‹ L'Œuvre Médicale Française au MarocChapitre 57 sur 63 · LES GOUTTES DE LAIT · texte numérisé non relu

LES GOUTTES DE LAIT

- Bien qu’étant restées, depuis leur création, des œuvres privées, elles sont sous le contrôle de l'Etat qui les subventionne largement.

La première Goutte de Lait fut fondée par M°° la Maréchale LyaAuTEY, en 1913, à Rabat, avec des moyens de fortune.

Actuellement, dans toutes les villes, il existe une ou plusieurs Gouttes de Lait, où les enfants, quelle que soit leur race (Européens, Musulmans, Israélites) sont examinés, pesés régulièrement, où l'on donne aux mères des

conseils de puériculture, et où l’on prépare des biberons dosés selon l’âge et la croissance.

Dans les villes importantes, les Gouttes dé Lait disposent même de quelques lits où les enfants peuvent être hospitalisés avec leur mère.

Quels sont les résultats ? Il n’est pas douteux que les efforts des médecins, des assistantes sociales n’ont pas donné tout ce qu’ils devaient donner. |

Toute cette œuvre de défense de la mère et de l’enfant se heurte à l'ignorance. des accoucheuses marocaines traditionnelles, au manque d'évolution des femmes marocaines, aux préjugés si fortement ancrés dans l’esprit des Musulmans, et aussi, il faut le dire, à cette résignation qu’entraîne le fatalisme marocain. È

Dans un article récent (Maroc Médical, septembre 1952), le Docteur SicaurT, Directeur de la Santé Publique au Maroc, étudie la mortinatalité et la mortalité infantile. Les chiffres qu’il donne sont très variables, tant au point de vue mortinatalité où mortalité infantile, selon les régions et selon les circonstances.

‘La mortinatalité est beaucoup moins forte chez les femmes qui suivent les consultations prénatales et accouchent en maternité. C’est ainsi qu’à Rabat, à la Maternité Maréchale LyAUTEY, la mortinatalité est, en 1950, de 39 p. 1.000, en milieu musulman, sur 1.167 accouchements, et, en 1951, de 38 p. 1.000 sur 1.367 accouchements. Presque toutes les femmes ont suivi les consultations prénatales.

Dans l’ensemble des autres formations qui reçoivent généralement les femmes en état de dystocie, et après des manœuvres trop souvent dangereuses, on constate un chiffre beaucoup plus élevé : de 104 p. 1.000 sur 5.651 naïs- : sances.

Rires

Cependant, ces chiffres, qui paraissent encore élevés, sont bien minimes par rapport à ceux d’autres pays musulmans du Moyen-Orient.

La mortalité infantile touchant les enfants nés vivants et viables à beaucoup diminué depuis quarante ans. Les médecins qui ont connu le vieux Maroc affirment que, dans beaucoup de familles où dix enfants avaient pu naître, il n'en restait souvent que deux ou trois. Il y a trente ans, DEcor, à Marrakech, avait trouvé 480 décès sur 1.000 naissances. En 1937, à Rabat, BARON, LuMEAU et. MATHIEU avaient trouvé dans la population israélite marocaine 132 p. 1.000; elle était certainement beaucoup plus élevée en milieu marocain. 3 é

Nous reproduisons ici les chiffres donnés par M. Sicauzr pour les différentes villes :

Marrakech Marrakech

Oujda Rabat Salé Casablanca CHaternité)(Dispensaire) Fez NMazagan Meknes

Naissances ...... 997 221 286 1.101 1.033 500 407 365 528

M Décés 115 014 RM OU ad 00, do 5 ee cu 11e OL HET SN Da UMBS | 1922-1100 106 un UT » 304 » AU MES 0 CE

En outre, M: Sicauzr donne les résultats d’une enquête en milieu rural (région d’Ahermoumou) : sur 280 naissances enregistrées, 37 décès avant un an ont été observés, ce qui donne un taux de 132 p. 1.000.

Nous sommes loin du chiffre de 480 p. 1.000 de DEcor.

Si ces chiffres peuvent donner lieu à des critiques, à cause des circonstances dans lesquelles ils ont été recueillis, malgré de sévères recoupements, il y a une conséquence qu’on ne peut mettre en doute, c’est l’accroissement de la population musulmane depuis quarante ans : elle a presque doublé.

Quel est le pays qui peut avancer de pareils chiffres parmi ceux dont les représentants critiquent l’action de la France au Maroc, et qui pourrait nier que ces résultats sont l’œuvre de la médecine et des médecins français ?

Les statistiques de lO.M.S. sont là pour montrer que toute critique n’est pas fondée.

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