RUBENS
(Reprod. d’après le premier état de la lithog. originale.)
ait pris soin de les définir, de l’étrange. Il est pourtant — l’homme, je pense, comme l’artiste — de son époque, pas plus que de toutes les autres. Sons un ciel médiéval verriez-vous mieux que sous celui-ci ces yeux d’enfant où le rire de la joie et de la bonté tout à coup s’éteint comme à l’aspect, par eux seuls, dôme apparition à la fois de désespoir et d’exaltation, ce front à l'ordinaire crispé dans la constance du songe, ces cheveux longs
quement et douloureusement, avec un recours à de l’ironie tempérée de pitié ? De tous les temps ou de nul ; et de même il aurait toutes les patries ou pas une, Flamand de Bretagne, exilé ici, là-bas aussi. (A Paris on se souvient — il faut bien s’en souvenir pour lui ! — qu’il est d’origine française; je pense qu’à Bruxelles on est heureux de se souvenir qu’il y est né.)
En art aussi son originalité est entière, avec la sauve-
garde d’une illustre parenté : un peu des clartés puissantes, terribles et douces d’Eugène Delacroix, Henry de Groux ne l’imite pas plus qu’il n’a choisi de ressembler, extérieurement, à Ernest Hello ; mais les préférences de son rêve frôlent volontiers celles du peintre des Croisés et des Pestiférés. On vérifierait le mystère de cette rencontre au lieu des âmes par des similitudes de noblesse dans la conception et de brusquerie tendre dans l’exécution, par des rapports de logique hardiesse dans la fantaisie tragique, par une communauté de pré¬
plus se recommander de quiconque d’illustre autour de cette date, et avec un simple orgueil laisse voir la prétention d’être, à ses risques, soi, — après avoir, il fautoutefois le dire, erré, mais pas longtemps, dans la corruption réaliste.
D’une telle erreur sont plus coupables que les artistes les circonstances où commença leur éducation. En se développant l’Imagier génial qui est en de Groux ne tarda pas à se rendre compte de l’insuffisance d’un effort qui s’assignerait pour terme l’ambition de donner aux élé->