‹ L'Œuvre Médicale Française au MarocChapitre 48 sur 63 · LIGNE · texte numérisé non relu

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attendre. Les Américains sont actuellement en train de rechercher un vaccin qui soit plus actif que celui de HAFKINE -—— en prévision d’une guérre bactériologique ——, mais ils n’ont pas encore publié leurs résultats.

Quoi qu'il en soit, après avoir, au Maroc, essayé différents modes de désinsectisation, des vêtements et des habitations -— étuvation, anhydride sulfureux liquide qui présentait de nombreux inconvénients et une gêne réelle pour les habitants, acide cyanhydrique qui était un progrès (BONJEAN et CHARNOT) —, on essaya en 1945, avec un plein succès, l’épouillage par les poudres D. D. T. et H. C. H. Cet épouillage s’appliquait en même temps à la prophylaxie de la peste et à celle du typhus. |

En 1952, 447.520 désinsectisations furent effectuées.

« La désinsectisation des vêtements sur le dos même de leur propriétaire est réalisée à l’aide de poudreuses à moteur du type employé par les armées américaines au cours de la dernière guerre. L’appareil se compose d’un moteur à essence couplé avec un compresseur débitant 420 dm* sous une pression de 11 kg. L’air est comprimé dans un réservoir tubulaire dessinant les douze arêtes d’un cube et formant cadre au moto-compresseur. Sur le réservoir d'air comprimé, peuvent être branchés dix tuyaux de caoutchouc aboutissant à dix pistolets poudreurs contenant chacun 1 kg. de poudre. La pression d'utilisation est de 2 à 4 kg. L’encombrement matériel est faible, l'appareil formant un cube de 60 em. de côté. Le poids seul est relativement élevé (126 kg.).

« La désinsectisation d’un individu comprend toujours les mêmes temps | «— Coiffure et tête;

«— Région thoracique antérieure, le bec poudreur étant introduit par l’ouverture supérieure des vêtements, le jet de poudre étant dirigé sur la ligne médiane, puis sous chaque aisselle; |

&«-— Dos, selon les mêmes modalités;

«— Bras, le bec poudreur étant introduit par l’ouverture des manches.

« L'organisation générale est réalisée de la façon suivante : les sujets à épouiller sont disposés en dix files parallèles, les files séparées par des intervalles de 3 m. Les dix pistolets chargés sont raccordés au moto-compresseur et maniés par dix opérateurs qui se placent en face de chaque file. Les opérateurs ne bougent pas et les files avancent, les sujets épouillés se retirant par les couloirs ménagés entre les files. Deux ou trois « servants» placés en retrait approvisionnent les opérateurs en remplaçant les pistolets vidés par des pistolets garnis. La composition des équipes est donc la suivante : un infirmier qui dirige les opérations et surveille la marche du moto-compresseur, dix opérateurs et deux servants. Dans ces conditions, la cadence est rapide. Une équipe entraînée réalise la désinsectisation de 5.000 à 6.000 sujets par jour.

« On peut reprocher à cette méthode, considérée comme procédé de lutte exclusif, de laisser subsister un réservoir de virus au sein de la collectivité traitée, sous forme de déjections virulentes dans les vêtements. Pratiquement, les résultats sont démonstratifs. En 1947 et 1948, deux foyers de typhus (Tedders et Khémisset) se sont éteints moins d'un mois après les poudrages, seul moyen de prophylaxie mis en œuvre en dehors des mesures d'isolement du foyer. L’efficacité remanente des insecticides de contact est un des facteurs de succès. Non seulement les poux sont tués, mais les vêtements imprégnés restent « pédiculicides >» pendant près d’un mois. La faveur dont jouit le procédé auprès des masses marocaines est certainement aussi un élément important de bon rendement. Non seulement personne ne cherche à esquiver l’opération, mais les sections de prophylaxie sont saisies de demandes collectives ou individuelles en dehors de tout danger épidémique. Les désinsectisations des masses ont fait aux insecticides de contact, D, D, T, en particulier, une réclame considé-

rable et ces produits se vendent maintenant sur les souks des pays les plus reculés. Hélas ! les droguistes marocains profitent un peu trop de cette faveur et vendent des poudres fort pauvres en produit actif. Déjà, les Marocains se sont rendus compte que le D. D. T. du Maghzen est très supérieur à celui de l« Attar» (épicier).»

Les résultats ont été spectaculaires. Depuis 1945, aucun cas de peste n’a été signalé au Maroc. Est-ce à dire que la peste ne reparaîtra plus jamais ? On ne peut l’affirmer, mais il y a bien des chances qu'avec l’organisation actuelle, tout foyer épidémique serait vite repéré et jugulé, et n’arriverait pas à s'étendre.

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