NOCTURNE
(Reprod. d'après la lith. originale.)
Nous avons pensé que nos lecteurs liraient avec intérêt les lignes suivantes que nous publions avec l’autorisation du destinataire. Elles constituent un corollaire intéressant des critiques sur Henri De Groux et nous n’hésitons pas un seul instant à les insérer, bien que l’auteur les aient écrites sans intention de publicité aucune.
Mon cher Gérard,
Les considérations que vous trouverez ici répondront, je crois, à quelques-unes de celles qui sont émises en ce numéro de la Plume pour lequel les plus beaux ours de la critique d’art
ont déjà réuni une collection de monolithes — des plus industrieusement écarris, — suffisante pour assurer le dallage d’un parvis triomphal, d’un mausolée, — et même de tout un cimetière !...
Je suis heureusement un amateur de jardins assez averti, et peu soucieux d’expirer sous les hommages plus ou moins fleuris, épandus sur lui à pleines brassées...
Les munitions que vous apportez vous-même, mon cher Gérard, à la confection de ce monument, menacent d’être superflues ; et provisoirement je préférerais considérer ce présent comme un
véridique témoignage d’amitié que comme une réclame urgente, ou opportune!...
Je crois qu’il serait, en effet, assez vain de s’imaginer, en cette fin de siècle, pouvoir jouer les ilotes pour l'édification de n’importe quelle jeunesse!... Nous aurions, en général, un public hostile, croyez-moi, et qui ne nous pardonne rait guère d’avoir voulu le tirer d’une immi-
pre mea culpa tellement sont justes certaines remarques.
Au moins m’avez- vous fait grâce de la « main d’enfant », et de ma prétendue a ignorance », et de mon « mysticisme » et autres clichés qui semblent avoir été adoptés à l’unanimité par nos gazetiers d’art pour toutes les occasions de me caractériser. Dans ces conditions je plaiderai