XVI PRÉFACE
vocation originale. Cependant on y remarque une bonne entente de plans, entente
sédée dans une admirable
qui est une partie importante de l'art et qu'il a pos mesure. À cet égard, il suffit de citer un exemple : le Zion de la colonne de Juillet, œuvre superbe et, dans son originalité, toute pleine du style classique le plus pur. C'est à l’École des beaux-arts, alors très occupée des questions de théorie, que Barye a appris les lois du bas-relief.
Je dois remarquer encore que la note inscrite au procès-verbal de la séance
Barye
où fut rendu le jugement de l’Académie est encourageante, et que éprouva l'injustice de ses rivaux, la bienveillance de ses maitres du moins lui fut acquise. Cela n'est pas inutile à rappeler, car la carrière de Barye à eu des traverses cruelles, et il importe de dire que ses maitres, à l'encontre de ce que l'on pourrait prétendre, ne l'ont pas entravée.
is nous avons vu
Quoi qu'il en soit, Barye quitta les concours. Plus d'une f des jeunes gens, après de brillants débuts, arriver à un moment fatal où ils sont réduits à l'impuissance. C’est un mystère, et c'est aussi une extrème difficulté pour ceux qui enseignent de distinguer entre les véritables promesses du talent et de trompeuses annonces qui sont le signe de son avortement prochain. Ce n'était point le cas pour Barye. A tous risques, il tournait ailleurs son énergie. Peu à peu, il avait négligé la gymnastique des concours, et hardiment suivi son inclination. Mais il n'avait point perdu son temps à l'École des beaux-arts. Mis à
l'étude de l'antique, il avait fait son choix parmi les chefs-d'œuvre; il était allé
aux plus larges et aux plus puissants. Son attention s'était fortement portée sur la sculpture égyptienne que Champollion rangeait alors au Louvre. De la sorte il s'était initié aux conditions de son art les plus hautes et les plus nécessaires. Il avait appris ce qui constitue la sculpture et l'œuvre sculpturale, le style. Tel fut le profit qu'il tira de son stage académique et reconnaissons qu'il ne fut pas médiocre.
Quand il commença à modeler des animaux, la variété qu'offrait ce monde nouveau le conduisit à des études que personne n'avait faites avant lui. Dans l'ordre de sujets qu'il présentait, on devait renoncer à consulter l'antique, eùt-on à sa disposition la galerie des animaux du Vatican. Il fallait absolument fonder ses études sur quelque autre chose que le souvenir, et c’est ainsi qu'il fut conduit à travailler directement d'après nature. Il comprit bien vite qu'il n'y avait qu'un moyen de représenter tant d'êtres divers et de s’en rendre maitre : c'était de les étudier scientifiquement. Il l’a fait avec énergie et, après plusieurs années de constance, il a exposé le Zion écrasant un serpent dont j'ai déjà longuement
parlé. Voilà ce qu'il avait appris à l'école de la nature, Mais entre les études clas-