‹ L'utilisation des Acides aminés comme complément de l'Alimentation des NourrissonsChapitre 38 sur 40 · TABLEAU III · texte numérisé non relu

TABLEAU III

Période

AMINO ACIDE Après

Observ. Remarque Gain | Remarquel|| Du-| Gain | Remarque ée | moyen rée | moy.

Entrée — 35| Diète Décès mauvaise résorption

Décès Entrée Décès

Beta

Régime + riche

Régime

+ riche

Nous remarquons :

Bons cas : 2

L'un surtout, le cas 4 illustre la différence d’action entre le sérum salé qui donne un gain de poids factice par rétention hydrique et chlorurée et le sérum aminé qui s'accompagne d’une augmentation de poids persistante avec amélioration de la trophicité de l’enfant.

Cas indifférent : 1

Cas 2 ou les injections ne paraissent pas avoir modifié la courbe de poids.

Mauvais cas : 2

Dans un cas, mauvaise résorption, dans l’autre le sérum aminé n’a en rien modifié l’athrepsie dû à l'infection pulmonaire.

On a l’impression que les hydrolysats par voie parentérale font peut être durer plus longtemps la cachexie, mais il transforme l’athrepsique en un véritable squelette parcheminé et momifié. Peut-être est-ce là, un effet, de l’action dynamique spécifique des protides qui fait dessécher les tissus par augmentation des combustions et évaporation ?

La voie sous-cutanée présente donc un intérêt en cas d’impossibilité d’administration buccale des acides aminés : les anorexiques et les vomisseurs. Par contre, il est difficile d’injecter plus de 100 cc. sous la peau d’un bébé, ce qui, ne fait guère plus de 3.3 gr. d’Amino-acides, dose encore assez réduite. Enfin le prématuré ne paraît pas bien résorber les solutions.

Le Syndrome Biologique.

La protidémie nous a paru un bien mauvais test d'action des hydrolysats. Aucun de nos dosages n’a montré que la thérapeutique par les acides aminés pouvait augmenter la protidémie, ni la voie buccale :

Hypothrophique 1; Protidémie 75 qui tombe à 68,9. Hyÿpothrophique 4; Protidémie 77,7 puis 77.

ni la perfusion :

Observation 4; Protidémie 70 qui tombe à 66.

En effet, la concentration du plasma en protéine varie suivant le degré d’hydratation de l’organisme, après la perfusion d’acides aminés on trouve une baisse de protéines par dilution exactement comme Lelong et Joseph l’ont remarqué après les perfusions de solutions salées et glucosées.

Les éliminations azotées nous ont donné des résultats variables. Par voie buccale l'absorption d'acides aminés s’est accompagnée d’une élimination supplémentaire d’azote, notamment d'azote aminé (Observation hypothrepsique n° 4).

Comment expliquer dans ces conditions le gain pondéral ? Il faut penser que les acides aminés agissent plus comme facteur de croissance que comme produit énergétique. Ils doivent stimuler les fonctions organiques d’édification cellulaire.

Par voie intra-tibiale l'observation 2, démontre qu’en cas de dégradation tissulaire massive l'équilibre ne peut être établi.

Par contre, dans l’observation 3, la sténose du pylore ou les pertes azotées étaient réduites, le bilan fut facilement obtenu. Il y eut cependant une forte proportion d'azote aminé dans les urines après la perfusion. Sans doute, parce que la perfusion fut un peu trop rapide.

En conclusion :

Lorsque les doses d’hydrolysats sont peu importantes, lorsqu'il s’agit simplement d’une alimentation de complément on ne peut conclure de l’action de l’hydrolysat par l’étude de l'amélioration du bilan azoté : en effet, l'apport azoté sous forme d’amino-acides entre en trop faible proportion dans la ration.

Mais lorsque l’apport d’azote est tout entier à l’actif de l’hydrolysat, l’équilibre peut être obtenu à condition toutefois que le bébé ne fasse pas une dénutrition trop accusée.

En pratique, nous retiendrons donc surtout l'intérêt de la courbe de poids pour apprécier l’action de cette thérapeutique. ,

Or, bien des phénomènes de tous ordres retentissent sur la croissance d’un bébé : régime, infection, rétention hydrique aussi bien des causes d’erreurs peuvent entacher nos observations.

Cependant, sur 29 enfants, 37 fois nous avons fait des essais hydrolysats; 23 fois nous avons eu un gain démonstratif de poids. Soit dans 62 % de nos essais.

La dose de 2 gr. 5 d’hydrolysat par kilo de poids donnée en solution à 5 ou 10 % nous paraît la meilleure.

Les doses trop fortes s’accompagnent d’intolérance. Il faut donner les acides aminés entre les tétées, loin des biberons, l’incorporation d’hydrolysat aux biberons risquant de faire vomir le tout.

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| » Il vaut mieux donner les acides aminés par voie Sous-cutanée à la manière du sérum de Quinton : 50 à 100 cc. d’une solution à 3,3 % par jour, |

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Grâce à cette thérapeutique, bien des enfants ont pu sortir de leur dystrophie et échapper aux régressions viscérales qui les précipitent inévitablement dans l’athrepsie.

Cette réaction eutrophique des Acides aminés a été retenue par Langlois qui depuis 1945, dans son service de Québec, fait la reprise alimentaire chez tous les enfants atteints d'infection parentérale non pas avec des laits modifiés, mais avec des amino-acides. La mortalité de 1943 à 1945 qui était pour les toxicoses de 74,2 % est tombée à 45 %, de 1945 à 1947. Il attribue cette amélioration à cette thérapeutique qui fut systématiquement appliquée durant cette période.

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