ensuivit de l’albuminurie et des symptômes toxiques, et l’équilibre azoté ne fut pas obtenu.

En 1899. Hilienfeld rapporte les accidents qu’il eut avec des produits ayant subi une plus complète digestion; il les attribuait aux peptones.

Les premiers succès furent décrits, en 1904, par Frie-

drich : de la fibrine digérée fut injectée, sous la peau, à des opérés avec des effets, semble-t-il, satisfaisants.

En 1907, un hydrolysat alcalin de lait fut injecté à deux chiens avec une Wonne utilisation (Lommel).

En 1909, Abderholden Franck et Sluttenholm firent des injections rectales avec des albumines prédigérées par des ferments pancréatiques : un jeune homme de 12 ans présentant un rétrécissement de l’œsophage fut ainsi maintenu et prit du poids.

La première expérience d’injections parentérale d’albu-: mine hydrolysée par ferments date de 1913, avec Henriques et Andersen, qui maintiennent une chèvre 18 jours avec un équilibre azoté oscillant entre + 0,55 et + 2,1 grs par jour.

Plusieurs fois on essaya des mélanges d’acides aminés isolés chimiquement, mais jusqu’en 1935, date de la découverte par Rose de la thréonine, tous les essais pour maintenir la balance azotée, de cette façon, avaient été vains.

En effet, les premières tentatives utilisèrent les 21 Amino Acides que l’on avait découverts dans la caséine, excepté l’acide hydroxyglutanique, la sérine et la citrulline, lesquels n'avaient pas été démontrés nécessaires. La balance azotée ne fut pas obtenue. Elies et Rose, en 1932, montrent qu’elle est aisément obtenue si à la mixture on ajoute 5 % de caséine ou de gliadine; en purifiant ce principe actif de la caséine, on découvrit ainsi la thréonine. Dès lors, on avait des mixtures d’amino-acides qui permettaient l’équilibre azoté.

Et en 1938, Rose put établir la liste des 10 amino-acides essentiels, sur les 22 connus.

En outre, la valine, la leucine, l’isoleucine, la lysine et la thréonine ne sont actifs que sous leur forme naturelle, levogyre, alors que seuls l’histidine, la methionine, la phenylalanine, le tryptophane ont une valeur nutritive sous

forme de produits racémiques obtenus par synthèse, c’està-dire sous une forme contenant les isomères levogyre et dextrogyre.

Rose ainsi préconisait l’injection intraveineuse de solutions contenant les 10 acides aminés fondamentaux dans les cas cliniques où l’organisme humain se trouvait en état de bilan azoté négatif.

Madden a étudié également des mélanges d’amino-acides pour déterminer la formule qui permettait de régénérer chez les chiens exsanguinés les protéines plasmatiques et de maintenir le bilan azoté.

D’autres auteurs, Albanèse, Baner, Gaund se demandent si les amino-acides, dits non essentiels, ne jouaient pas un. rôle complémentaire et s’il était prudent de généraliser l'emploi d’un nombre limité d’amino-acides.

Mais de toutes façons, ces préparations sont difficiles à chtenir, et sont actuellement encore d’un prix élevé et prohibitif.

HYDROLYSATS DE PROTÉINE

Une solution pratique a été trouvé avec les hydrolysats de protéines. Ces produits préparés récemment par des procédés d’hydrolyse chimique ou enzymatique, sont un mélange presque jpur d’amino-acides et de polypeptides, dépourvus de pouvoir anaphylactique et capables d’être employés sans danger par voie intraveineuse ou buccale.

Il est intéressant d'établir un parallèle entre Hydrolysat de Protéines et mixture d’Amino-Acides.

Les hydrolysats ont certains avantages :

Ils sont exempts d’isomères non naturels qui comme celui de la Phénylalanine sont toxiques.

Leur composition peut être variée ) mieux s AS au supplément d’aliméntation.,

Eess On

Enfin ils apportent à l’organisme les Acides Aminés non essentiels et évitent à celui-ci de les synthétiser. Par contre, ils ont certains désavantages :

Ils obligent l’organisme à éliminer les Acides Aminés inessentiels, certains de ces derniers sont mêmes toxiques, tel l’acide glutanique qui provoque parfois par sa seule présence des accidents.

Cependant les désavantages des Hydrolysats de Protéipes sur les mélanges d’Amino-Acides sont largement compensés par leur facilité de préparation. Enfin, avec les mélanges d’Amino-Acides artificiels on ne sait jamais si on n’omet pas un élément encore inconnu qui peut se trouver dans les produits de désintégration des protéines et avoir une utilité dans le métabolisme.

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