‹ L'Œuvre Romaneque de Thomas-Simon GueulletteChapitre 9 sur 78 · RES + ES · texte numérisé non relu

RES + ES

de dire ici que ces notes étaient non pas de moi, mais de différents personnages. »

L'édition luxueuse de Rabelaïs, qui lui avait pris quelques années de préparation, parut en 1732. La méme année, il livra aux lecteurs affamés de contes orientaux les trois volumes des Sultanes de Guzarate, contes mogols. Par huit fois, le public demanda la réédition de cette œuvre.

L'année suivante, 1733, Gueullette édita Les Contes et les Nouvelles de Bocace et les Cent Nouvelles nouvelles, Cette même année, il écrivit les deux volumes des Mille et une heures, contes péruviens, qui furent réédités quatre fois.

Dans les Fausses Envies, son parent Charles Gueullette, après avoir donné ‘a liste des contes de Thomas- Simon Gueullette, fait cette remarque :

« Nous pouvons ajouter, les Mille et une Heures, contes péruviens, inventés, il est vrai, par un autre auteur inconnu, mais que Gueullette termina et dont il donna une édition en 1754 » (8).

Et, dans l'édition de 1759, des Mille et une Heures, nous lisons, dans la préface :

« On n’a point connu l’auteur des Contes péruviens, on es a attribués à différentes personnies, qui ont eu la modestie de point convenir. qu’il y eussent part, dans la crainte ainsi que l’on se l’imaginaïit, qu’on ne les engageait à finir les deux volumes qui avaient été

-donnés en 1733. »

« L'on désespérait en vain de voir cet ouvrage achevé, lorsqu'un homme de Lettres, que des affaires par-

ticulières avaient obligé de résider à Blois, l’année

(8) Charles Gueullette, préface des Fausses Envies, 1878, page 12.

dernière, se trouva à Ja vente des livres d’un ecclésiastique de cette ville. Parmi plusieurs manuscrits du défunt qu’il acheta, il se trouva un cahier intitulé, suite et conclusion de C. P. »

« Ce particulier, de retour chez lui, s'étant attaché à la lecture de ce manuscrit, connut aussitôt que C. P. voulait dire Contes Péruviens. Charmé de cette découverte et jugeant que ce serait obliger le public que de lui faire ce présent, il n’hésita pas de le copier luimême et de nous l’envoyer. »

Malgré les remarques de Charles Gueullette et celles de cette préface, il nous semble que c’est bien Gueullette qui écrivit les Mille et un quart d'heures. bliothèque Nationale et les critiques les plus autorisés aux remarques contenues dans la préface de l'édition de 1759, car il est probable que Gueullette écrivit cette préface pour donner de lintérêt et plus de couleur locale à ses contes. « Voici des contes dont on ignore l'auteur et trouvés par hasard ». Or. Gueullette se servit d’une tournure analogue dans la préface des Soirées Bretonnes. On s'aperçoit du procédé !

De plus, la lecture de ces contes nous persuade que Thomas-Simon Gueullette en est bien l’auteur. Ils offrent beaucoup de ressemblance avec les précédents et entre la cinquante-neuvième heure et la soixantième, où le premier auteur est censé avoir terminé son œuvre, aucun changement dans les idées, le style ou le fil de l’histoire ne révèle que c’est un autre conteur qui les ait continués. D'ailleurs le catalogue de la Bibliothèque Nationale et les critiques «es pus autorisés s'accordent tous à dire que Gueullette est bien l’auteur des Contes péruviens.

Si Gueullette écrivit des pièces pour l’amusement de ses amis, il composa aussi fin grand nombre de para-

Page 1