David en prière
David , en chemise longue et prêt à se coucher, s'agenouille en prière, en appuyant ses coudes sur son lit. Il a les mains jointes et élevées. Il est vu de profil et dirigé vers la gauche. Sa harpe est posée parterre en largeur, sur le devant de l'estampe on lit avec peine , parmi les hachures du bas , au-dessous de la harpe : Rembrandt f. 1652.
Nous avons trouvé deux états de cette planche, en ne regardant qu'aux épreuves anciennes, car le cuivre ayant fait partie du fonds de la veuve Jean, est aujourd'hui dans le commerce et pourra subir des modifications dont nous n'avons pas à nous occuper. Cela étant, il va sans dire que l'estampe est commune; c'est par erreur que Bartsch a dit le contraire.
Premier état. Au coin de la gauche, au-dessous du baldaquin, tout contre la bordure, se trouve un petit espace dénué de travaux; la bordure présente encore à droite quelques autres points blancs. Les belles épreuves de cet état ont les bords très-raboteux et un peu de manière noire, notamment sur le fauteuil.
Deuxième état. La place blanche au-dessous du baldaquin a été couverte à la pointe sèche. On remarque aussi un trait échappé qui coupe horizontalement et par le milieu la robe de David.
Hauteur, 0,139; largeur, 0,094.
BARTSCH, 41. CLAUSSIN, 45. WILSON, 4 5.
Contrairement à l'opinion de Claussin qui déclare ce morceau un des plus faibles de l'œuvre^ nous l'avons toujours regardé comme un des meilleurs. En ajoutant un peu de couleur à une composition si bien entendue , si bien éclairée, on aurait un tableau imposant, plein de simplicité et de grandeur. . . Un homme s'est agenouillé le soir au pied de son lit ; une harpe gît à ses pieds ; il est ému, il est seul ; il élève son âme à Dieu et semble lui adresser des cantiques de pénitence... quel est cet homme? La richesse qui l'entoure, la somptuosité de son lit à baldaquin et à courtines de soie, la harpe, qui est comme l'attribut de son génie , disent assez que cet homme, c'est le roi David. . . mais sa harpe est muette et sa demeure ne retentit que de ses gémissements :
(( Seigneur! ne me reprends pas dans ta colère, ne me châtie point dans ta fureur... aie pitié de moi, car mes os sont épouvantés. Je me suis épuisé à force
de soupirer. Toutes les nuits, je trempe mon lit de mes larmes... Je suis devenu vieux au milieu de tous mes ennemis... »