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L'ACTUALITÉ

Ce n’était pourtant pas seulement des menus faits de sa propre vie, présente ou passée, que l'écrivain faisait son miel, mais aussi de ceux de la vie unanime, des événements auxquels s’intéressait la France entière.

Ecrivant pour des quotidiens ou des hebdomadaires, Renard était invité à s'inspirer tout naturellement (2) dans les pages qu'il leur adressait, de ce qu'on appelle « l'actualité », quitte, lorsqu'il réunissait, ensuite, ses textes en un volume, à faire disparaître les phrases qui en auraient souligné le caractère éphémère.

(1) Bien entendu, toutes les sources que nous allons distinguer dans notre analyse peuvent se confondre et contribuer à alimenter une même œuvre.

(2) Surtout lorsqu'il « minutait » à l’Echo de Paris. Voir Cor. I, p. 146 et notre Bibliographie : Collaboration aux Journaux et Revues : Echo de Paris. — L'Echo de Paris du 5 septembre 189 annonçait sous le titre : Les minutes de la vie : « sept chroniquettes où se condensera chaque jour, de « vive et brève façon, un moment de l'esprit parisien, ou « quelque saisissant tableau... »

L'’anarchisme, par exemple, était un sujet à la mode, et pour cause. Il devait inspirer des dessins, des nouvelles (1), des romans (2). En 1892, on chantait sur l'air de Cadet Roussel une chanson dont le refrain était:

Ah ! Ah ! c’ n’est pas un’ crac La dynamit’ nous fiche l’ trac (3).

Et le 17 novembre de la même année, Renard donnait au Journal: La bombe préservatrice (4). Le numéro du 13 janvier 1894 de Figaro (Supplément littéraire) était consacré au Péril anarchiste ; et c'est dans les Suppléments du 20 et du 27 janvier suivants que Renard publiait Les anarchistes pour rire: La mondaine et Le fin lettré (5).

Sans parler des livres ou des pièces de théâtre sur lesquels il écrivit des articles, l'actualité littéraire fournit à Renard beaucoup de sujets. Il se disait homme de lettres avant tout, et lisait quantité de journaux. Il se tenait en dehors de toutes les écoles et des querelles d'écoles, mais il les connaissait eb il a dit son mot — plaisant — sur le naturalisme (6), le symbolisme (7) les psychologues (8).

(1) La bombe, par Edmond Pilon, dans les Rassemblements, Floury 1896.

(2) J. H. Rosny. Les âmes perdues. Fasquelle, 1899.

(3) La Plume. 1% juin 1892, p. 263. Voir aussi les numéros! du 1% septembre 1892, p. 377: Lettres sur l'anarchie, et du 17 mai 1893, entièrement consacré à l’Anarchisme.

(4) Coq. p. 17 et suiv.

5) V. d. s. v. p. 197 et suiv.

7) Lant. s. p. 61.

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