‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 124 sur 155 · SANGLIER BLESSÉ · texte numérisé non relu

SANGLIER BLESSÉ

Les groupes de Marseille sont le dernier grand travail de Barye. En 1868, il fit pour le comte de Nicolaï un lévrier couché, en marbre grandeur nature. A cette occasion, il acheta un très beau lévrier noir d'Afrique, qu'il paya fort cher, mais il n'était pas homme à reculer devant la dépense pour avoir un très beau modèle. Le marbre terminé, le chien était devenu l'ami de la maison, il y resta, et les habitants du quartier du quai des Célestins connaissaient bien le beau Tom, le chien de M. Barye. Quelques-uns s'en souviennent encore.

Les dernières années de Barye ne furent pas des années de repos et de loisir. Sans cesse il travaillait, produisait toujours, reprenant ses premiers ouvrages, finissant des maquettes qui attendaient leur tour dans leur cachette mysté-

rieuse, éditant de nouveaux modèles, qui étaient quelquefois des cires anciennes. Lors des événements de 1870, il résida avec sa famille à Cherbourg, mais le seul voyage qu'il faisait fréquemment était celui de Barbizon, dont il aimait la

tranquillité, le côté intime, et où il avait le voisinage de son ami, l'immense artiste

qui s'appelait Millet. Il menait là, pendant la belle saison, entouré des siens, une

vie retirée, très calme, encore plus simple; la preuve en est dans cette lettre :

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