PRÉFACE XXIX
La
Il nous reste maintenant à résumer ce qui précède et à en türer la con-
clusion. Nous avons exposé la méthode du maître et décrit ses procédés.
us avons consulté ses critiques pour les suivre ou pour redresser leurs jugements. Nous devons examiner, pour conclure, si sa doctrine est conforme à une saine théorie de la sculpture.
Je n'hésite pas à le dire, l’art de Barye est de tout point conforme à cette théorie. Si le caractère de la sculpture est de représenter l'élément fixe, essentiel et constitutif des êtres, il faut avouer que le grand artiste à pris le plus sûr moyen de satisfaire à ce principe. Rien de plus certain, en effet, pour arriver à déterminer les conditions de cet élément permanent et immuable, que l'information scientifique. Aussi chaque animal que figure le maitre est-il, avant tout, le représentant d’un genre, d’une espèce et d'un instinct.
Le sculpteur a-t-il obéi à cette grande loi de son art qui veut que l’artiste ne prenne pour objet de ses représentations que ce qui est dans l'esprit de son sujet, que ce qui se laisse parfaitement exprimer par l'enveloppe extérieure, par la forme corporelle ?
La réponse n'est pas douteuse. On ne pourrait rien relever, füt-ce dans la moindre de ses esquisses, même dans celles qui nous laissent incertains de savoir s'il voulait les abandonner ou s'il avait l'intention de les reprendre et de les développer, rien qui soit un manquement à cette règle de raison. Aucune mise en scène, aucune complaisance pour un faux pathétique. L'art de Barye a cela de commun avec l'antique, que, renfermée sous ses traits invariables, la vie des êtres reste concentrée en elle-même et que chacun d'eux vit pour ainsi dire en soi, et comme absorbé dans son individualité; et que si c'est un animal, il accomplit sa fin sans se dérober à la fatalité qui le régit. Si Barye n'a jamais abaissé et jamais avili son sujet; jamais il ne l'a, non plus, tiré de la sphère qui lui était propre. Il n'a donné à aucun de ses modèles une autre expression que celle que la nature leur a départie. Personne n'a mieux distingué que lui entre l'instinct qui s'exerce en aveugle et la vie réfléchie qui délibère et se conduit.
Si nous considérons en elle-même la doctrine de Barye, tout d'abord nous serons tentés de dire qu'elle est un pur naturalisme. Mais en voyant ses effets et ce que l'artiste en à tiré, nous en aurons une opinion plus juste : nous
penserons que si la nature sert de base à son travail, ses œuvres sont idéales.
L'étude de la nature est le fond des arts d'imitation; mais il y a bien des h
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