‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 20 sur 155 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

manières de l'aborder et d’en tirer parti. Dans un temps comme le nôtre, on a peu de chances de voir la réalité telle qu'elleest, c'est-à-dire affranchie des traditions et des idées héréditaires. On peut au moins s’efforcer de la connaitre dans son intégralité; et c’est ce que Barye a fait avec une conscience infatigable. Ensuite, et sans qu'il s'inquiétât du comment, sa personnalité s’ajoutait aux données acquises.

isait le reste.

Ses matériaux étant scrupuleusement rassemblés, son génie f

J'ai assez appuyé sur le caractère qu'il a donné aux animaux. S'éloignant également du symbolisme oriental et de l'idée qui avait inspiré aux Grecs de subordonner à l’homme ce genre de représentation, Barye à fait de la sculpture antique avec le goût et le savoir d'un moderne. Et en cela il a si bien réussi qu'il ne craint aucun rapprochement et que si, d'un autre côté, l'on décrivait d'après ses sculptures les espèces qu'il a figurées, on ferait un livre de zoologie parfait.

Je suis encore plus frappé de la manière dont Barye a traité la figure de

ique :

l'homme. Il l'a rendue d'une façon extraordinaire dans sa puissance phy chaque personnage a une vigueur immense. A cet état supérieur répond le calme idéal, la sûreté de soi que ses héros gardent jusque dans leurs actions les plus

se dans une admiration qu'au-

violentes. Et ce calme gagne le spectateur et le lais cune inquiétude ne vient troubler. Cest par là que Barye est un grand sta-

tuaire : chez lui, la vie physique décèle une vie morale élevée, intense, soutenue

par un développement corporel imposant, Ces deux énergies, il les a toujours

éralisation

intimement associées l'une à l’autre. Il a tendu toute sa vie à une g des formes et à une identification de celles-ci avec l'idée qui sont les conditions fondamentales de la sculpture.

Aussi ne trouverait-on rien dans ses sujets, si petites que soient leurs dimen-

sions, qui püt les faire considérer comme des ouvrages de genre. Sa manière

d'envisager la sculpture comme devant avoir un caractère très général était telle qu'à partir de sa maturité il n'a jamais fait de portraits. Avec son esprit très vif et le don qu'il avait de bien observer, il eût saisi à merveille le trait caractéristique des visages et des physionomies. Mais consacrer par la sculpture le désordre relatif que les formes individuelles présentent, cela ne le tentait point, IL restait fidèle à son idée de généralisation. Que de personnes cependant eussent été désireuses d’avoir leur portrait de sa main!

Après avoir reconnu que Barye a satisfait aux grandes lois de son art, qu'il en a rempli les conditions les plus hautes, demandons-nous encore s’il en a bien entendu la technique.

Observons d'abord que les sujets qu'il à traités ne comportent pas l'ex-

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