‹ L'Œuvre Médicale Française au MarocChapitre 37 sur 63 · ENT · texte numérisé non relu

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gîtes anophéliens. On la trouvé jusqu’à 1.700 mètres d’'allitude. C’est donc un vecteur du paludisme extrêmement dangereux.

On rencontre encore, mais moins fréquemment, A. Claviger, À. Sergenti, À. Turkhudi, À. multicolor (rare, sauf dans les oasis sahariennes).

L'étude préalable de l'ennemi étant faite, ses positions repérées, ses habitudes, ses mœurs ayant été relevées, il fallait dresser un plan de bataille et le mettre à exécution.

De quelle façon pouvait-on atteindre le virus paludique ?

1° Chez les impaludés : c’est la lutte antiplasmodiale.

2° En détruisant les moustiques vecteurs de virus ou en détruisant les gîtes où il peut se développer et pulluler : c’est la lutte antilarvaire et la lutte anti-anophélienne.

— La lutte antiplasmodiale est faite par la prophylaxie médicamenteuse. C’est une prophylaxie collective, en ce sens que, réduisant les accès chez les impaludés, et protégeant les non impaludés, elle a tendance à supprimer ou, du moins, à réduire les réservoirs de virus.

Mais, dans les périodes d’épidémie, on emploie alors les traitements des masses : traitement des malades par le « traitement standard », qui consiste en injections de quinidyl, puis quinacrine ou prémaline. En même temps, toute la population reçoit la médication prophylactique : quinacrine, prémaline ou nivaquine, distribuée chaque semaine.

— La lutte antilarvaire comprend plusieurs procédés appliqués suivant les cas, selon la densité de la population environnante et selon l’étendue de la zone infestée. Autour d’une agglomération urbaine ou d’un gros centre rural, on organise des secteurs antilarvaires (33 en 1952).

—— Le désherbage des daïas, la régularisation des canaux d'irrigation et des séguias;

-—— Le mazoutage des grandes étendues d’eau (180.000 litres en 1952) ; | |

— Les épandages des insecticides de contact qui se feront par avion ou par pulvérisation dans les habitations

Sr TO et les petites étendues (80.000 kg: en 1952; 25.000 maisons désinsectisées, 60.000 personnes protégées et 5 tonnes de D. D. T. employées).

Enfin, des travaux d'assainissement ont été effectués par les Services du Génie Rural et des Travaux Publics, en collaboration avec les Services Antipaludiques : ils consistent en drainages, en régularisation des petits cours d’eau, en plantations d'arbres qui absorbent beaucoup d’eau (eucalyptus, mimosas). Certaines régions ont été ainsi complètement transformées et, de marécages improductifs et dangereux, sont devenues de belles terres plantées d’arbres dont le bois ou les écorces (fabrication du tanin) constituent une vraie richesse, ou plantées de magnifiques orangeries.

Il à fallu pour cela investir des centaines de millions de franes, mais la récupération de terres fertiles et profondes, la disparition du paludisme là où il constituait un véritable fléau, justifient ces dépenses qui seront grandement récupérées. |

Evidemment, il reste beaucoup à faire encore, mais le Protectorat continue la tâche qui n’est pas l'œuvre d’un jour, et des résultats sont là pour encourager cette continuation.

La mortalité infantile a diminué dans d'énormes proportions : l’enfance payait autrefois un tribut très lourd au paludisme. —

Dans les villes, le paludisme est devenu à peu près inexistant, malgré l’arrivée toujours plus’ grande de Marocains venant du bled.

Dans les campagnes, il se fait de plus en plus rare, et l’on peut espérer que, dans quelques années, il aura presque complètement disparu, à condition, bien entendu, que l’on continue l'effort qui a été soutenu jusqu'ici.

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PALUDISME AE ToTAUx | CAS CONSULTANTS DES CONSULTANTS | DE PALUDISME (p. 1.000) 1928 2,152,256 180.000 55,76 1929 2.428.621 77.869 32,06 1930 2.627.704 86.021 32,73 1931 3.086.374 . 112.862 36,56 1932 3.008.211 99.645 28,40 1933 3.812.789 111.029 29,12 1934 4.329.349 168.742 38,97 1935 5.162.333 135.176 26,18 1936 6.338.174 190.000 29,97 1937 6.804.029 138.130 20,30 1938 7.559.111 144.398 18,85 1939 - 9.128.665 198.954 21,79 1940 9.013.304 176.877 19,62 1941 10.050.869 360.264 35,84 1942 8.915.647 286.084 32,08 1943 7. 8.959.787 292.076 32,89 1944 8.202.507 156.858 19,12 1945 8.628.616 158.638 18,38 1946 | 9.659.876 260.976 27,01 1947 10,556.051 303.740 28,7 1948 8.620.640 246.171 28,5 1949 12.176.229 233.830 19,20 1950 13.055.336 151.807 11,62 1951 13.613.683 145.052 10,6

Le paludisme semble donc en nette décroissance, d’autant plus que les Marocains sont plus éduqués à ce point de vue, et qu’ils consultent beaucoup plus volontiers qu’autrefois. D’autre part, la population a presque doublé en quarante ans, et la lutte antipaludique n’y est pas pour rien:

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