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sas D gi
il est des morts dont la gloire doit, à tous les âges, demeurer
sont plus, — contemporaine.
Qu'on y songe : à notre époque, où, à propos de ce qu'on appelle le naturalisme, il se dépense des mots et des idées, — moins d'idées que de mots, à vrai dire; — alors que, véritablement, il y a dans l'art comme un grand mou-
alors qu’on se
vement unanime vers l'expression sincère et vraie des chose détourne des interprétations conventionnelles et des conceptions fictives, pour se complaire dans l'exactitude, Barye avait le droit de dominer de son autorité, et, en quelque sorte, de planer de tout son souvenir, lui qui, au grand étonnement
et malgré les dédains de son temps, a si superbement étreint la vérité et s’est
tance acharnée, faite d'amour pieux
voué à l'étude de la nature avec une per
et de respectueuse ardeur.
Il y à tout un enseignement dans l'incomparable sûreté de son savoir. Une école entière peut mettre à profit ses recherches, qui sont des découvertes, puiser dans le répertoire considérable des lois qu'il a fixées, et s’abriter derrière son expérience. Là où a passé son ébauchoir, le dilettante et le praticien n’ont qu'à venir voir : ils sont assurés, l'un et l’autre, de trouver leur part de plaisir et d'étude.
Barye n'a pas seulement exécuté une longue suite d'œuvres remarquables, dans le sens le plus expressif du mot. Il à laissé un œuvre, c’est-à-dire un ensemble de créations diverses, liées entre elles par des rapports communs de conception. Or, tout œuvre d'artiste a comme un esprit qui l'anime, et qui est une force aussi bien qu'une raison d'être? Je me propose, dans ces premières pages, d'évoquer cet esprit, si je puis; de le dégager de l’ensemble de ses carac-
tères dominants ; par la suite, je me réserve d’en étudier les manifestations, les
incarnations successives qui sont les ouvrages différents du sculpteur. Entretemps viendront les renseignements recueillis sur cette existence laborieuse qui n'a pas eu d'histoire et que bien peu d'épisodes ont traversée. Puis, avant de parler des procédés de la technique du maitre, nous passerons en revue ses peintures et ses aquarelles, dont l'originalité puissante révèle moins peut-être un talent d'un
autre ordre qu'elle ne donne une formule nouvelle de son génie d'artiste.
Il suffit de prononcer le nom de Barye pour éveiller dans l'esprit l’image de ce monde d'animaux, petits ou grands, de toute race et de toute espèce, dont il a fixé le type et le caractère dans le bronze. Est-ce à dire pour cela qu'il se soit enfermé étroitement dans une spécialité, résolu à n'en pas sortir? Non point ; ainsi que nous le verrons, il a vaillamment parcouru tout le domaine de la sculpture; mais le choix des sujets traités par lui d'une manière suivie et constante prouve qu'il avait une prédilection pour les formes de l'animal; son champ favori d'observation l’attirait d'autant plus qu'il était presque inexploré avant lui.
A ce propos, il convient de méditer sur ceci : c'est que Barye a atteint
les plus hautes expressions de l’art en se consacrant à un genre que tout autre eût été incapable d'aborder, sous peine de s'amoindrir ou de déchoir, Le dédain et le mépris qu'inspirent les bêtes en général risquaient de compromettre le sculpteur qui les avait prises pour modèles. Mis en parallèle avec les talents uniquement inspirés par la figure humaine, le sien eût pu mériter un rang secondaire : il n’en a rien été. Barye triomphe par la plastique pure, il en exalte la beauté et la force; il n’est donc plus répréhensible de s'être complu à la représentation des êtres dits inférieurs.
Sortis de son atelier, le fauve qui rugit, l'oiseau qui prend son essor, le reptile qui s'enroule et rampe, n'éveillent pas en nous que la seule et simple image d'un animal quelconque : c’est la nature animée, frémissante, en pleine intensité de vie, qui nous apparaît dans une de ses manifestations particulières, et ce spectacle d’un membre tendu comme un ressort, d'une poitrine développée, d'une croupe impatiente, a tant de puissance et d'éloquente grandeur, que la forme humaine n'aurait pas évoqué d'une manière plus complète le sentiment de la beauté.
En raison de leurs dimensions restreintes, et quelquefois même du pittoresque de leurs allures, certains de ses ouvrages semblaient être de ceux que
le commerce pouvait accaparer. Il y avait là toute une série de tentations aux-