‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 57 sur 155 · PULL · texte numérisé non relu

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pour donner un coup de griffe de travers. C'est là un mouvement de félin, ou

mieux de chat, et ce mouvement suffit à donner une impre

ssion d'intimité, je dirais presque de mutinerie, qui n’exelut pas le charme, mais enlève du caractère au drame, et du terrible à l'action.

Tel qu'il est aux Tuileries, ce lion de 1833 marque-t-il un des points culmi-

nants dans la carrière de Barye ? Je serais tenté de répondre plus exactement qu'il

est le chef-d'œuvre de sa première manière, mais que la seconde devait laisser au-dessous d'elle la première.

Quoiqu'il soit devenu plus épique, déjà, et d'une intensité d'expression plus pénétrante, il ne se soustrait pas encore aux reproches qu'avait mérités le Tigre dévorant un crocodile. Sa facture reste d'une exactitude, d'une précision très accentuées. Il à voulu tout dire. Elle est extraordinaire, l'exécution de la crinière, de la peau qu'on sent sous le poil qui la recouvre; mais l’'admirable multiplicité des choses sensibles à l'œil du spectateur, placé tout contre l'ouvrage, porte préjudice à l'ensemble que de loin veut et doit embrasser le regard.

Ces derniers mots appellent une explication, peut-être même une justification.

On sait qu'au mois de juin 1836, cette œuvre, fondue en bronze à cire

perdue par Honoré Gonon et ses deux fi

fut placée au jardin des Tuileries, où elle est encore, ce qui même fit dire à un artiste, convaincu d'académisme irréconciliable, et dont on ne cite pas le nom, par bienveillance pour sa mémoire : « Depuis quand les Tuileries sont-elles une ménagerie ? »

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