‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 97 sur 151 · L* étoile des ftoù · texte numérisé non relu

L* étoile des ftoù

Petite pièce en travers , représentant un sujet de nuit. Dans le haut de la droite , se dessine, sur un fond tout noir, une étoile lumineuse; elle est attachée à un bâton et portée par un homme vu de dos , entouré de cinq ou six spectateurs. Sur la droite, on aperçoit plusieurs maisons aux fenêtres desquelles brillent de petites lumières.

Les premières épreuves chargées de manière noire, ont un aspect velouté; les dernières sont d'un noir cru.

Hauteur, 0,157; largeur, 0,137.

BARTSCH, 113. CLAUSSIN, 115. WILSON^ 117.

« Il est d'usage en Hollande, parmi le petit peuple, )>

dit Gersaint, en son style naïf, « de promener par la ville à la fête des Trois Rois , une grande lanterne , en forme d'étoile lumineuse, portée au bout d'un bâton par un homme ridiculement vêtu d'habits royaux, et suivi de plusieurs autres dans le même déguisement : ces gens forment ainsi une mascarade, et se promènent la nuit dans les rues , accompagnés d'une symphonie assortissante, allant de maison en maison pour attraper quelque argent aux bourgeois. »

Bernard Picart, dans ses Cérémonies religieuses, au tome troisième, qui concerne les Grecs et les Protestants, a gravé, lui aussi, une estampe fort curieuse intitulée : L'étoile des Rois, promenée dans Amsterdam, L'étoile lumineuse éclairant toute l'estampe, on en voit les figures comme dans une scène de jour. On lit dans le texte que cette gravure accompagne : « en Hollande, cette prétendue dévotion (celle des Noëls chantés par les rues), approche d'une mascarade complète. Les chanteurs choisissent trois des mieux tournés de leur troupe pour représenter les Trois Rois qui marchent de front. Celui du milieu marche gravement avec une grande étoile de papier blanc qu'il porte au haut d'une perche ; dans le corps de l'étoile, il y a une ou deux chandelles allumées. Celui qui la porte la fait tourner en chantant ; les Trois Rois sont revêtus de chemises blanches et couronnés d'une manière de bandeau orné de clinquant. Un d'eux porte un masque noir sur le

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visage ; quelquefois il est seulement barbouillé de noir, et souvent ils le sont tous les trois. Cette superstition commence à peu près à la mi-novembre et finit aux Rois. ))

Il est curieux, du reste, de voirie même sujet traité par un peintre tel que Rembrandt et par un graveur tel que Bernard Picart. Celui-ci est clair, précis, propre et froid comme le procès- verbal d'une cérémonie; l'autre est sombre, fantastique et vague. Tandis que, chez Bernard Picart, les figures se dessinent une à une , ont toutes la même valeur et morcellent la composition , les figures chez Rembrandt sont noyées dans les larges ombres de la nuit, et, ainsi confondues, elles prêtent une grande unité à une petite scène.

8G. La grande chasse aux lions.

Morceau légèrement gravé. On voit dans le milieu un cavalier renversé en partie sous un cheval abattu. Au-dessus, se cabre un autre cheval , lequel est monté par un Arabe qui lance un dard sur un lion courant vers la gauche de l'estampe, et poursuivi par deux autres cavaliers, dont l'un lui porte un coup de sabre, et l'autre lui décoche une flèche. Plusieurs autres Arabes à cheval, courant en sens divers, et parmi lesquels on distingue un nègre, se trouvent à la droite de l'estampe; un autre encore, qu'on ne voit qu'en partie et de dos, est sur le devant à gauche. Au haut de la planche est écrit Rembrandt , f. 1641.

Cette pièce est rare. 11 y a quelques barbes aux premières épn^uves.

Hauteur,- 0,230; largeur, 0.297.

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