ANCRA
M og où cé SAN Set M CNE ER
d'Histoire de France, d'Histoire de l'Eglise, d'Histoire de la Science Héraldique. Bref, c’est un mélange littéraire.
Or, dans l’étude que nous nous proposons de faire, quel intérêt, quelles révélations, nous réservent les Nuits Parisiennes ?
En premier lieu, cette brochure nous montre chez Gueullette son goût de l'Histoire et sa, curiosité. I] a puisé la matière de cette brochure dans l'Histoire Ancienne, dans l'Histoire de France, dans l'Histoire
de l'Eglise, dans l'Histoire de la Science Héraldique,
bref dans l'Histoire en général.
Pour bien montrer ce goût de l histoire, citons quelques passages pris au hasard :
D'abord, une remarque empruntée à l'Histoire de l'Eglise.
« Ce fut environ Jan 967, écrit-il, sous le Pontificat de Jean XIIL et sous l'Empire d’Ottan le jeune que les Polonais embrassèrent la religion chrétienne. » (3)
Plus loin, un fait de l'Histoire Ancienne :
« Cornélie, veuve Romaine, mère des Gracques, rejeta le mariage du roi Ptholomée disant qu’il était
- plus honorable de demeurer veuve que d’être rei-
ne. » (4)
Cés deux s:uls passages nous montrent manifestement dans quelle direction le goût de Gueullette pour lhistoire, orientait les recherches de l’auteur dans ce petit opusculle des Nuits Parisiennes.
Cette même tendance, nous allons la retrouver dans tous ses contes. Aïnsi, dans les Aventures Merveil-
(3) id. p. 28.
(4) id. p. 31.
L'RALIEE
leuses de Fum-Hoam, contes chinois, nous voyons, : une fois de plus, se manifester l’intérêt que Gueullette porte à d'Histoire de l'Eglise.
« Voila, seigneur, écrit-il, la religion que mous professons, voilà les lois qu’elle nous impose, elle ne con-
siste point comme la vôtre, dans l’adoration des monstres et des ‘anges rebelles : nous n’adorons qu’un seul Dieu, dont le pouvoir n’est pas orné et qui, suivant les instructions de notre prophète, n’a besoin que d’un peu de poussière pour renverser ses ennemis. Il punit les impies par les chàâtiments les plus terribles. » (5)
Ici même, Gueullette ne va-t-il pas jusqu’à devenir un vrai théologien qui expose la doctrine chrétienne ? Ne fait-il pas sentir au lecteur qu’il connaît l'Histoire de l'Eglise et ses dogmes ? Et ne nous est-il pas permis de lier étroitement ces connaissances réligieuses à la tendance moralisatrice qui se fera sentir dans ses contes ? È
Si nous voulons maintenant nous rendre compte de l'intérêt que Gueullette portait aux faits curieux, disons encore quelques passages des Nuits Parisiennes :
< Je mettrai la main au feu : C’est un proverbe que disent les bonnes gens quand ils veulent nier d'avoir fait quelque chose. Cela vient d'une ancienne superstition que l’on avait, d’obliger ceux qui étaient soupçonnés de quelques crinres, de toucher un feu ardent et s'ils ne souffraient pas le mal, ils étaient absous. Les auteurs rapportent une infinité de ces Jugements, comme on voit dans Paquier, Ducange, et
autres et les ont appelés judicium feru calidi, ferri cadentis. > (6)
(5) Contes chinois, Cabinet des fées. Ed. 1785, I. 19, p. 364. (6) Nuits Parisiennes, 1704. p. 35.
AE
Ce passage nous révèle dans toute sa naïve fraicheur, le jeune écrivain qui tâche de trouver quelque matière nouvelle, quelque trait inédit, pour piquer la curiosité du lecteur qui ne le connaît pas encore. Sa curiosité lle mène partout, En voulons-nous un autre exemple ? Voici :
« Il ÿ a une épitaphe assez particulière, écrit-il, aux Innocents. Ci-gît Joland Baïlly qui trépassa l'an 1514. Agée de 88 ans, le 43 de son veuvage : laquelle a vu ou pu voir devant son trépas, 295 enfants issus d’elle. Un de mes amis m’a assuré être de cette famille. » (7)
Cetie remarque ne montre-t-elle pas jusqu'où peut conduire la curiosité de l’auteur ? :
La grande curiosité et le goût de l'histoire chez Gueullette, se révèlent également dans ses contes, par les nombreuses notes qu’il met au bas des pages. Gueullette nous donne ainsi des explications sur da
géographie, sur la religion et sur les mœurs du peuple dont il s’agit. :
D'ailleurs, de cette grande curiosité et de cette érudition, nous en avons déjà eu une idée Ilorsqu’il nous a fallu mentionner ses belles éditions de livres, son manuscrit des arrêts, son histoire sur de théâtre italien et ses parades.
Mais si les Nuits Parisiennes nous révèrent chez Gueullette, le goût de l’histoire et de la curiosité, elles nous font voir également ses tendances moralisatrices. |
Ses remarques de morale portent sur l'amour maternel, sur l’amour paternel, sur d'amour en général, sur da religion, sur la justice, sur dla destinée de l’homme ; bref, il nous donne des conseils moraux
(7) id. p. 40.