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la sculpture, que tous ses motifs doivent se débrouiller facilement et ne laisser, de
Or, Charles Blanc à propos du Zion de T8 xprime ainsi! : « C'est une loi de loin comme de près, aucune incertitude sur leur signification. Barye n'avait pas observé cette loi dans le modèle du lion qui est maintenant placé aux Tuileries ; à quelque distance l'animal ne se distingue pas, on ne sait si c'est un être vivant que l’on aperçoit ou un rocher... Il est probable que Barye sentit lui-même que son Lion se débrouillait mal pour qui le regardait d’un peu loin, car il ne tomba plus dans ce défaut. »
Tout est-il bien juste dans cette critique? Le défaut existe, c'est convenu; le groupe se silhouette malaisément, mais il n'avait pas été exécuté pour l'emplacement qu'on lui attribua après coup et qui, à vrai dire, est défavorable.
J'imagine qu'encouragé par ses premiers succès de 1831 Barye a prétendu démontrer qu'il n'était pas fait seulement pour les petits animaux. Il voulut
1. Charles Blanc. Les Artistes de mon temps, « Barye », p 385 et 386.
s'affirmer par un grand ouvrage. Il l'entreprit, l'exécuta sans préoccupation particulièrement décorative. Le groupe terminé, ce ne fut qu'un cri pour demander que le Jeune maitre fût admis à l’exposer devant tous, dans les promenades publiques.
Lisez plutôt cette mise en demeure parue dans Artiste avant la distribution des récompenses du Salon, et la proposition des commandes à faire :
« Voici Barye qui se montre avec une incontestable supériorité de sculpteur ! Eh bien, il n'y à pas de criailleries d’éplucheurs du budget qui doivent empècher le gouvernement de lui donner des marbres pour tailler des lions, des ours, des tigres destinés à embellir nos jardins. »
Barye, honoré de l'acquisition et de la commande de l'État, ne pouvait qu'être très heureux de voir son œuvre figurer aux Tuileries; il dut accueillir avec transport le projet officiel. Si la place ne convenait pas au groupe parce qu'elle en accusait la seule imperfection, parce qu'elle montrait dans le vide de l’espace, dans le lointain d'une perspective, une œuvre plutôt faite pour un musée, la faute n'en est pas à Barye.
Mais il est certain qu'il tira profit d'une remarque qu'avant tout autre il avait dù faire, Cette vérité s'imposa à lui: à savoir que, pour arriver à un effet décoratif, il est indispensable, surtout en plein air, de procéder par masses simples, par plans larges.
Et cette vérité, il ne l’oubliera plus; elle sera la formule souveraine de son génie dans les œuvres monumentales qu'il va nous donner soit au pied de la
colonne de Juillet, soit au guichet du Louvre.
Il est pour les arts des années heureuses : l'année 1833 a été de celles-là.
A la fin de l'exposition, Barye recevait la croix de chevalier de la Légion d'honneur. L’ordonnance royale du 30 avril, rendue sur le rapport de M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics, lui conférait cette distinction, en même temps qu'à Boilly, Alfred Johannot, Rude, Duret, Ludovic Vitet, Édouard
Bertin, Alfred de Vigny, Jal, Henri Didot.
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