CHAPITRE V
INDICATIONS DES HYDROLYSATS DE PROTEINES
L’einploi des hydrolysats de protéines a été étendu à un grand nombre d’affections depuis 1939.
Les bases thérapeutiques invoquées sont les suivantes :
D'une part, les sujets dont la digestion des protéines est limitée par l’insuffisance des secrétions digestives, résorbent facilement les acides aminés et peuvent de ce fait réaliser des gains d’azote à partir d’hydrolysats administrés par voie orale.
D'autre part, l’administration d’hydrolysats par voie parentérale apparaît physiologiquement légitime chez les sujets présentant des pertes azotées sévères et de fortes hypoprotéinémies, car ces éléments azotés sont directement assimilables par les tissus.
Pour mémoire nous citerons les multiples indications médico-chirurgicales, mais nous étudierons surtout les travaux qui intéressent la médecine infantile.
A. — Indications médico-chirurgicales.
L’indication essentielle récente a été le traitement des grandes dénutritions; par exemple les populations hollandaises encerclées lors de leur libération, ou la famine du Bengale, enfin les déportés politiques des camps de la mort d'Allemagne, Grâce à cette alimentation prédigérée les dé-
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nutris ont pu récupérer et ont pu redevenir aptes en peu de Jours à s’alimenter normalement.
En dehors de cette pathologie de guerre, le traitement est indiqué dans les cas suivants :
— Déficience du tractus gastro intestinal, cancers digesüfs avancés, cancers du larynx, ulcus peptique saignant et rebelle, iléite régionale, gastro-entérite grave, colites ulcéreuses, fistule intestinale.
— Pertes azotées sévères : Brûlures et actes chirurgicaux qui s’accompagnent de pertes protéiques du fait du jeûne pré et post opératoire surtout dans les interventions sur le tube digestif. Dans le choc chirurgical et les hémorragies graves, les hydrolysats augmentent le taux des protides, mais le rôle ne peut être qu’un adjuvant aux injections de plasma lequel, seul, a un pouvoir osmotique élevé, et permet une rehydratation plus rapide.
— D’autres indications relèvent enfin d’un trouble du métabolisme des protides, mais d’un trouble qui intervient d’une façon beaucoup moins directe :
1° les nephroses lipoiïdiques. Farr et ses collègues traitèrent plusieurs enfants avec des injections intraveineuses d’hydrolysat de protéine qui furent parfaitement supportées, à part une sensation de chaleur passagère durant l’injection. Ces auteurs estiment que, sous cette forme, l'azote est beaucoup mieux assimilé qu'avec les régimes hyperprotéiques classiques. D’après ces mêmes auteurs la maladie est entrecoupée de « crises néphrotiques » coïncidant - avec une complication microbienne, le bilan azoté devenant négatif, crises qui sont précédées d’une chute brusque du taux des acides aminés du plasma. L’administration des kydrolysats redresse le bilan et a pour conséquence de permettre une meilleure résistance à l’infection. Ainsi la mortalité due au pneumocoque tomba de 60 % par la thérapeutique acidoaminée et 9 autres crises néphrotiques dues
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à des infections à germes différents furent surmontées. Par contre l'injection intraveineuse d’hydrolysat malgré son utilité manifeste cliniquement resta sans influence sur lhypoprotéinémie de la maladie;
2° les allergies alimentaires;
3° la thyrotoxicose, la goutte, le diabète sucré, lhypoglycémie, l’anorexie mentale.
B. — Indications en Pédiatrie.
La part de ja nutrition et des troubles digestifs étant essentielle chez les nourrissons et les enfants il n’est pas étonnant que les hydrolysats de protéines puissent trouver de nombreuses applications. Nous passerons rapidement en. revue les indications tirées d’un obstacle au niveau du tube digestif, pour étudier celles relatives aux troubles du métabolisme azoté lors de gastro-entérites, de l’hypothrepsie et de la prématuration.
Dans les cas de sténose de l’œsophage ou après amygdalectomie, Hartman emploie cette alimentation en raison de ia facilité de son absorption.
Dans les affections chirurgicales du tube digestif : invagination intestinale, ou sténose pylorique. Les nourrissons peuvent être préparés par des injections intraveineuses d'acides aminés. Les bébés reçoivent avant l’intervention 550 cc. de Ringer, 400 cc. de sérum glucosé à 10 %, 100 ec. d’Amigen à 10 % et 80 cc. de sang. Après l’intervention, ils reçoivent par la bouche toutes les 2 heures, 30 ce. Amigen glucose sels les 12 premières heures, puis 45 cc. les 12 suivantes. La reprise ultérieure se faisant au lait aciditié.
Enfin, les anaphylaxies où le régime lacté est interdit, sont traitées avec des hydrolysats comme aliments de subsütution (Hiüll). Les nourrissons prennent du Nutramigen décrit plus haut, chaque cuillerée à café équivalant à 38 calories, Hill établit un régime de 130 calories par kilo de
poids avec des vitamines A!C.D.; il maintint 36 nourrissons en bon équilibre nutritif tout en observant de grandes améliorations de l’eczéma. Il considère que les hydrolysats sont le meilleur aliment trouvé parmi les régimes sans lait et possède de nets avantages sur les farines de soja.
Les gastroentérites du nourrisson devaient fournir pour les anglo-américains des indications aux hydrolysats de caséine; celles-ci sont basées en effet : d’une part sur l’intolérance digestive aux protéines naturelles du lait; d’autre part, sur les désordres de la balance azotée et de la protéinémie.
Alexandre et Eiser ont analysé 140 cas de diarrhées et de vomissements chez les enfants de moins de 15 mois. Lls montrent que la restriction alimentaire, lors de la diète hydrique et les troubles de l’assimilation digestive s’accompagnent d’une perte de protéines plasmatiques. En outre, il faut y ajouter les pertes de protéines par les capillaires qui sont détruits au niveau de l'intestin.
Chez des enfants de 2 à 8 mois ayant une diarrhée et des vomissements persistants depuis 5 jours, ils trouvent que les protéines plasmatiques tombent de 70 à 50,6 ou 64,4 gr. /00, 4 autres enfants dont 3 prématurées présentent des hypoprotéinémie à 47, 58,3, 57, 43.
Il est intéressant de comparer ces chiffres aux chiffres normaux de protéinémie chez les enfants. Or, ces derniers diffèrent beaucoup suivant les auteurs : Kylin en 1932 trouve 46 à 65 à deux ans. Rennie en 1935, 60,4 à 80 de 3 à 23 mois. Hichman en 1940, 60 à 75 chez des enfants de 10 semaines.
Les chiffres pathologiques varient aussi beaucoup suivant les auteurs, ainsi dans les gastro-entérites Lelong et Joseph trouvent des hyperprotéinémies relatives par concentration du plasma. Aussi nous pouvons conclure avec Alexandre et Eiser que le taux des protéines donnent une