‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 55 sur 155 · MAMAN · texte numérisé non relu

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pression augmentait, écrit M. Ch. Lenormant'; il m'a semblé d'abord que

le lion remuait : hier je l’entendais rugir. » « Voici un lion colossal qui se défend contre un serpent. Que de force

et de naturel dans cette pose! Comme la ligne qui va de la tête à la queue

de l'animal est courbée avec grâce et facilité ! L'expression de cette tête est

tout à Ja fois de l’effroi et de la colère. Il appuie sa patte, en écartant

ses griffes, sur le serpent et vous vous attendez à le voir remuer au plus léger

mouvement du reptile. » (Extrait de /’Artiste*?.)

Mais il est une remarque très juste que formule la critique; elle a beau avoir été reprise depuis par tous les écrivains qui se sont occupés de Barye, elle n'en appartient pas moins en propre aux témoins de l'heure première. On fut émerveillé de la nouveauté du lion de Barye. On apprécia du même coup et la différence qui le séparait des productions précédentes et

l'importance du parti de cette innovation* : « Ce lion, qui combat un serpent,

croyez-vous quil ressemble en rien à ces lions qu'on nous fait classique ment depuis une huitaine d'années, et qui, sous lourdes crinières, ont le malheur de ressembler à des baillis d’opéra-comique ? »

C'est Jal qui parle ainsi. Or, trente-trois ans plus tard, Théophile Gautier ‘ à propos de cette œuvre reprenait la même thèse en se servant de la même idée, mais qu'il habillait de ce style brillant et imagé, qui fut la raison de sa puissance de critique. Parlant des lions d'avant Barye, il écrivait :

« Ils ont des perruques de marbre à la Louis XIV, de celles qu'on appelait in-folio, dont les boucles correctement frisées leur descendent jusqu'à l’échine. Leurs faces débonnaires, aux traits presque humains, ressemblent à des masques de pères nobles dans la vieille comédie; leur corps flasque, arrondi, sans os, sans nerfs et comme bourré de’ son, n’a ni souplesse, ni vigueur, et leur patte soulevée s'appuie sur une boule, geste peu léonin, il faut l'avouer. »

Dans /’Artiste du temps, je relève encore cette intéressante comparaison :

« À propos de ce naturel répandu dans les compositions de Barye, qu'on

nous permette de relater ici un souvenir de Rome qui rendra notre pensée plus

sensible. Casanova, dans son beau monument de Pie VI, a associé deux lions à

son groupe principal, et pour les harmoniser avec l'action du moment, il leur a

1. Ch. Lenormant. Les Artistes contemporains, « Salon de 1833 », page 76. ste, « Salon de 1833 », article sans signature,

al. Causeries du Louvre, « Salon de 1833 », page 139.

Théophile Gautier. L'Ilustration, année 1866, « Barye ».

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donné la douleur de l'homme; l'un d'eux pleure à grands cris, et l'autre, la tête g e

penchée, gémit silencieusement. Cela est à effet, bien exécuté sans doute, mais

cela n’est pas vrai : le cuir de la face a été plis

6 par la fantaisie du sculpteur et non par la volonté de la nature; l'artiste a fait mentir les muscles à la char

pente qui est au-dessous. Cette expression #70rale, si je puis m’exprimer ainsi, ne

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