‹ L'utilisation des Acides aminés comme complément de l'Alimentation des NourrissonsChapitre 27 sur 40 · RE · texte numérisé non relu

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Tableau qui montre qu’avec une solution d’amino-acides on peut donner un régime hypercalorique et que le bilan azoté est notablement plus élevé positif qu'avec le régime lacté.

D’autres travaux montrent encore la meilleure utilisation des hydrolysats chez les enfants :

West, Wilson et Eylès étudièrent la modification du taux - d'azote aminé du sang après ingestion de protéines chez les nourrissons à fonction pancréatique normale et déticiente. Ils donnèrent en ingestion de la caséine, de la gélatine, de l’hydrolysat acide de caséine (10 cc. par kilo) de facon à administrer lors de l’épreuve la même quantité d’azote. Les protéines sont données par gavage chez des sujets à jeun depuis 8 à 10 heures. Des prises de sang ca-

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pillaire à la pipette sont effectuées à jeun, puis 1/2 heure, 1 heure 1/2, 2 heures 1/2, 3 heures 1/4, 4 heures 1/4, 5 heures 1/4 après administration de protéines. Les auteurs font porter leurs recherches sur À nourrissons normaux, 21 nourrissons malades indemnes d'affection pancréatique et 7 nourrissons ou enfants atteints de fibrose kystique du pancréas. Après ingestion d’hydrolysat acide de caséine, lélévation du taux d’azote aminé dans le sang fut beaucoup plus grande qu’avec la caséine ou la gélatine et ceci chez tous les sujets et même chez ceux atteints de trouble de la fonction pancréatique.

Ces expériences illustrent la facilité avec laquelle la caséine hydrolysée est assimilée, même lorsque les fonctions digestives d’un organisme sont atteintes, ceci par exemple s’applique au cas de l’athrepsie.

Enfin, concluons les indications des hydrolysats de protéines chez l’hypothrepsique, en citant la très intéressante observation récemment rapportée par Helfrick et Abelson. Elle concerne un nourrisson de 5 mois atteint de troubles de nutrition consécutifs à une maladie de Hirschprung, chez lequel les besoins digestifs furent assurés par une alimentation complèe et équilibrée par voie parentérale. Dans ce cas, il fut même donné de la graisses émulsionnée. La préparation employée contenait 50 % de glucose, une solution à 10 % d’amino-acides et une émulsion de graisses à 10 %. La préparation avait été passée à travers un homogénéisateur et soumis à des vibrations d’ultrasons: de cette façon les corpuscules gras ne dépassaient pas un diamètre de 1 à 2 x et leur dispersion était suffisante.

La dose administrée journellement par voie intraveineuse fut de 150 cc. de glucose à 50 %; 150 cc. d’amino-acides à 10 %; 180 % de l’émulsion de graisses à 10 % et 120 % de sérum physiologique. Les 600 cc. de liquides injectés Par Jour couvraient les besoins de l’eñfant pesant 4 kg. 150

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de la manière suivante : 300 calories sous forme d’hydrates de carbone, 60 calories sous forme de proteine et 160 calories sous forme de graisses. L'alimentation parentérale fut continuée pendant 5 jours consécutifs sans incidents, puis l'enfant fut soumis à une réalimentation progressive par voie buccale. Il sortit de l'hôpital après 17 semaines ayant gagné 2.860 grammes.

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En France, les travaux cliniques sur les acides aminés en pédiatrie ne semblent pas encore avoir été entrepris et nous avons voulu par quelques essais nous faire une opinion sur la valeur de cette thérapeutique. j

Les Anglo-Américains et les Suédois sont les seuls à avoir publié leurs recherches, et il faut le dire, à avoir mis au point des produits commercialisés d’une réelle valeur.

Produits utilisés.

Il n’existe pas encore en France de solution que l’on puisse utiliser en injection sous-cutanée ou intraveineuse.

Nous avons dû nous adresser à des produits étrangers : Amigen (Amérique), Casydrol (Angleterre), et surtout Aminosol (Suède).

Pour la voie buccale, Aminosol, Pronutrin. Un hydrolysat français présenté sous forme de granulé par une grande maison de produits pharmaceutiques n’a pu être utilisé chez nos nourrissons à cause de la difficulté d'administration.

Tous ces produits sont des hydrolysats enzymatiques dont la composition chimique est à peu près équivalente. Leur posologie est également du même ordre.

Voies d'introduction.

Nous avons surtout utilisé la voie buccale. Nous donnons les acides aminés dissous dans de l’eau bouillie sucrée ou additionnée de dextrimaltose à une dose double des Acides Aminés. Ceci pour éviter la réaction dynamique spécifique des protides. La posologie a été d'environ 2 à 3 gr. par kilo de poids. Elle a varié suivant la tolérance des enfants et leur augmentation de poids. |

Les instillations intrarectales ne nous ont pas donné de bons résultats : même avec un goutte à goutte très lent l’enfant semble perdre une partie très importante de la solution administrée; au cours d’instillations continues de plusieurs heures, nous avons foujours retrouvé nos nourrissons souillés par la

solution qui avait reflué le long de la sonde. Il nous était donc difficile de savoir exactement combien de liquide était passé et nous n’avons pas retenu ces observations.

La voie parentérale que nous avons utilisée fut surtout la voie sous-cutanée; nous avons, en effet, surtout fait de l’alimentation de supplément et nous n’avons pas eu besoin d’injecter de grosses quantités de solution.

Dans quelques cas nous avons employé la voie intratibiale en perfusion continue; une fois nous avons fait une perfusion intrasinusale. Mais les cas où nous avons utilisé des perfusions étaient des cas désespérés, si nous n’avons pas eu d’amélioration nous avons pu cependant constater que les injections intraveineuses étaient parfaitement tolérées.

Critéres d'utilisation thérapeutique.

Pour apprécier la thérapeutique nous avons tenté de nous appuyer sur des données cliniques et également biologiques.

Données biologiques : la Protéinémie; le bilan azoté. Pour étudier ce dernier, fort des chiffres fournis par Shohl, nous avons seulement dosé l’azote urinaire en considérant que ce dernier constituait environ les 90 % de l’excrétion azotée. Nous n’avons pu faire de bilan azoté que chez les garçons, en adaptant une tubulure à la verge au moyen de rubans adhésifs. Nous avons recueilli les urines sous parafine, la plupart du temps, pour éviter l’évoparation des corps ammoniacaux.

La protéinémie a été faite sur du sang recueilli par ponction du sinus et dosée, dans le service du Docteur Servantie.

Données cliniques : l’aspect et le faciès; l’appétit; le gain pondéral; la courbe de poids fut le test le plus précieux pour toutes nos observations et c’est d’après elle que nous avons déduit nos considérations dans la plupart des cas.

Les phénomènes d’hydratation et de deshydratation pouvaient à notre avis être une cause d’erreur et nous gêner pour l'interprétation du vrai gain pondéral. En effet, une perte pondérale peut être le signe d’une simple deshydratation et en dehors de toute intervention thérapeutique, il y succède une reprise de poids plus ou moins éphémère. Aussi nous nous sommes efforcés de ne pas faire coïncider l’administration de nos hydrolysats avec un de ces points d’inflexion de la courbe. De même lorsque nous avons constaté une augmentation de poids par les hydrolysats, nous avons prolongé leur administration pour apprécier si le gain pondéral se maintenaït ou non.

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Nous nous sommes attachés à la même ligne de conduite pour l’arrêt de l’administration des Amino-acides. Nous n’avons considéré les chutes de poids consécutives à ces arrêts comme vraiment dues à l'interruption de la thérapeutique que si la courbe continuait à s’infléchir nettement et longtemps.

Enfin nous avons essayé dans la mesure du possible de provoquer au moins deux fois de suite des augmentations pondérales pour supprimer les causes d’erreurs dues à l’hydrolabilité.

Nous signalerons pour terminer que nous n’avons jamais constaté l’apparition d’œdème avec l’administration d’hydrolysat, et que cette notion nous incline à penser que la courbe de poids était en général en relation avec une synthèse d’albu-

mine corporelle et non à une rétention hydrique.

Dans la première partie de notre expérimentation, nous avons donné les hydrolysats aux nourrissons par la voie buccale, dans la seconde partie nous avons utilisé la voie parentérale.

Dans tous les cas nous nous sommes efforcés de choisir des enfants non fébriles.

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