‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 83 sur 151 · Saint Jérôme en méditation · texte numérisé non relu

Saint Jérôme en méditation

Pièce improprement dite : Vieillard homme de lettres.

Un vieillard, vu de face jusqu'aux genoux; il a une grande barbe blanche et les cheveux en partie hérissés. Il est assis dans un fauteuil, et son corps est dirigé vers la droite, d'où vient le jour. Son bras droit est appuyé sur un grand livre ouvert, qui est placé avec d'autres livres sur une table, à gauche. II tient une plume de la main droite, et appuie sa main gauche sur le bras d'un fauteuil. La robe dont il est vêtu n'est qu'au trait. A l'exception de la table et des livres qui sont couverts de tailles en différents sens, cette estampe paraît seulement ébauchée. Cependant il y a aussi quelques hachures dans le fond , à gauche. Cette pièce est de la dernière rareté.

Hauteur, 0,237 ; largeur, 0,200.

BARTSCH, 149. CLAUSSIN, 146. WILSON, 147.

Cette belle pièce avait échappé à Gersaint. C'est Pierre Yver qui, le premier, la signala dans son Supplément , imprimé k Amsterdam en 1756. Bartsch n'a fait que transcrire la description d'Yver, en donnant à l'estampe le titre barbare de Vieillard., homme de lettres, A sa description il ajoute la remarque de Pierre Yver, que ce morceau est gravé dans le même goût que le grand Saint Jérôme, presque unique, décrit par Gersaint au n** 99 de son catalogue, et qui , dans celui de Bartsch, porte le n« 106. Or, cette remarque, fort juste, aurait dû le conduire, ainsi qu'elle nous a conduit nous-même, à considérer le personnage représenté

comme un Père de l'Église. Nous l'avons appelé saint Jérôme, parce qu'il ressemble à celui que Rembrandt a gravé plusieurs fois , et qu'il en a tout le caractère. Si l'on n'y voit point le lion , qui est l'indispensable compagnon du solitaire, et pour ainsi dire son attribut, c'est que le saint est représenté seulement jusqu'aux genoux.

Mais quel que soit le mérite de ce rapide croquis, si remarquable dans la tête et les mains du vieillard, nous devons dire en toute franchise que le reste de la planche semble trahir une autre main que celle de Rembrandt. Toutefois , nous n'exprimons ici qu'un simple doute. Quant au grand Saint Jérôme, presque unique, dont nous avons donné une photographie dans l'édition de cent planches in-folio, un examen très-attentif et l'avis des personnes les plus compétentes nous ont décidé à retrancher cette estampe de l'œuvre de Rembrandt, le doute que nous avons déjà exprimé dans notre premier ouvrage, s'étant changé en une conviction parfaite.

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