‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 51 sur 151 · Le Denier de César · texte numérisé non relu

Le Denier de César

Petite estampe en travers , où Jésus-Christ est représenté au milieu des pharisiens, leur répondant au sujet du tribut dû à César. Il est vu de face, et il met la main gauche dans celle de l'un des pharisiens, en tenant la droite élevée. Dans le fond de la gauche, il y a un morceau d'architecture en perspective et trèséclairé, qui paraît être un temple, et dans le lointain on aperçoit trois figures. Sur le devant du même côté , au-dessus d'une petite voûte, il y a deux autres figures, dont une lit dans un livre.

Bartsch a décrit trois états qui sont, à vrai dire, assez difficiles à distinguer, si l'on n'a pas les trois épreuves sous les yeux.

Premier état. La tête du docteur, qui est assis à droite, est moins travaillée; très-rare.

Deuxième état. Des travaux sont ajoutés sur la tête de ce doctour et sur ses habits.

Troisième état. La planche est entièrement retouchée, surtout à la petite voûte qui est dans le coin à gauche.

Hauteur, 0,074; largeur, 0,101.

BARTSCH, 68. CLAUSSIN, 7 2. WILSON, 72.

Le cuivre de cette estampe est du nombre de ceux (|ui se trouvaient dans le fonds de la veuve Jean. Aussi les épreuves en sont-elles communes. Mais indépendamment de cette raison, qui en est une pour beaucoup d'amateurs, l'estampe est peu recherchée, et il faut convenir, en effet, qu'elle n'a rien de bien remarquable.

ko. Le Retour de V Enfant prodigue.

L'enfant prodigue, nu et à genoux sur les degrés de la maison paternelle, dans une attitude suppliante, est embrassé et relevé par son père. Sa mère ouvre une fenêtre pour le regarder. La porte de la maison est ouverte, et l'on en voit sortir un serviteur qui est chargé d'habits destinés à revêtir l'enfant retrouvé; derrière ce serviteur, on remarque le fils aîné de la famille qui paraît désappointé du retour de son frère. Dans le lointain on aperçoit un paysan gardant des troupeaux. Sous le pied gauche du père, est gravé Rembrandt f. 1636.

Hauteur, 0,lb7; largeur, 0,137.

BARTSCH, 91. CLAUSSIN, 95. WILSON^ 9 6.

Voici encore une estampe commune, dont la planche a fourni depuis deux siècles d'innombrables épreuves, et cependant elle est si intéressante, elle est jugée si belle sous le rapport de l'expression, que les amateurs

en font grand cas, et que beaucoup d'entre eux l'estiment presque autant (ju'une pièce rare. On peut chercher, en effet, dans les œuvres des plus grands maîtres : on n'y trouvera pas un sujet mieux conçu, une composition mieux distribuée, plus de sentiment, plus d'émotion, plus de cœur. Gomme elle est saisie, la figure humiliée de l'enfant prodigue, de cet enfant que l'amour a fait si misérable, et (|ui semble dire : « Mon père, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils! » Quelle tendresse dans le mouvement du patriarche! C'est à peine si les paroles de l'Écriture sont plus touchantes. (( Et comme il était encore loin, son père le vit et fut touché de compassion, et courant à lui, il se jeta à son cou et l'embrassa. » Avec quelle vivacité la mère, avertie du retour de son fils, se précipite à la fenêtre pour le regarder! Mais tandis (jue le serviteur apporte des souliers et la plus belle robe pour le fils repenti et pardonné, le frère aîné, le frère sage, qui n'a jamais transgressé les commandements paternels,

montre un visage sombre, mécontent et jaloux

Mais quoi ! ce n'est ici qu'un simple griffonnement, un grimoire de lignes incertaines, hésitantes, corrigées, croisées, enchevêtrées, courant l'une sur l'autre, et pourtant de ce grimoire est sortie l'expression des plus intimes sentiments de l'âme.

Un tableau dont la composition était analogue à l'estampe figura dans la vente de l'Electeur de Cologne,

156 L'OEUVRK DE REMBRANDT.

en 1764. Nous le décrirons dans le catalogue des peintures.

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