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IX. — HUMEUR AQUEUSE ET CORPS VITRÉ

Remarques sur l'insuffisance des humeurs de l'œil

1847, in Annales d'oculistique. — Archives générales de médecine. Journal de la Société de médecine pratique — Œuvres complètes, t. I, p. 53-100.

Cet important mémoire, publié en 1847, comprend deux parties : |

L. Insuffisance de l'humeur aqueuse. j Il. Insuffisance de l'humeur vitrée.

L. Znsuffisance de l'humeur aqueuse. —— Bouisson énumère les diverses théories, les différentes recherches eftectuées sur l'humeur aqueuse dont il expose le rôle physiologique D'après lui, la quantité d’humeur aqueuse remplissant les chambres antérieures de l'œil varie de 0,25 à 0,30 centigrammes, chiffre inférieur à celui donné par CarRoN Du VILLARS.

Les causes de son insuffisance sont des plus nombreuses; les plaies accidentelles ou opératoires, surtout la kératotomie inférieure, l'extraction de la cataracte, ainsi que l'ont constaté MaAckENz1E, RALEIGH et Maunoir, sont capables de la produire. Il en est de même pour les plaies juxta-cornéennes de la sclérotique. Parfois la sécrétion de lhumeur aqueuse est entravée par la seule disposition du sujet,

lorsqu'elle est contraire à l’accomplissement régulier de cet acte réparateur. Cette disposition morbide peut être rendue évidente lorsque l'insuffisance se manifeste chez des sujets n'ayant éprouvé aucun accident ou aucune blessure de l'œil.

A l'appui de cette assertion. l’auteur relate un cas d’insuffisance spontanée coïncidant avec le glaucome.

Cette disposition morbide se réveille sous les influences les -plus variées; telles sont la diète, les privations, les drastiques, les purgatifs, le choléra asiatique, les frictions mercurielles, etc.

L'auteur rapporte trois retire montrant la possibilité pour l'humeur aqueuse de se rétablir naturellement ou de rester définitivement insuffisante, entrainant alors la perte ou l’affaiblissement définitif de la vision.

Les signes de cette affection les plus évidents sont: laplatissement de la cornée, plissement appelé flétrissure par Maunorr, rhytidosis par d’autres, l'opacité de sa périphérie, le changement de forme de la chambre antérieure qui diminue de volume, les oscillations de l'iris, l’atonie de l'œil, et la presbytie par raccourcissement du diamètre antéro-postérieur.

La durée est très variable depuis l’insuffisancé passagère à la permanence de l’état morbide.Elle est en tous cas subordonnée à l'intensité de la cause.

Le traitement doit se déduire de la nature de la cause : locale ou générale.

I doit être stimulant pour ranimer | ion nerveuse et la circulation capillaire affaiblie dans l'œil ou ses dépendances. Bouisson employaitdes collyres composés de sulfate de zinc, vin d'opium, eau de roses. A l'exemple de Rosas, il préconise le sel ammoniac, l’alun associé à l'alcool et à l’eau distillée. Les fomentations toniques, sauge, camomille, les

SET S AE fumigations spiritueuses de baume de Froravenri, d'eau de Cologne, étaient considérées comme de précieux adjuvants. Les débris desséchés de thym, de romarin et de lavande, par l’arome excitant qui s'en dégage, étaient réputés capables de ranimer l’action de l'œil, et l'emploi des sachets aromatiques permettait d'en continuer longtemps l'usage.

Dans les cas graves, un vésicatoire à la tempe ou la galvanisalion des tissus péri-orbitaires étaient des moyens bons à employer,

L'action de cette médication locale devait être secondée par les préparations ferrugineuses, le quinquina, le lait, la tisane de gentiane, etc.

Les moyens chirurgicaux, l'injection aqueuse dans l'œil, par exemple, ne lui ont donné aucun résultat.

I /nsu/ffisance de l'lumeur vitrée. — Cet état morbide fut surtout éludié après l'introduction, par SERRE, d’Alais, de la rétinoscopie phosphénienne dans le diagnostic des maladies oculaires. Elle donne, en effet, l’occasion de vérifier le degré de résistance de l'œil en mème temps que les sensations lumineuses subjectives.

Plus grave et plus complexe que l'insuffisance de l’humeur aqueuse, elle se lie à d’autres maladies oculaires dont elle est, pour ainsi dire, un élément constituant.

Elle diffère de l’atrophie du globe en ce que la sclérotique ne se rétracte pas en même temps que l'humeur vitrée diminue,

.L'œil devient simplement mou.

L'issue opératoire du vitré en est une des grandes rauses productrices ; mais elle peut aussi être spontanée ou consé:cutive au synchisis, au glaucome, à la choroïdite chronique, aux congestions de la rétine, etc.

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