‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 27 sur 155 · LAPIN LES OREILLES LEVÉES · texte numérisé non relu

LAPIN LES OREILLES LEVÉES

Sans avoir l'intention d'émettre une observation sinon malveillante, du moins irrévérencieuse, ne peut-on pas dire que la critique d'art contemporaine serait volontiers, si elle n'y pre-

nait pas garde, disposée à quitter le domaine de

l'esthétique pour s'aventurer à travers la curiosité CHIEN EN ARRET pure? Dans un ouvrage consacré à l'œuvre d'un artiste, on considère comme très important d'accumuler les détails précis sur son existence particulière. Les renseignements donnés sur la manière dont il comprenait son art, dont il échauffait son talent, ne suflisent guère, et semblent avoir moins d'attraits que les révélations indiscrètes relatives à ses habitudes quotidiennes, ou à sa manière d'agir dans les circonstances ordinaires de la vie. Je sais bien que l'idée première d'une création plastique est parfois la conséquence d'un fait privé ou accidentel sans importance par lui-même, Je reconnais que l'existence de l'homme peut influer d'une façon directe sur la carrière de l'artiste; mais il est mauvais que l'accessoire vienne à masquer le principal ; il ne faut pas que le biographe, à propos d'une date incertaine, prolonge ses dissertations au préjudice du dilettante.

D'ailleurs, Barye, quelque souci que l'on en ait, ne donnera jamais que fort peu de chose aux chercheurs d'épisodes. Enfermé dans son atelier, il s’est tenu en dehors des événements de son temps, politiques et autres. Il n'a pas laissé de mémoires, et n'écrivait pas même de ces lettres familières où l'individu s'abandonne et se

dévoile sous un jour nouveau.

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