‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 22 sur 202 · Voyez sa lettre à M. de Fontanes · texte numérisé non relu

Voyez sa lettre à M. de Fontanes

geâtres, ses ombres, fortement reflétées, vinrent taire diversion aux paysages vert cru de Paul Bril et aux tons bleus des Breughel, d'autant qu'il revint d'Italie à peu près dans le même temps que Jean Botb, Berghem, Hermari Swanevelt et Karel Dujardin. Ce dernier lui ressemble, bien qu'il soit plus curieux, plus intime, et qu'il ait pénétré plus avant dans les secrets de la nature. Mais souvent leurs petites scènes d'auberge ont de l'analogie, et à voir, par exemple, la jolie estampe du Cavalier, gravée par Glaessens d'après Asselyn, on pourrait croire que la peinture est de Karel.

Karel, Asselyn, maîtres aimables, qui avez cbargé vos paysages de nous dire toutes les impressions qui émurent vos âmes naïves, vous êtes les peintres par excellence du poëte voyageur ; vous devez être chers à tous ceux qui ont laissé par les chemins une partie de leur jeunesse et de leur cœur. Mieux encore que leurs souvenirs, vos toiles, chaudes de soleil, les reporteront aux montagnes de la Savoie, au pied des Alpes, sur le flanc des Apennins. Ils croiront encore entendre le chant du muletier. Ils reconnaîtront la vieille tour en ruines qu'on leur montrait au loin comme marquant la place où fut le camp d'Annibal ; ils diront : Voici le hameau où nous trouvâmes un abri contre la chaleur du jour ; voilà le pont qui nous conduisit au monastère hospitalier, et, par ce sentier.

nous arriverions au sommet d'un de ces coteaux d'où l'on découvre la douce Italie!

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