LE CHOIX DES MOTS
Renard l’a d’ailleurs proclamé : « Le style, c'est « le mot qu'il faut. Le reste importe peu » (1). Aussi, dans le choix des mots qu'il employait, a-t-il apporté tout le soin qu’il pouvait, tout le goût qu'il avait. Naturellement, qui dit choix dit élimination. Le goût est fait de dégoûts. Et Renard a d’abord refusé de se servir d'une quantité de mots.
Il avait en horreur le vocabulaire mythologique : « Il devrait être interdit, sous peine d'amende et même « de prison, à tout écrivain moderne, d'emprunter une « comparaison à la mythologie, de parler de harpe, de « lyre, de muse, de cygnes. Passe encore pour les ci- « gognes » (2). Et il écrivait à Ernest Raynaud : « Une « chose m'amuse beaucoup : c’est que tu parles d’Ama- « ryllis, d'Hermès. Ça me dépasse implacablement » (3).
De même : « Dans l’ancien style on éprouvait par- « fois le besoin de traduire quelques mots français en « latin (4). L'imprimerie les rendait en lettres italiques.… « Ce n'était qu'une simple redondance parfaitement « vaine. C’est ainsi qu’on lit dans Le Génie du Christia-