Le petit Orfèvre
On donne ce nom à un petit morceau gravé avec attention ei assez fini. Sur le devant est un orfèvre vu à mi-corps, qui tient de la main gauche un groupe représentant la Charité, et de la droite un marteau. Le groupe est posé sur une enclume. Dans le fond de la gauche, on voit une forge allumée, et sur la table en deçà, du même côté, des tenailles et un autre instrument d'orfèvrerie; et dans le fond de la droite, une bouteille avec d'autres objets sur une
tablette. On lit, non sans peine, au bas de la gauche : Rembrandt. Ce nom se trouve perdu dans les hachures de la table.
Les premières épreuves se reconnaissent à une tache noire provenant sans doute d'un accident de la morsure, et qui se trouve sur le bord droit de la planche, à la hauteur de la tablette; celles-lîi sont tirées, pour la plupart, sur papier du Japon et sont très-harmonieuses; la tache dont nous parlons a entièrement disparu dans les dernières épreuves.
Hauteur, 0,078 ; largeur, 0,056.
BARTSCH, 123. CLAUSSIN, 125. WILSON, 127.
On peut vérifier ici ce que nous disions de la Faiseuse de koucks; l'estampe du Petit Orfèvre se payait très-cher autrefois, parce que la planche ayant été égarée, les épreuves en étaient fort rares; depuis qu'elle a été retrouvée, les épreuves sont tombées à vil prix, surtout celles qui ne sont pas tirées sur papier du Japon. A vrai dire, la pièce est mal réussie : l'orfèvre a une tête mal construite, des bras courts et des mains énormes ; il est certain néanmoins que la plupart des curieux la rechercheraient avidement, si le cuivre eu était encore perdu.