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-Corot dans l'ancien atelier Je I , Peinture par Ch. Desavary,
le travailleur. 11 peignit nutamment une X'ue die beffroi de liuuai {Fig. 214) à laquelle il ne faisait que rendre justice quand il disait, sur le ton de la plaisanterie, dans un lettre à Desavary (8 mai 1871) : « Je mets la dernière main au Beffroi de Douai, œuvre splendide //. C'est une merveille de consciencieuse application, sur laquelle il a passé une vingtaine de séances et qui témoigne de l'humble respect pour la vérité dont il lit preuve jusqu'au bout, quand la nature
(Fig. 214). — Le beffroi de Douai. 1871.
lui servait de modèle, en dépit de la facilité créatrice que l'exercice avait développée en lui. Le soir, à la veillée, l'imagination se donnait carrière ; le lithographe qui l'hébergeait ayant mis entre ses doigts un crayon gras, il traça sur le papier autographique de charmantes compositions, que M. Robaut prit soin d'éditer (^Fig. 216).
Cependant, dès que la lutte fratricide eut prit fin, il n'y tint plus. Il voulait revoir Paris, sa famille et son cher Ville-d'Avrav,
si éprouvé pendant ces jours de malheur. Ses hôtes l'accompagnèrent, puis le ramenèrent avec eux de nouveau. Ils avaient loué à son intention une maisonnette à Arleux-du-Noi"d, à proximité de sites qui lui plaisaient. Corot y demeura jusqu'à la fin de juillet. Il quitta alors ses amis pour aller embrasser sa sœur, retour de Marseille après dix mois d'absence. Le 28 juillet, il était à Paris pour lui souhaiter sa iête, et il l'emmenait à Ville-d'Avray. C'est de là que, le 3 août, il donnait de ses nouvelles à M-" Dutilleux, avec une gaîté et un enjouement juvéniles.
xVIadame et amie.
Je sors mes lunettes avec rapidité pour vous écrire que nous sommes installés, ma sœur et moi. La maison est nettoyée et les traces prussiennes ont disparu. Ma sœur est en assez bonne santé. Elle m'a chargé de \ous faire ses compliments ainsi qu'à toute la famille. J'ai commencé des études à Villed'Avray. J'ai retrouvé des études. Je n'ai plus ces jolis marais d'Arleux-Palluel. Je pense que vous passez de jolis moments dans ces jolis bateaux et jolis bois du pont de Palluel et les jolis bois d'Oisy. Je me suis bien amusé là-bas ; je pense que vous en faites tous autant, pour ne pas en perdre l'habitude, et que Madame Marie aura retrouvé du calme, du repos, et alors la santé. Je fais des prières pour que tout ça se réalise.
Péchez aussi de belles anguilles
sauce moutarde.
Et, au premier repas, je vous prie, buvez à la santé du pauvre petit nègre, votre nourrisson pendant la Commune.
J'ai l'air d'écrire en vers.
Embrassez bien pour moi M. et Mme Alfred. Mme Marie et Léontine. Mes amitiés à Charles et à M. et Mme Seiter, à Paul et à sa femme, et Monsieur Pocher quand vous les verrez.
Recevez, Madame et amie, l'assurance de mon amitié.