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LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE AU MAROC

L'œuvre médicale française au Maroc ne serait pas complète si elle se contentait d'applications de travaux étrangers.

En dehors de l’œuvre de protection de la vie humaine, on a cherché à dégager des observations faites sur les nombreux malades une pathologie marocaine.

Nous avons parlé déjà des laboratoires de recherches de l’Institut d'Hygiène de Rabat, qui s'occupe spécialement des grands problèmes d'hygiène et d’épidémiologie et de leur mise en application pratique. La recherche purement scientifique n’en est pas cependant exclue, et il suffit de lire les Bulletins de l'Institut d'Hygiène pour s’en convaincre.

Dans un sens-un peu différent, l’Institut Pasteur de Casablanca, sous la direction du savant éminent qu'est M. le Docteur Georges BLANC, a déjà apporté à la science médicale, à l'édification de cette pathologie marocaine, une contribution dont on trouve des résultats dans de nombreuses publications françaises et étrangères.

«Les principaux travaux ,ont porté sur l'étude des maladies infectieuses marocaines, de l’homme et des animaux domestiques, y compris les infections communes à l’homme et aux rongeurs et arthropodes pouvant être en contact avec lui. »

Fondé en 1927, l’Institut Pasteur de Casablanca prépare les vaccins et sérums pour l’usage du Maroc, tant humains que vétérinaires.

Il comporte aussi un important service antirabique. La rage est fréquente au Maroc.

Tout le monde scientifique connaît les admirables travaux de M. Georges BLANC sur le typhus murin et son application dans la prophylaxie vaccinale du typhus exanthématique, par le virus du typhus murin bilié. De 1934 à décembre 1949, plus de 13 millions et demi de vaccinations ont été pratiquées.

De nombreux autres travaux ont été faits à l’Institut Pasteur de Casablanca, sur les spirochétoses, sur la peste, la bilharziose, la leishmaniose, la toxoplasmose, le trachome. Depuis plusieurs années, le Docteur BLANC s’est attaché à l’étude de la poliomyélite, et déjà on peut espérer qu’il arrivera à trouver un moyen efficace de lutte contre cette terrible maladie.

Quand, après la débâcle de 1940, le Maroc fut coupé de la France, l’Institut Pasteur, malgré les difficultés matérielles du moment, réussit à préparer les sérums antitétaniques, antidiphtériques, antigangréneux polyvalents, antipesteux, les anatoxines antidiphtériques, antitétaniques, le vaccin antityphoïdique. Dans le service de chimie et fermentations, on prépara le ferment lactique, le babeurre, puis, en 1944, on put préparer le sérum hémopoïétique de cheval.

Grâce à tous ces travaux, grâce à son activité, l’Institut Pasteur a évité bien des épidémies et bien des mortalités. On peut dire qu’il a bien mérité du Pays.

A l’exemple des grandes villes de la Métropole, le Maroc possède une Société savante : la Société de Médecine et d'Hygiène, où tous les médecins, civils et militaires, tous les vétérinaires peuvent apporter leurs observations et en discuter, Chacun y apporte sa pierre pour construire l’édifice de la pathologie marocaine.

Enfin, la médecine du Maroc a une publication à sa disposition : le Maroc Médical, fondé par SPEDER en 1921. C'était, au début de sa parution, un modeste journal; actuellement, c’est une très belle revue qui permet de tenir les médecins : du Maroc au courant, non seulement des lravaux marocains, mais encore des travaux français et étrangers. De substantiels articles y sont écrits par les Maîtres les plus connus de la Médecine mondiale et par les médecins du pays. Il publie toujours une copieuse bibliographie des livres nouveaux, de sorte que le médecin, parfois un peu isolé, soit dans les villes, soit dans le bled, peut suivre le développement et les progrès de la science médicale.

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