‹ L'Œuvre Romaneque de Thomas-Simon GueulletteChapitre 18 sur 78 · LES SOIREES BRETONNES · texte numérisé non relu

LES SOIREES BRETONNES

En 1712, Gueullette publia les Soirées Bretonnes. Voici, d’après l’auteur, quelle en est l’origine.

« Ces fabliaux ou contes, nous dit Gueullette ‘dans son avertissement au lecteur, que je donne au public, sont traduits d’un manuscrit très ancien dont me fit présent, il y a quelques années, M. B.., président au

+ . . ’ ; Q Parlement de Bretagne. Ils sont intitulés dans l’ori-

ginal : Soirées Bretonnes. »

« Daniel Dremruz, ancien roi de Bretagne, vers 770, épousa une Anglaise nommée Rivalon Murmasson

et il en eut une princesse d’une rare beauté appelée

Aliénore, mais toujours très triste. Pour dissiper cette douleur, on lui fit raconter des histoires, et elle en.

- choisit les meilleures et Iles fit publier dans un recueil

qu’on appela Soirées Bretonnes. »

A propos de cet avertissement au lecteur, Sainitsbury nous fait remarquer :

« L’avertissement de l’auteur «est peut-être une farce maïs plus probablement une supercherie gauche et ratée, montrant l'ignorance générale des choses médiévales. Aliénore est la forme ‘historique d’un des plus jolis noms de jeuñe fille ! Mais alors comment se fait-il que son père, seigneur anglais, se nomme Rivalon Murmasson ? » (1)

I est bien possible que Saintsbury ait raison sur un premier point : nous avons eu loccasion, à propos des Mille et un quart d'heures, d'étudier rapidement ce procédé qui n’est pas spécialement propre à Gueullette : il a été employé par bien des écrivains et nous connaissons tous la plus fameuse de ces supercheries, les poésies d’Ossian où le nom du barde écossais du : troisième siècle, recouvre celui d’un poète du dix-huitième siècle, Mac Pherson.

Mais que ce soit ou non un procédé, peu importe. Ce qui est certain pour nous et nous intéresse particulièrement ici, c’est le but de l’auteur : il veut, par ce moyen, donner plus de couleur locale à ses contes, attirer ainsi dès le début l'attention du lecteur et piquer sa curiosité.

Saintsbury peut avoir raison sur le premier point ; mais je ne crois pas qu’on puisse lui accorder le deuxième, Nous ne pouvons pas, en effet, soutenir que Gueullette ne connaissait pas le moyen âge. Luimême nous dit qu’il me prétend pas être sérieux dans

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