‹ L'œuvre et l'âme de Jules RenardChapitre 5 sur 124 · MAO SE · texte numérisé non relu

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) p. 56, 64, 98, et Coq. p. 126, 127, 45, etc. ) p

« grand bras étendu » (1) — mais tableaux et images sont noyés, perdus dans le récit, au lieu d'être isolés comme plus tard.

Renard avait raison d'écrire : « Nous sommes toul « dans notre premier livre. Nous ne faisons plus tard « qu'arracher nos défauts et cultiver nos qualités, « quand nous le faisons » (2). C'est ce qu'il saura faire, horticulteur têtu. Mais, dans Les Cloportes, la mauvaise herbe étoufle trop la bonne.

Lui-même a jugé d'ailleurs ses essais de prose aussi durement que ses vers. Des nouvelles qu'il publia, il écrivait à son ami Ernest Raynaud : « de vieilles nou- « velles d'avant le régiment, que tu connais en partie « et qui m'agaçaient dans mon carton. C'est enfantin. « Ce n’est offrable qu'à un affectionné. Quatre ou cinq « ans de plus ne nous donnent pas une guigne de ta- « lent, mais ça müûrit joliment le goût ou, plutôt, le « dégoût » (3). Quant aux Cloportes, 1l jugea cette œuvre en ne la publiant pas. Il déclare dans son Journal qu'une « aventure épisodique », la mort de Françoise, lui déplaisait (4), à une époque où il pensait encore publier son roman. Mais plus il attendait, plus le dégoût de tout ce que nous avons relevé dans cet ouvrage de contraire à sa nature devait mürir en lui. Les Cloportes furent une mine d’où il extrayait des sujets qu'on trou-

Le véritable « premier livre » de Renard serait en ce sens Sourires pincés, où les courtes Pointes sèches voisinent déjà avec les nouvelles à la Maupassant : La Demande, Baucis et Philémon, Le Coureur de filles.

(3) Cor. I. p. 120-121. 16 octobre 1888.

vera disséminés dans Sourires pincés, Coquecigrues, La Lanterne sourde, Poil de Carolte, Histoires Naturelles, Bucoliques, La Bigote.

Car déjà, Jules Renard commençait à donner au Mercure de France les courtes proses où 1l devait trouver sa forme propre, en harmonie avec ses tendances profondes. Et Renard, vers 1890, aurait pu annoncer qu'il y avait « de moins », non seulement un docile poète de cabaret et de salon, mais aussi un trop jeune disciple de Maupassant et de Flaubert.

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