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diabétique, reconnaisse pour cause la glycosurie ; mais, dans certains cas, cette cause est bien évidente. Qu’y a-t-il d’illogique à penser qu’un état général morbide puisse comprendre dans la sphère de ses influences une mutation dans l’état moléculaire du cristallin qui lui fasse perdre sa transparence ? Le diabète est une maladie peu commune, la cataracte est rare chez les jeunes sujets, et quand on songe à la coexistence fréquente de ces deux conditions pathologiques, on peut y voir une corrélation de cause à effet.
Parmi les effets ultimes de la glycosurie, tuberculose, gangrène, etc., il faut noter l'amblyopie et la cataracte.
Les perturbations oculaires, entraînant l’amblyopie d’origine diabétique, sont peu étudiées. Chez une malade de ce genre, l’auteur ne constata ni l’exsudation jaunâtre signalée sur la papille et la macula, ni l’exsudation verdâtre sur le punctum cæcum, ni de petites hémorragies ou des dépôts graisseux le long des vaisseaux. La papille était seulement plutôt saillante qu'excavée et l'œil paraissait hypotone. Cette hypotension s’expliquerait par l'abondance de l’excrétion urinaire propre à exciter la résorption des liquides oculaires.
La cataracte diabétique se distingue par un ensemble de caractères constants: mollesse, bilatéralité, formation rapide, apparition chez de jeunes sujets et dans la période avancée . du diabète.
L'auteur pense qu'il faut surtout tenir compte des conditions physiologiques générales des sujets affectés de glycosurie pour expliquer la formation de leur cataracte. Le trouble profond de leur nutrition peut atteindre le cristallin. La cataracte se développant dans une période avancée du diabète, alors que la glycosurie a produit bien d'autres perturbations, on fera la part la plus large aux causes générales qui ruinent l'organisme et une part moindre à l’action
AR et
ocale des liquides chargés ou non de glucose qui avoisinent e cristallin.
b) Quel est le meilleur mode de traitement de la cataracte diabétique? — Certains chirurgiens, CHaAssAIGNAC in primis, sonseillaient la non intervention dans les cataractes diabéiques. La cécité qui plonge les malades dans la tristesse, Pimpossibilité de tirer une contre-indication du peu de durée probable de leur vie, font de Bouissox un interventionniste.
Il reconvaît foutefois la nécessité de s'abstenir dans serlains cas. Il préconise l’abaissement pour la cataracte lemi-molle, la discision pour la cataracte molle. En cela, il diffère de la plupart des ophtalmologistes de cette époque, qui préféraient l'extraction linéaire (SræBer) combinée ou non à l'iridectomie (DE GRÆFE).
Il appuie ses assertions sur son observation personnelle et sur les cas de cataractes séniles opérées antérieurement.
Pendant 20 ans, l’abaissement ne lui donna que des succès (500 opérations lui fournirent 8 guérisons durables sur 10 as opérés). Son collègue SERRE agissait de même avec une igale réussite.
- Dé nos jours, un pareil travail serait inutile. Mais à l’épojue de son apparition il avait sa raison d’être. L'origine dycosurique d’une cataracte particulière n'était pas. établie sur des bases solides : certains auteurs allaient même Juszu’à en nier l'existence. Bouisson eut, à ce point de vue, le mérite de se ranger du côté de la vérité. En faisant la part a plus large aux causes générales et la plus petite à la gly- “surie, il a entrevu la pathogénie de cette affection et il en 1 laissé un tableau symplomatologique auquel on à peu “etouché depuis.
Faut-il lui reprocher d’avoir préféré l abaissement, dont
L'ALNA EE il tirait avantage, à l'extraction, qui pendant l'ère pré-ant septique, était régulièrement suivie, chez les diabétique d'inflammations et de suppurations, selon l’aveu de Lecoi cué ! lui même, partisan résolu de cette méthode opératoire Bouissox opérait avec raison les cataractes molles par dise sion. De nos jours, malgré l'opinion de Paxas, cette inte vention est parfois préférée jusqu à 20 ou 25 ans, alors qu le gonflement cristallinien n’entraine pas les irritatior iriennes ou glaucomateuses qui seraient à redouter dans u âge plus avancé?
On ne peut donc reprocher à l’auteur d'avoir, avec bie d'autres d’ailleurs, employé l’abaissement ou la discisior L'intérêt seul de ses malades le poussait à agir ainsi, et le succès opératoires qu'il obtenait lui sont la meilleure de excuses.
Histoire d'un aliéné aveugle qui, après avoir sub l'opération de la cataracte, a recouvré à la foi la vue et la raison.
1860,in Académie de Médecine, 2 octobre. Montpellier Médicai Œuvres complètes, t. I, p. 151-166.
C’est l’histoire d’un aliéné ajoutant à sa démence un cataracte lenticulaire complète aux deux veux, avec un iri libre et sans adhérences.
La démence de ce malade était indiscutable ; il ne pouvai répondre aux questions posées, si ce n’est par des mot sans suite et inintelligibles. Il n'avait point d’excrétion involontaires, mais on élait obligé de le soumettre à de soins particuliers de propreté. |
1 LecorcHé ; De la cataracte diabélique. Archives générales de médecine 1865. T. E
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Les deux yeux furent opérés dans la même séance, par la méthode d’abaissement, après chloroformisation. Une chemise de force lui fut appliquée pour le condamner à une immobilité relative et l'empêcher de porter ses mains à.ses veux. Dix jours après l’opération, résultat parfait des deux côtés, et lorsque, les rideaux du lit écartés et le pansement enlevé, le malade perçut la lumière, un sourire joyeux éclaira son visage et il s'écria : « J'y vois L. C'était le premier . mot raisonnable qu’il eût encore prononcé depuis son entrée à l'hôpital.
A la suite, chaque Jour marqua un progrès dans le retour de l'intelligence. Un mois et demi après, l'opéré regagnait son domicile en état de pourvoir à son existence.
Faut-il voir avec Bouisson une relation de cause à effet entre l'opération de la cataracte et le retour à la raison ? L'analyse et la discussion de cette hypothèse ne rentrent pas dans le cadre de notre travail. Il nous est seulement permis de constater que Bouisson agit sagement en chloroformisant le malade et en lui faisant endosser dans la suite la camisole de force. De nos jours, la cocaïne nous dispenserait peut-être de l’anesthésie ‘générale, mais les moyens coercitifs ne seraient certainement pas inutiles. Enfin, le malade fut: opéré par le procédé de choix, car aujourd'hui l’aliénation mentale est. avec quelques cas restreints et bien définis, une des rares indications de la méthode d’abaissement.
Thérapeutique des maladies du cristallin
CATARACTES CONGÉNITALES. — Bouisson, dans ce cas, n'était pas partisan d'une intervention. A l'appui de sa façon d'agir, il rapporte l'observation de trois frères affectés de
cataracte bursale chez lesquels la guérison spontanée aurait eu lieu.
Le premier malade, aveugle jusqu'à 12 ans, y vo à 19. Le second recouvra la vue à 12 ans. Le troisième ne fut pas observé assezlongtemps, mais l’auteur pense qu'ildut, comme ses deux frères, bénéficier du même processus de résorption *
Si l'opération s’imposail, il pratiquait, avec anesthésie chez les enfants, le broiement, comptantsur la disparition future des débris, ou l’abaissement.
CATARACTE SÉNILE — À l'inverse de DuPUYTREN, opérant les malades dans leur lit, Bouissox pratiquait l'intervention à la salle d'opération. Le transport post-opératoire des
malades n'occasionna Jamais d'accidents *.
Les patients n'étaient en principe jamais endormis ?
Après l'opération, on leur donnait une potion RUES et un peu plus tard, on les saignait pour prévenir le mouvement fluxionnaire qui aurait pu se faire vers jes parties supérieures *. Le malade était placé dans l'obscurité, mis pendant deux jours à la diète hiquide (bouillon) et devait garder le silence. Il restait couché huit jours et : ne sortait Jamais avant le quinzième:
Mérnopes opéRAToIRES. — Dans les débuts de sa pratique hospitalière. Bouissox opérait par extraction selon la méthode
1 BLancarp; De la cataracte congénitale et de son traitement. Th. de Montpellier, 1868, n° 35.
? BasrarD ; Considérations pratiques sur la cataracte, Th. de Montpellier, 1850, no 25.
3 Dousson ; Cons. sur les différents modes de traitement applicables à la cataracte. Th. de Montpellier, 1849, n° 21.
Tuaéronn; De l'opération de la cataracte et des accidents qui peuvent la compliquer, Th. de Montpellier, 1864, n° 13.
Monge
de Daviez, modifiée par Wenzez et Ricurer ‘, de la facon suivante :
Instruments : Kératotome ou couteau de Richter, curette de Daviel, petites pinces, fins ciseaux, aiguille de Dupuytren.
Opération : Premier temps. — Yncision de la cornée dans toute sa demi-circonférence supérieure.
Deurième temps. — On laisse quelques secondes le malade « se remettre de son émotion ». Puis discision de la cristalloïde avec aiguille de Dupuytren.
Troisième temps. — Issue du cristallin, favorisée dans certains cas par une pression douce sur le globe. S'il reste engagé, on l'extrait avec la curette de Daviel?.
= Quelques années plus tard, Bouissox opérait, par broiement, les cataractes molles, et les cataractes dures par abaissement avec scléroticonvxis ou kératonyxis dans le cas d'étroitesse de fa fente palpébrale. I considérait alors l'extraction comme méthode d'exception et ne la pratiquait que « pour en démontrer aux élèves le manuel opératoire *».
Pansemenr. — Quel que fût le procédé ou la méthode enplovée, le pansement était constitué par une compresse de la grandeur d’une pièce de cinq francs, imbibée d’eau fraîche el faite d'un léger gâteau de charpie. Une ou deux bandes étroites de diachylon ou de tafletas d'Angleterre en assuraient la fixité. L'ensemble était recouvert par une étoffe légère verte ou noire, fixée au bonnet*.
1 CuamBon ; Parallèle de l'abaissement et de l'extraction. Th. de Montpellier, 1848, n° 64.
2? Kuewski; De la cataracte au point de vue pratique. Th. de Montpellier, 1853, n°. 87.
3 Juan Luco y Epuarpo ; De la Cataracte au point de vue de l'observation çlinique. Th. de Montpellier, 1857, n° 68, 4 Kiwewswi ; loc. cit,
ROLE TRAITEMENT MÉDICAL DE LA CATARACTE. — 1 consistait alors en antiphlogistiques locaux et généraux, révulsifs, dérivatifs, mercuriaux, vésicaloires el cautérisations sur le sinciput. Bouisson ne paraît pas l'avoir jamais employé. Cependant il a vu un malade guérir spontanément de sa calaracle après un traitement antisyphilitique par lhydrargyre.