‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 15 sur 155 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

à la fonte à cire perdue, procédé qui présente de grandes garanties de fidélité, mais qui est d’un maniement difficile. Gonon, dans son genre, n'en à pas moins fait des chefs-d’œuvre. Non seulement il a fondu le Zion écrasant un serpent,

mais aussi les chas

es et, précédemment, un groupe qui se trouve au musée du Louvre, le Tigre dévorant un gavial. M a écrit sur la plinthe de celui-ci

« Fondu par Gonon et ses fils. » On doit également à son industrie le Danseur napolitain de Duret : ce sont là ses meilleurs travaux. Mais, je le répète, le procédé est délicat et ne donne pas absolument ce que l'on en attend, On croirait que, sortant d'un moule qui est d'une seule pièce, l'œuvre pourra se passer de retouches. Mais ce moule doit avoir des évents qui, remplis par la matière en fusion, forment autour de l'objet fondu une sorte de broussaille. Il reste certaines

branches de métal, des jets souvent assez forts, qu'il faut détacher de la pièce,

et qui laissent des cicatrices qu'on doit absolument faire disparaitre avec la lime

et le ciseau. En définitive, la fonte, quelque procédé que l’on emploie pour ; » q ! Il

l'obtenir, a toujours besoin que le sculpteur ou le ciseleur vienne lui donner

la dernière main.

Quand Gonon mourut, ses deux fils étaient jeunes et encore sans situation personnelle. Barye eut alors l'idée de se faire fondeur et, en 1838, il s'associa avec un fabricant de bronzes. En cela, il ne pensa point déchoir. L'art et l'industrie, tels qu'il les entendait, étaient une même chose; et certes il avait une autorité suffisante pour professer une pareille opinion. A tout prendre, il était artiste à la manière des anciens statuaires grecs et d'autres grands maitres de

la Renaiï

ance, qui étaient, en même temps que sculpteurs, fondeurs et ciseleurs. Pour lui, en prenant la direction de la fonte, il en assura les résultats. Il employa aussi bien le procédé plus généralement répandu du moulage au sable que celui de la cire perdue. Quant aux retouches indispensables, elles se fai

ouvrier de la maison Fourier n'y avait pas fait un vain apprentissage; rien ne

saient sous ses yeux et suivant le cas il s'en chargeait lui-même. L'ancien

l’arrêtait dans les travaux les plus délicats de la ciselure. Chez lui, l'artiste était doublé d'un praticien hors ligne, l'artiste était complet. C’est un fait sur lequel j'appelle l'attention, parce qu'il est unique dans notre temps. Ce fut une des originalités de Barye, une de ces particularités qui comptent dans l'histoire d'un artiste.

la, il me semble qu'on a besoin de se figurer le milieu dans lequel

Après tant de choses étaient conçues, poursuivies, achevées. On voudrait connaître, en

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